Mois : décembre 2007

Un enfant de l’amour de Doris Lessing

Le temps passe…C’est vrai, il faut l’admettre, mais il ne passe pas toujours à la même vitesse, et cela sans tenir compte du fait que le temps ne s’écoule pas pareil selon que l’on a trois, treize, trente, soixante ou quatre-vingt-dix ans, et que nous expérimentons tous. Le temps coule différemment en des lieux différents.

 

un enfant de l'amourCe court roman picaresque est une plongée au coeur de l’Empire Britannique, secoué par les remous de la Seconde Guerre mondiale, au sein de ses dominions. James Reid, appelé à rejoindre les troupes de sa Majesté, est un jeune étudiant effacé, stimulé par son pygmalion et ami, Donald, fervent tribun en passe de devenir politicien. Chacun suivit un chemin différent. Alors que James et l’ensemble de sa garnison sont en route pour les Indes britanniques. Suite à une traversée cataclysmique jusqu’au Cap, les hommes sont amenés à trouver du repos durant quatre jours, lors desquels ils sont accueillis par différentes familles de boers. Il rencontra lors de ce périple une jeune Anglaise, Daphné, femme de militaire souffrant d’un désir de maternité non comblé. Pour James, c’est une révélation. Bientôt il doit reprend le large pour les Indes, où il reste mobilisé de nombreuses années, sans pouvoir oublier la jeune femme, sa « Deidre ».
La plume de Lessing dépeint admirablement le non-sens de la guerre et les conditions effroyables auxquelles sont confrontées les soldats. La traversée de l’Atlantique ainsi que la vie du camp en Indes, entre ennui et rudesse, sont d’une réalité saisissante et constituent un véritable plaidoyer pacifiste. L’intrigue – bien que l’arrivée d’un « enfant de l’amour » soit prévisible – est mené à son terme avec une main de maître, à la fois tendre et cruelle. James est un véritable Picaro et montre une autre type de folie qui peut se propager parmi les troupes : car si James ne sombre pas dans la démence de la guerre, ni dans la fièvre du soldat, il se rattache avec obsession à ses quatre jours « paradisiaques » avec une ferveur confondante. Rêve et réalité se brouillent dans une quête pour retrouver sa place et son statut de père. Lessing malmène son personnage dans une réflexion sans fard sur la guerre, l’amour, les désillusions et « petits arrangements » de la vie.
Cet ouvrage, finement écrit a reçu le Prix Nobel de Littérature 2007. Il ne le démérite pas, mais ce prix est plutôt un hommage à l’ensemble de l’oeuvre de Lessing.

La littérature ne s’apprend pas. On rencontre simplement, en ce domaine, des gens ou des livres qui, brusquement, vous disent, vous montrent ce que vous avez besoin d’entendre ou de voir. D. Lessing

Un enfant de l’amour
Doris Lessing
Editions Flammarion
186 pages. 16€. ISBN : 978-2-08-120114-9

A voir !

Le site des éditions Flammarion 

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Pour les bibliophiles …

Lafontaine.jpgEntre beaux-arts et littérature classique, un véritable coup de coeur pour ce livre :  Fables et Contes de La Fontaine,  illustrés originellement par Jean de Oudry, et les contes par Jean-Baptiste Fragonard dans l’édition de 1755.
Cet ouvrage reprend la totalité de l’édition originale de Desaint & Saillant et Durand conservé au Petit Palais  (soit la totalité de l’oeuvre du fabuliste) avec une qualité de la reproduction à la pointe de l’imprimerie moderne.

Les contes sont illustrés par  57 dessins au lavis de bistre et 15 tableaux de Fragonard, ainsi que 54 dessins et gravures du XVIIIe siècle (réalisées par des artistes tels que Lancret, Vrughels, Boucher, Subleyras, Cochin, Eisen …) Les 245 fables représentent pas moins de 275 gravures réalisées par Ourdy, peintre de Louis XV.

Grâce à un travail titanesque, nous avons accès à une oeuvre splendide de notre patrimoine, témoignage saisissant de détails et coloré de la société du XVIIe siècle, et qualifiée souvent depuis sa création de « plus beau livre au monde ».

Les Fables et Contes de La Fontaine font partie de « La Petite Collection », au sein de laquelle sont déjà parus les Fleurs du Mal.. Elle reprend les ouvrages de la collection « Les grands textes de la littérature illustrés par les plus grands peintres ».

Pour voir des extraits de pages des fables et des contes rendez-vous sur le site des éditions Diane de Selliers.

Fables et Contes de La Fontaine
Edition Diane de Selliers. Collection « La Petite Collection ».
924 pages (632 pages consacrées aux Fables, 352 aux contes). 120€. ISBN : 978-2-903656-38-6.

fragonard-expo.jpgPour aller plus loin, vous pouvez découvrir également l’exposition consacrée à Fragonard au Musée Jacquemart-André, Fragonard, Les plaisirs d’un siècle et regroupe une centaine d’oeuvres.

Plaisirs littéraires ou artistiques sont redécouvertes à travers ses scènes mythologiques, galantes ou champêtres … Les oeuvres de Fragonard sont une jubilation pour les yeux et les fervents amateurs du Siècle des Lumières.

Vous avez jusqu’au 13 janvier pour en profiter !

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Jean de la Fontaine : fables et contes

Lafontaine.jpgEntre beaux-arts et littérature classique, un véritable coup de coeur pour ce livre :  Fables et Contes de La Fontaine,  illustrés originellement par Jean de Oudry, et les contes par Jean-Baptiste Fragonard dans l’édition de 1755.
Cet ouvrage reprend la totalité de l’édition originale de Desaint & Saillant et Durand conservé au Petit Palais  (soit la totalité de l’oeuvre du fabuliste) avec une qualité de la reproduction à la pointe de l’imprimerie moderne.

Les contes sont illustrés par  57 dessins au lavis de bistre et 15 tableaux de Fragonard, ainsi que 54 dessins et gravures du XVIIIe siècle (réalisées par des artistes tels que Lancret, Vrughels, Boucher, Subleyras, Cochin, Eisen …) Les 245 fables représentent pas moins de 275 gravures réalisées par Ourdy, peintre de Louis XV.

Grâce à un travail titanesque, nous avons accès à une oeuvre splendide de notre patrimoine, témoignage saisissant de détails et coloré de la société du XVIIe siècle, et qualifiée souvent depuis sa création de « plus beau livre au monde ».

Les Fables et Contes de La Fontaine font partie de « La Petite Collection », au sein de laquelle sont déjà parus les Fleurs du Mal.. Elle reprend les ouvrages de la collection « Les grands textes de la littérature illustrés par les plus grands peintres ».

Pour voir des extraits de pages des fables et des contes rendez-vous sur le site des éditions Diane de Selliers.

Fables et Contes de La Fontaine
Edition Diane de Selliers. Collection « La Petite Collection ».
924 pages (632 pages consacrées aux Fables, 352 aux contes) . 120€. ISBN : 978-2-903656-38-6.

fragonard-expo.jpgPour aller plus loin, vous pouvez découvrir également l’exposition consacrée à Fragonard au Musée Jacquemart-André, Fragonard, Les plaisirs d’un siècle et regroupe une centaine d’oeuvres.

Plaisirs littéraires ou artistiques sont redécouvertes à travers ses scènes mythologiques, galantes ou champêtres … Les oeuvres de Fragonard sont une jubilation pour les yeux et les fervents amateurs du Siècle des Lumières.

Vous avez jusqu’au 13 janvier pour en profiter !

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Réjouissances de fin d’année …

Noël est bientôt là … Ce qui se veut être des fêtes de fin d’année peut se révèler un véritable marathon/parcours du combattant nécessitant une organisation/programme de survie pouvant laisser les plus combattifs sur les rotules. Eh oui, les vacances de fin d’année sont loin, très loin, d’être les plus reposantes, qu’on le veuille ou non …
Aussi pour prendre une bulle d’air frais en ces temps surchargés (oups y’a que moi suis en retard dans les cadeaux ?) , voici  un livre qui vous redonnera le sourire  … De quoi  démarrer ces réjouissances de fin d’année du bon pied !

undefinedRésumé de l’éditeur :
Au secours !!! Chaque année c’est la même histoire : à partir de la fin octobre commence un compte à rebours aussi infernal qu’angoissant qui ne s’achèvera que le 2 janvier. Seuls deux mois nous séparent des Fêtes de Noël et du Nouvel An. Et… c’est la panique ! Courir après les cadeaux (des sels de bains ou une bougie parfumée, ça fait toujours plaisir !), élaborer un menu original (soyons fous, innovons cette année : huîtres, dinde et bûche !!!) susceptible de flatter les papilles des convives les plus blasés ; qui inviter ? (et surtout ne pas inviter). On n’a qu’une hâte : en voir la fin ! En fin observateur du phénomène, fort de son expérience, Jean-Loup Chiflet dresse l’inventaire des problèmes, voire des drames annoncés, générés par le marronnier (on devrait plutôt dire le sapin) des fêtes de fin d’année. Il propose avec humour les solutions pour y faire face. Et ce n’est pas gagné !

Comment résister aux fêtes de fin d’année
de Jean-Loup Chiflet. Editions Chiflet & co
123 pages. 10€. ISBN : 978-2-351-64038-8

Dans un autre genre et beaucoup plus virulent pour les amoureux de littérature, cet ouvrage propose les plus beaux manifestes anti-fêtes de fin d’année de la littérature … De quoi justifier grâce aux belles lettres vos réticences et résistances !

undefinedRésumé de l’éditeur :
La maison est décorée, le sapin étincelle, la table est couverte de victuailles…
Mais attention, tout n’est pas cirrhose ! Les hostilités sont comme les huîtres,  » on les ouvre « . Noël est la réunion de toutes les haines : parents, frères et sœurs, bouffe, cadeaux, commerçants, querelles de couples, rires arrachés, baisers collants comme des timbres, grands-parents et autres  » panses qui pensent « … Comme le prochain est dur à digérer ! Vous allez en prendre un sacré coup. Alors résistez ! Lisez les grands noms du mauvais esprit…
Allez ! Allais, Arp, Audiard, Bernard, Capote, Chazal, Cioran, Dac, Desproges, Doris, Frémicourt, Geluk, Kraus, Lichtenberg, Mazarin, Michaux, Obaldia, Renard, Sternberg, Töpffer, Topor, Vialatte, Wilde, Vanne… Deux cents propositions pour en finir avec Noël ! Je hais Noël est la deuxième livraison de la  » Petite anthologie de la dérision  » signée Eric Momus.

Je hais Noël
Eric Momus. Editions du Rocher
5€. ISBN : 978-2-268-06359-1

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Mangez-moi d’Agnès Desarthe

Je me demande à quel moment j’ai compris qu’il fallait faire beaucoup plus d’efforts qu’auparavant pour continuer à vivre. Simplement à vivre. Je m’étais toujours figuré, je ne sais pourquoi, que l’existence avait la forme d’une montagne. L’enfance, l’adolescence et le début de l’âge adulte correspondaient à la montée. Ensuite, arrivé à quarante ou cinquante ans, la descente s’amorçait, une descente vertigineuse, bien entendu, vers la mort. Cette idée, assez commune je crois, est fausse. Je le découvre un peu plus précisément chaque jour. C’est par la descente qu’on commence, en roue libre, sans effort. On dispose de tout son temps pour contempler le paysage et se réjouir des parfums – c’est pourquoi les odeurs d’enfance sont si tenaces.
Ce n’est que plus tard que la véritable côte nous apparaît, et l’on met bien du temps à la reconnaître pour ce qu’elle est : une pénible ascension qui a la même issue que la folle pente sur laquelle on s’imaginait projeté à pleine vitesse.

mangez-moiQuel titre alléchant, n’est-il pas ? Derrière cet appel à la gourmandise se trouve une galerie de personnages attachants, à commencer par Myriam, principale protagoniste, la quarantaine, dont le passé est quelque peu mystérieux, embrumé par une faute « impardonnable ». Cette femme, toujours grave mais fantasque, qui ouvre son restaurant comme d’autres changent de chemises, sonnée par la vie, a gardé ses utopies et continue à rêver de phalanstères… « Chez moi », ainsi appelle-t-elle en toute simplicité son restaurant et logis. Elle s’évertue à y réaliser une cuisine conviviale, ingénieuse et hors normes, car elle veut faire de « Chez moi » un restaurant pas comme un autre. On y croise, deux jeunes lycéennes, attelées à y résoudre leurs devoirs de philo, Vincent, un commerçant « voisin », fleuriste, amoureux de surcroît de l’inventive tenancière, Ben, jeune homme à l’ossature fine et légère, lui conférant un air maladroit de pantin, mais d’une douceur et d’une vivacité déconcertante.
Mangez-moi est une quête. Myriam cherche « à joindre les deux bouts », pas seulement financier pour sauver son affaire de la faillite, mais ceux de son histoire, son passé et son avenir, tel un sandwich, avec au milieu un présent qu’elle va apprendre à « dompter », une vie qu’elle va se réapproprier. Car Myriam a dû fuir et doit reprendre sa place et sa vie en main. Une claque aura suffit à la faire vaciller. Une claque qui aura suffi à faire disparaître son instinct maternel et qui ouvrira un long chemin de souffrance. L’écriture d’Agnès Desarthe est un régal, riche et généreuse et ses descriptions savoureuses et sensuelles. En la lisant, on sent presque l’odeur des mets et le tintement des casseroles … Nous y sommes dans ce fameux restaurant et on y ressent la chaleur de Myriam.

Mangez-moi
Agnès Desarthe
Editions de l’Olivier
306 pages. 20€. ISBN: 2879295319

A voir !

imageLe site des Editions de l’Olivier

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Lily la Tigresse

J’ôte le bouchon du flacon de cristal et en verse le contenu dans la baignoire qui se remplit lentement. Dans la transparence de l’eau, le violet foncé des cristaux de sel vire au lilas clair. Des particules élémentaires se détachent puis s’accolent. Transparence et couleur. Ecoulement et stase.

Maintenant, l’odeur. Le secret de la perfection du Tout réside dans un dosage pointilleux

lily la tigresseOu le leurre de la quatrième de couv’ dithyrambique.
J’ai dû perdre le sens de l’humour, ou peut-être le 2e voire 10e degré de l’auteur m’a échappé …
Avec un résumé attractif et un brin farfelu, l’envie de lire était pourtant au rendez-vous. Fantaisie, originalité, drôlerie … cette lecture s’annonçait sous les meilleurs auspices. Bon vous l’aurez deviné, je suis déçue, mais j’ai également le sentiment d’avoir été trompée ! Non pour moi ce livre n’est pas drôle. Il dépeint surtout une grande misère et a une « cohérence » qui est loin d’être transparente … Non cette histoire n’est pas drôle. Fantaisiste sûr. Les  Lily devient mince on ne sait comment (non c’est pas le résultat d’un régime … on bascule dans le fantastique …). En recherche d’amour, elle choisit de se donner à plusieurs hommes dans les endroits les plus sordides qui soit, sans aucune responsabilité et protection. Elle se voit offrir un bébé tigre par son ancien amant devenu une femme, mais qui ne refuse pas une nuit avec elle. Enfin sa meilleure amie, Ninouch, un brin simplette, est certes une ancienne prostituée mais la description de son parcours laisse coi : non la prostitution n’est pas anodine, surtout quand il s’agit d’un moyen de pression sur une femme. Non il n’y a rien de drôle à évoquer la prostitution infantile, dont elle a la charge pour le compte de son maquereau, car elle « aime bien les enfants » ! De même concernant la prostitution des personnes dites « anormales » …
Ce roman est vraiment décousu, certes on peut aller au-delà de ça, mais il révèle surtout une grande misère. Etonnant que Gallimard ai retenu une telle approche pour décrire ce livre, alors que l’auteur lui-même le dépeint comme un livre « très désespéré sur le renoncement » !! Sous cet angle-ci, oui, ce livre reflète vraiment le désespoir.

Lily la tigresse
Alona Kimhi
Editions Gallimard
432 pages. 22,30€. ISBN : 2070772853

A voir !

Le site des Editions Gallimard

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