Mois : août 2007

Shakespeare revisité …

J’ai fait un rêve merveilleux. J’ai rêvé qu’avec un petit groupe d’acteurs (uniquement des hommes, comme au temps de Shakespeare), nous avions monté Le Songe d’une nuit d’été. Un Songe fait de bric et de broc, quelques accessoires empruntés ça et là, des jolies chemises de nuit roses et un parasol blanc pour faire les filles, des fées (certes, un peu viriles !) improvisées avec des ustensiles de cuisine. Et miraculeusement, le « Songe » est apparu… Quelque chose de magique… »  Irina Brook

songeen attendant le songeShakespeare pour certains, l’évocation même de ce dramaturge peut réveiller de mauvais souvenirs scolaires, souvent limités à « Etre ou ne pas être … » et une approche un peu rude du théâtre (le théâtre se découvre au théâtre, joué, non pas lu de façon aride dans une salle de classe) . Or ce fut également le créateur de comédies légères aux intrigues enchevêtrées (ce qui ne signifie nullement compliquées) telles que « Beaucoup de bruit pour rien » (dont je vous recommande vivement la version cinématographique réalisée par Kenneth Brannagh, et pour savourer pleinement le jeu des acteurs en V.O.) ou « Le Songe d’une nuit d’été ».

C’est précisément de cette pièce et notamment d’une de ses interprétations l’objet de mon article aujourd’hui. Son adaptation par Irina Brook est un véritable enchantement, que j’ai pu découvrir lors du Festival des Chantiers Théâtre de Blaye  consacré au théâtre contemporain.

Cette adaptation d’Irina Brook « En Attendant le Songe » est pleine de poésie [ce nom vous dit surement quelque chose … son père, Peter Brook, directeur du Théâtre des Bouffes du Nord, est également réalisateur et acteur]. Cette version est réalisée avec un minimum de moyens mais beaucoup de créativité, ce qui crée un univers incongru et magique. Basée également sur un travail d’improvisation originel et original, la pièce est servie par d’excellents comédiens, qui se livrent à une véritable performance, enchaînant les tableaux (et donc le changement de costumes) car interprétant à la fois les protagonistes masculins et féminins … comme il était coutume au temps de l’auteur.

En un mot il s’agit d’un théâtre vivant, accessible, ludique et drôle, rempli de trouvailles, plein d’esprit et de surprises !

Si ce spectacle est programmé dans votre région, n’hésitez pas à aller le voir,  vous ne serez pas déçus.


En Attendant le Songe
D’après « Le Songe d’une nuit d’été » de Shakespeare. Mise en scène par Irina Brook.
Traductrice et assistante de mise en scène : Marie-Paule Ramo. Avec Vincent Berger, Jerry Di Giacomo, Cyril Guei, Gérald Papasian, Christian Pélissier, Augustin Ruhabura.

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Damien Rice – O

damien riceDe belles ballades folk  et un vrai talent de songwriter

Ceux qui aiment la musique de David Gray, Ryan Adams, Tom McRae, Elliott Smith ou Sigur Rös ne seront pas en reste avec ce magnifique album, sobre et délicat. Guitares acoustiques, textes travaillés et beaux, violons et voix cristalline de diva (très pure et pour ceux qui n’aiment pas l’opéra écoutez la chanson Eskimo, elle montre la qualité vocale de la chanteuse Lisa Hannigan) donnent entre autres un album intimiste, tout simplement beau. Ne pas passez à côté

Ce auteur-compositeur-interpète Irlandais commença par la peinture puis par la composition, ce qui le poussa à monter en 1997 son propre groupe « Juniper » à tendance indie rock.  Il connut un bon début sur les radios irlandaises mais un problème juridique avec Polygram empêcha le groupe d’enregistrer un album. Rice suivit son propre chemin en Toscane et sur différents chemins européens pendant un an. Après son retour en Irlande, il se consacra à nouveau à la musique et enregistra une démo qu’il envoya au producteur David Arnold (Björk entre autres)… En 2001, son premier single « The Blower’s Daughter » connut un succès fulgurant, étant parmi les vingt premières meilleures ventes dans les charts.  Suivit en 2003 l’album O qui le lança aux Etats-Unis et en Europe (vendu à plus de 2 millions d’exemplaires au Royaume-Uni et seconde meilleure vente an Irlande après U2). Un second opus 9 sortit en 2005.

Un extrait avec la chanson « Delicate » tirée de cet album « O »

Son site officiel : http://www.damienrice.com

Animation Flash
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Ils sont fous ces Bretons !! trousse de survie pour découvreur des Armoriques

BretonsFous.gifLudique et drôle, écrit avec finesse et un humour impertinent, illustré par l’excellent dessinateur Nono, Ils sont fous ces Bretons !! se lit avec beaucoup de plaisir.

Plaisir de l’écriture et des traits d’esprit, mais aussi plaisir intellectuel et curiosité, car loin d’être un ouvrage qui se veut purement humoristique, il met en exergue et dénonce les poncifs breizhophobes qui ont traversé l’histoire de la Bretagne et les Bretons. Il est abondamment illustré  et constitue une mine d’informations : tant sur le passé (pas si passé que cela dans certains cas), grâce à un choix pertinent d’extraits d’articles, de discours ou de « classiques » de la littérature française, que sur la Bretagne d’aujourd’hui et l »Armorican Way of Life » (dixit Erwan Vallerie), …  loin des stéréotypes habituels.

L’auteur Erwann Vallerie, économiste, fonda la revue Sav Breizh ! (Debout la Bretagne) qui s’arrêta en 1975. Il se consacre depuis à de multiples recherches historiques et  toponymiques/linguistiques.

L’illustrateur Nono officie habituellement au Télégramme de Brest.

Ils sont fous ces bretons !!!
Edition Coop Breizh.
306 pages. 15€. ISBN : 2-84346-190-1

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9 août 1945: Nagasaki et Hiroshima

En ce jour, le Japon commémore les bombardements d’Hiroshima (6 août 1945) et de Nagasaki (9 août 1945) qui ont eu lieu il y a 62 ans.

A cette occasion, je vous invite à découvrir deux sites passionnants, clairs et riches en documents multimédia, évoquant les bombardements d’Hisroshima et de Nagasaki, leur contexte politique et stratégique et d’autres aspects tels que la vie des survivants de nos jours.

Le site http://www.hiroshima-nagasaki.org
– le projet Manhattan (nom donné par les Américains au projet de réalisation de bombes atomiques) ;
– le processus décisionnel ;
– l’ampleur du drame ;
– fallait-il bombarder Nagasaki et Hiroshima ?
– le début de l’ère nucléaire ;

Les archives de  Radio Canada  http://archives.cbc.ca : à la fois télévisuelles et radiophoniques, elles sont très complètes (journaux d’époque) et émouvantes :
– combattre  les Japonais ;
– de l’atome à la bombe ;
– les secrets de Los Alamos ;
– faut-il larguer la bombe atomique ?
– Hiroshima et Nagasaki irradiée ;
– une vie marquée par la bombe ;
– raconter l’horreur ;
– maladies atomiques ;
– mémoires d’hibakusha (nom donné aux survivants de Nagasaki et d’Hiroshima) ;

Hiroshima en quelques chiffres :

– 2 000 fois plus grande que la plus forte bombe utilisée lors la guerre, l’équivalent de 20 000 tonnes de TNT
– Hiroshima avait une population de 340 000 habitants : 45 000 personnes tuées lors de l’explosion de la bombe ,  150 000 personnes tuées suite à l’explosion (dans les deux semaines suivantes). On compte entre 300 000 et  420 000 morts (1945-1995) ;
– 92% de la ville est détruite à l’impact ;
– le champignon s’élève à 12 000, mètres d’altitude ;
– la température au sol atteint les 55 millions de degrés, trois fois celle du centre du soleil et 10 000 fois celle de sa surface ;
– 1957 : première loi d’assistance aux rescapés d’Hiroshima ;
– 50 années se sont écoulées entre le découverte de la radioactivité par Henri Bacquerel et l’utilisation de la première guerre atomique ;

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Les désastreuses aventures des orphelins Baudelaire : un nouveau souffle en littérature jeunesse

Des livres, il en existe de toutes sortes, dans tous les formats, tous les genres. Et rien d’étonnant après tout : les gens aussi, il en existe de toutes sortes, dans tous les formats, tous les genres ; il est bien normal que chacun souhaite lire ce qui lui plaît. ( Par exemple, si vous détestez les livres dans lesquels des enfants vivent des aventures horribles, vous feriez mieux de refermer celui-ci séance tenante.)

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Comme le titre le précise lui-même, les aventures de ces orphelins sont vraiment désastreuses … Leurs parents décédés, les trois orphelins :  Violette (l’aînée âgée de 14 ans, l’âme d’un inventeur), Klaus  (lecteur assidu à l’intelligence vive) et Prunille  (petite fille de 4 ans qui mord tout ce qui tombe sous sa dent) deviennent les uniques héritiers de l’immense fortune des Baudelaire.  Fortune qu’ils recevront à la majorité de Violette. Placée sous tutelle de Mr Poe, l’exécutant testamentaire de leurs parents,  ils sont confiés aux bons soins d’un oncle éloigné, le Comte Olaf, un homme dont ils n’ont jamais entendu parler et qui va s’avérer fort mal attentionné.
Cette série en 13 tomes est menée de main de maître par Lemony Snicket. Loin de l’univers de Harry Potter, l’action n’est pas située dans le temps et peut s’ancrer dans la réalité du XIXe siècle, entre époque Victorienne et contemporaine. L’auteur se rapproche de Dickens et Zola tout donnant un style léger et particulier avec un esprit digne Road Dahl et Lewis Caroll avec beaucoup d’interpellations du lecteur et un brin d’humour. Certes l’univers de ce livre est plus noir que noir, mais l’espoir est toujours présent, les orphelins Baudelaire faisant preuve de ressources étonnantes tant pour s’adapter à leur nouvel univers que pour sortir de situations délicates.
L’écriture est fluide, très agréable à lire et riche en vocabulaire (et leçons de vocabulaire ! à travers quelques subterfuges que je vous laisse découvrir). La syntaxe et les expressions choisies procurent une véritable joie de lire, tant ce type de plume se fait rare. Les enfants Baudelaire sont vifs et intelligents, aussi s’égrènent au fil de leurs aventures précis de grammaire et sujets variés. Lemony Snicket renouvelle le genre entre aventures et roman gothique.  Un ouvrage avec une véritable qualité littéraire.

Les Désastreuses Aventures des Orphelins Baudelaire
Lemony Snicket
Editions Nathan. Collection « Nathan Poche ». 8-12 et +. 6.50€.

A voir !

A voir sur le net : le site offciel des Orphelins
L
e site des Editions Nathan

 

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Arts-up, galerie d’art virtuelle

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Le site Arts-Up  est destiné à la promotion  de l’art, notamment contemporain. Aussi amateurs d’art,  vous accéderez à des expositions virtuelles, car Arts-Up est avant un lieu d’exposition, et vous, artistes, vous bénéficiez d’une vitrine sur Internet. D’une approche très professionnelle, il couvre différents domaines : photographie, peinture, sculpture, installations, céramique et travail du verre, gravure, joaillerie, mosaïque, art textile, calligraphie, collages, arts plastiques et artisanat d’art. La variété des styles côtoie également la variété des cultures. Actuellement 17 pays sont représentés.

Des expositions thématiques sont également présentées tous les trimestres. Jusqu’au 30 septembre, vous pouvez découvrir trois expositions : « Paysages », « Natures mortes » et « Mondes intérieurs ».

Véritable base de données, vous pouvez également naviguer par styles et mouvements, découvrir les salons, foires et festivals consacrés à l’art. Outils de promotions et résidence sont également disponibles pour les artistes.

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Etudes comparatives sur le travail des femmes et des enfants au XIXe siècle

A voir absolument sur le site de l’Histoire par l’image, de nouvelles études sur la représentation des conditions de travail des femmes et des enfants au XIXe siècle dans la peinture et la gravure. C’est un thème iconographique très riche dont le contexte historique est complexe. Petit (euh ?) rappel :

Femmes et enfants ont toujours travaillé : travaux des champs, travaux domestiques, ils ont toujours grandement contribué à l’équilibre économique des familles. Avec une Révolution industrielle galopante, leur activité économique se déplace du noyau familial aux usines et mines.

Exclues des métiers prestigieux dès le XVIIIe siècle, le travail à l’extérieur étant associé à de la « prostitution »1, les conditions de travail des femmes ne cessent de se dégrader au XIXe siècle. La main d’oeuvre bon marché est alors constituée de femmes et d’enfants dès l’âge de 6 ans. Les femmes sont consciencieuses et précises, les enfants habiles et de petite taille ce qui est utile dans les galeries.

Seules trois corporations féminines ont « survécu » à la mainmise des hommes sur le travail féminin, même si celles-ci étaient dirigées par des hommes : les lingères, les boutiquières, les limières-chanvrières. La vie est dure pour ces femmes et ces enfants : journées de travail qui débutent à 6h00 du matin pour finir à 18h00 le soir (en moyenne) avec une pause repas le midi d’une heure (pain beurre sans eau !), travail de nuit, travaux physiques équivalents à ceux des hommes, travail à la mine ou dans des lieux surchauffés, salaires misérables ou absents (2 francs pour un « adulte », 1 franc pour une femme,et de 45 à 75 centimes pour un enfant en fonction de son âge), maltraitance et chantages sexuels – pour les femmes -sont monnaie courante.

Avec la mécanisation croissante, le  nombre d’enfants-travailleurs décroit au profit du nombre de femmes. Malgré les progrès technologiques réalisées, leurs conditions stagnent puis évoluent dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Cependant il faut garder en tête que les conditions sont variées : paysannes ou ouvrières, domestiques ou nourrices, ne font pas face aux même difficultés. Femmes bourgeoises ou femmes des barricades de 1830 2, femmes de 1848 3, elles souhaitent toutes non pas un meilleur statut social, mais UN statut social quasi inexistant jusqu’à présent. « La femme est une propriété que l’on acquiert par contrat ; elle est mobilière car la possession vaut titre; enfin la femme n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme... » Balzac,Physiologie du Mariage.

Fin XIXe, leur travail est sur la voie de la reconnaissance et plusieurs lois améliorent sensiblement leur condition de travail : raccourcissement de la journée de travail à 11h00, interdiction du travail de nuit et dans les mines et carrières, repos hebdomadaire, accès à l’instruction et ouverture des lycées aux filles (sans les matières classiques et donc sans l’accès à l’Université)  … dans un climat partagé et souvent austère à ces changements. Autonomie et concurrence sont les fils rouges de l’histoire économique des femmes. C’est sur cette fin de siècle que se lèvent les passionarias du féminisme, à l’instar de Maria Desraimes, qui fonde son Association pour les Droits des Femmes.

Femmes au travail
Femmes à l’usine
Les métiers de rue des enfants pauvres
Le travail en atelier et en manufacture
L’enfance maltraitée

Vous pouvez découvrir sur le site Gallica de la BNF, le livre numérisé de Paul Leroy-Beaulieu (1843-1916)  sur le Travail des femmes au XIXe siècle

A lire également :
Les Femmes ont toujours travailléLes Femmes ont toujours travaillé
de Sylvie Schweitzer.
Editions Odile Jacob
330 pages. 24.40€. ISBN : 2-7381-1067-3

Les Désastreuses Aventures Des Orphelins Baudelaire, Tome 4, Cauchemar à la scierieLes désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. Tome 4. Cauchemar à la scierie.
de Lemony Snicket.
Editions Nathan. Collection « Nathan Poche ». 8-12 et +.
208 pages. 6.50€. ISBN : 2-09-250697-8


1 Philosophes, médecins et hommes de lettres s’accordent à dire que la place naturelle de la femme est à la maison. Toutefois cela ne veut dire en aucun cas que la condition des mères au foyer est meilleure : surexploitée, leur travail est guère reconnu. Elles peuvent être également victimes de maltraitance.

2 Elles participent activement au renversement de Charles X en 1830 … mais n’obtiennent aucun droit !

3 En 1848, le suffrage universel est rétabli … pour les hommes.

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