Mois : février 2010

Chromorama

chromorama.jpgVoilà un objet littéraire non identifié, qui surprend par son esthétique très rétro et ses annotations philosophico-socio-satiriques.  D’aucuns diront qu’il s’agit d’une bande dessinée, d’autres y verront un recueil hétéroclite d’encarts graphiques très fifties et surtout pop art, Sonia Pulido utilisant certaines techniques de ce courant artistique comme le coupé-collé, la superposition, et surtout le détournement ludique d’objets ou de codes. On peut y voir une dénonciation très forte des modes vite occidentaux qui pressurisent les individus, avec pêle-mêle des appels à la simplicité, au désencombrement, à la valeur humaine et non argent.
Un joyeux méli-mélo qui ne laisse nullement indifférent que vous appréciez ou non le foisonnement coloré de Sonia Pulido.

Chromorama
Sonia Pulido
Editions de la Cerise. Collection « One-Shot ».
80 pages. 16€. ISBN : 978-2-9519498-7-4

A voir !
Sur le site des éditions de la Cerise

Rendez-vous sur Hellocoton !

J’aurais adoré être ethonologue

JauraisAdoreEtreEthnologue_20052009_202748.jpgJeunes mamans qui courent partout, détendez-vous cinq minutes, plus même en lisant cette bd ! Si pour vous quotidien rime avec branle-bas  de combat entre des enfants adorables mais un peu scotchy, des aventures modesques, des copines et un chéri à qui il faut bien consacrer du temps entre boulot, métro (en option), dodo, votre horizon s’illuminera un peu grâce à ces bulles. Des recettes miracles ? Nan, aucune, mais beaucoup d’humour et d’autodérision, qui donne du peps et apporte un regard tendre sur la vie de cette trentenaire dessinatrice free-lance.Un dessin très féminin agrémente agréablement ces pages compilant planches déjà parues sur son blog et dessins inédits.

J’aurais adoré être ethnologue
Margaux Motin
Editions Marabout. Collection « Marabulles ».
300 pages. 12,90€. ISBN : 978-2-501-06163-6

Rendez-vous sur Hellocoton !

La résistance du sanglier

resistance.gifHistoire et mémoire familiale sont au centre de ce one-shot en noir et blanc. Stéphane Levallois n’a jamais connu son grand-père. Seules quelques paroles de son entourage lui laissent deviner qui était cet homme à qui il ressemble tant, mais qu’il ne peut s’empêcher de se représenter comme un sanglier, robuste et carré : 1942, la France est occupée et divisée, comme ce village tourangeau de Selles-sur-Cher, où résistants et collabos se côtoient.  Bernard, le grand-père de Stéphane, fait « sa » résistance, tout d’abord en jouant des tours à ses amis, car il demeure un bon vivant, mais également avec de engagements plus profonds et une prise de risques croissante, en cachant des armes sous ses salades, en aidant des amis à échapper à la S.T.O. … Dans un temps, où chaque geste prend un sens et un poids particulier, et malgré sa prudence, il se méfie à juste titre de son voisin, le père marmouset …
La résistance du sanglier est un magnifique hommage à ce grand-père inconnu, et à tous ces actes héroïques, petits et grands qui ont été réalisé par les Résistants. Un véritable travail de collectage auprès des membres de sa famille, a permis à Stéphane Levallois de restituer une image fidèle du défunt, mais aussi des ambiances de cette France occupée qui se déchire.
Le parti pris esthétique du lavis renforce l’intensité de ces heures sombres, chaque case porte en elle une véritable émotion allant crescendo, avec une arrestation insoutenable, et conclusion finale bouleversante, qui nous donne de voir le vrai visage de cet homme, fort et droit. Cette chronique familiale particulière éclaire un pan de l’Histoire universelle avec beaucoup de délicatesse.


La résistance du sanglier

Stéphane Levallois
Editions Futuropolis.
118 pages. 23€. ISBN : 978-2-7548-0184-3

A voir !

Le site des Editions Futuropolis

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le menteur d’Henry James

Arthur Ashmore était un gentleman anglais au teint frais et au cou épais, mais enfin, il ne constituait pas un sujet ; il aurait pu être fermier, ou bien banquier : on aurait eu du mal à lui prêter un caractère en faisant son portrait. Son épouse ne compensait pas ce déficit (…) ; elle donnait l’impression d’être fraîchement vernie (Lyon n’aurait su dire si cela provenait de son teint ou de ses vêtements), de sorte qu’à la voir on songeait qu’elle aurait dû poser dans un cadre doré, invitant à se référer à un catalogue ou à une liste de prix. C’était comme si elle était déjà un portrait plutôt mauvais mais coûteux, barbouillé par une main éminente, et Lyon n’avait aucune envie de copier cette œuvre.

le menteurQue dire sur ce petit bijou de nouvelle ? Imaginez une pierre taillée avec minutie, c’est un peu cela que Henry James a réalisé avec ce Menteur, qui traverse les profondeurs de l’âme humaine : orgueil, manipulation, obsession sont au menu de cette histoire de peinture. Dorian Gray ne pouvait vieillir grâce au portrait qui avait été réalisé de lui, le colonel Capadose n’est pas démasqué des siens, tant que ses traits ne sont pas incarnés sur la toile.
Cet homme admiré de tous est un véritable animal de société. Fringant et jouissant d’une belle aura, il fait l’unanimité auprès des hommes et des femmes … ou presque, car ses dons d’orateur se combinent à une imagination fertile et impromptue, qui font de lui un véritable conteur …. Mais du conteur au dissimulateur, il y a qu’un maigre pas, que notre héros Oliver Lyon, franchira et tentera de révéler à la face du monde en réalisant le portrait du perfide.

Voilà une nouvelle haletante dont les portraits caustiques sont habilement réalisés par un Henry James fin psychologue et une langue châtoyante, aux accents typiques de cette littérature anglophone de la fin du XIXe. Un petit régal en perspective. A découvrir, en petite madeleine.

Le menteur.
Henry James.
Edition Gallimard. Collection « Folio ».
116 pages. 2€. ISBN : 2-07-031987-3

Rendez-vous sur Hellocoton !
Follow

Get every new post on this blog delivered to your Inbox.

Join other followers:

%d blogueurs aiment cette page :