Mois : septembre 2014

Une rentrée supersize

By: Magic MadzikCC BY 2.0

Ça y est le marathon annuel est désormais commencé ! Libraires, bibliothécaires, lecteurs, sont pris d’une frénésie de lecture plus poussée … Une période de mise à jour de pile à lire entre curiosités, belles découvertes et déceptions.

J’ai donc opéré une petite pause dans ma période italienne, pour plonger le nez dans cette rentrée, avec une pile à lire déjà longue comme le bras. Mais petite satisfaction tout de même de l’avoir déjà bien entamé. Il me faut donc la partager désormais avec vous !

Jami Attenberg, Lionel Shriver : faire entrer l’obésité en littérature

Pour ouvrir ce bal, j’ai débuté avec notamment deux romans américains : La Famille Middlestein de Jami Attenberg et Big Brother de Lionel Shriver. Un quasi « premier roman » et un nom qui compte désormais dans la littérature américaine contemporaine

Publiée pour la première fois en France, Jami Attenberg en est pourtant à son quatrième  roman, un cinquième est d’ailleurs déjà prévu pour 2015. C’est donc une  une nouvelle arrivée particulièrement attendue pour un auteur déjà confirmé. Quel accueil lui réservera le lectorat français ?
kevin_shriverQuant à Lionel Shriver, elle se révéla au grand public avec le Orange Prize, récompensant son roman épistolaire Il faut qu’on parle de Kévin, traitant de l’ambivalence maternelle face à la tuerie atroce à laquelle son fils s’est livré.

Sans se donner le mot, ces deux femmes abordent un véritable fléau de la santé publique aux États-Unis : l’obésité morbide. Avec une sensibilité et un sens de l’écriture différent, elles abordent ce que les américains appellent une « épidémie » sans pathos, crûment parfois, mais dépeignant toujours cette réalité de façon saisissante et complémentaire. Toutes deux ne font pas l’économie de poser la question qui fâche : quelle est la responsabilité de chacun ? En cela, ce sont deux romans sociaux intelligents et fins qui nous sont proposés de lire.

L’Amérique et ses troubles alimentaires : une dilution de la responsabilité ?

Les aliments sont faits d’amour. Manger, c’est aimer. Aimer, c’est manger. Et si un gros morceau de pain peut apaiser les pleurs d’une enfant, en quoi est-ce un problème ?

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Jami Attenberg nous plonge littéralement dans la vie des Middlestein, une famille juive qui vit une véritable crise, depuis qu »Edie, la mère, qui prit de tout temps la nourriture pour refuge, est gravement malade en raison de son obésité. Deux opérations plus tard, elle doit se ressaisir sous peine d’une intervention plus lourde ou de décéder tout simplement. C’est à ce moment que son mari choisit de se séparer d’elle après trente années de mariage, ne pouvant plus souffrir de la voir se tuer à petit feu.

La faute à ce petit bout de pain qui lui fut donné pour sécher ses larmes lorsqu’elle était enfant ? Était-ce là le moment critique, la genèse de cette addiction désormais nocive ? Ou plutôt lorsqu’elle se laissa aller après son mariage, s’oubliant dans le travail ? La frontière entre responsabilité individuelle, familiale ou collective est ténue. C’est toute cette complexité que Jami Attenberg retranscrit à travers son récit, car la vie étant ce qu’elle est, tout s’imbrique et il est difficile de revenir à l’origine du mal. Est-ce la faiblesse personnelle d’Edie ? Son métabolisme ? Ainsi nous serions naturellement, génétiquement programmés pour être obèses ou maigres, nous dédouanant de toute responsabilité ? Faut-il plutôt regarder du côté de l’histoire familiale, une éducation qui l’amena à se réfugier dans la nourriture ? Doit-on aussi questionner un contexte plus global entre mariage raté, licenciement et indifférence générale ? Mais ceci ne serait pas les conséquences du caractère d’Edie ?

Sans imposer de réponses, Attenberg se livre à un portrait croustillant d’une famille au bord de la crise nerf : un père, passé la soixantaine, à la recherche du bonheur sur le net après des années de frustration, d’incompréhension et de froide indifférence, deux grands enfants connaissant les méandres de la trentaine, une belle-fille accro à la diététique et traquant Edie, une Edie séduisante malgré ses formes et un tempérament bien trempé.

A la manière d’un Jonathan Franzen, Jami Attenberg créé une véritable saga familiale vivante, touchante et parfois aussi drôle que tragique, nous faisant voyager dans le temps, découvrant Edie à cinq ans ou encore laissant apercevoir à travers quelques lignes, ce que les uns et les autres deviendront. Vous l’aurez compris, une plume alerte, une narration originale saupoudrée d’un zeste de causticité font de ce roman une belle découverte.

Si la corpulence est relative, si tout le monde est gros, alors personne ne l’est.

Lionel-Shriver-Big-Brother

Lionel Shriver utilise toujours un langue affûtée et précise, pointant précisément l’émotion, le concept, le travers qui fait mouche, grâce à un sens de l’observation et un regard critique lucide sur un monde qui l’intéresse profondément. C’est une femme de lettres engagée, préférant mener la vie dure à ses lecteurs avec une réalité crue mais jamais moralisatrice plutôt que de les laisser se bercer d’illusions.
Pandora, femme entrepreneur à succès, mariée à Fletcher, artisan d’art, mère adoptive de ses deux enfants, connait une réussite quasi monotone s’il était autorisé de se plaindre de cette vie tranquille dans cette société où la célébrité est une valeur creuse fort prisé, et ce même dans l’Iowa !
Contactée par un ami de son frère jazzman, Edison, elle apprend ses déboires professionnels et revers de fortune personnels. Profondément attachée à ce grand frère qu’elle n’a pas vu depuis quatre ans, elle accepte de l’accueillir deux mois malgré la froideur des échanges entre Fletcher et Edison. Ce pari déjà osé, est d’autant plus mis à mal, lorsqu’elle découvre avec effarement que la silhouette sportive et longiligne de Fletcher à fait place à une corpulence imposante. Ce sera pour elle le début d’une quête vers la compréhension, entre déchirement et défi personnel.

Adepte d’un mode de vie très strict (un repas par jour, et beaucoup de sport), Lionel Shriver aborde ici une trajectoire personnelle. En effet, à l’instar de Pandora, elle dut faire face à l’obésité de son frère, qui en mourut, avant même qu’elle ne put l’aider d’une quelconque façon. Ce roman de la mémoire, qui lui est dédié, est aussi un roman psychologique fort explorant les différentes trames des liens familiaux réels ou fictifs : l’enfant unique, la famille recomposée, la famille fantasmée, et plus particulièrement la puissance des liens entre frère et sœur.

C’est également un roman social, un quasi pamphlet contre les obsessions alimentaires de l’Amérique : obsession de l’obésité dont près des deux tiers de la population souffre … en raison notamment d’un système de valeur faussé, voire hypocrite, car comment choisir de maigrir quand la corpulence est la norme, et l’obésité morbide courante ; obsession des régimes miracles (ici les diètes liquides), obsession de la minceur et de la diététique extrême par une partie de la population ne souhaitant pas sombrer comme le reste de la population. Rien qui ne révèle un rapport sain à la nourriture et à l’alimentation. L’esprit fin de Shriver nous emporte dans ce voyage au bout de soi, dont la chute est une leçon de lucidité et de vérité envers soi-même, au-delà du pacte d’écriture de l’écrivain.

La famille Middlestein
Jami Attenberg
Editions Les Escales.
384 pages. 20,90€. ISBN : 9782365691321

Big Brother
Lionel Shriver
Editions Belfond
433 pages. 22,50€. ISBN : 9782714456274

A voir !

Le site de Jami Attenberg
Le site des Éditions des Escales
Le site des Éditions Belfond

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Le papier dans tous ses états !

papier
Image from someecard

Un petit post aujourd’hui pour partager avec vous deux de mes tableaux sur Pinterest. Pour celles et ceux qui ne connaitraient pas encore ce réseau social, il s’agit d’un site à partir duquel vous pouvez épingler (« to pin ») des images relatives à vos centres d’intérêts (« interest ») dans différents tableaux que vous gérez personnellement. Vous pouvez créer autant de tableaux et les partager ! Comme choisir d’en garder en mode privé. C’est le petit « P » que vous pouvez voir en haut à droite du blog pour me suivre ou encore en bas de chaque article pour le partager.

Cela fait deux années que je suis inscrite sur Pinterest, au début par curiosité et finalement en raison d’une grande praticité ! Fini les images enregistrées sur l’ordinateur pour un projet créatif et les marque-pages électroniques à rallonge … inutilisables ! L’ensemble peut être classé soigneusement et partagé. Aussi vous pouvez suivre également vos sites favoris s’ils se sont emparés de cet outil numérique. Beaucoup le sont désormais et cela  peut contribuer à allèger vôter boite mail, un pas de plus vers la simplicité et le minimalisme :D). A titre personnel, je suis des librairies qui proposent de plus en de dossiers via ce média et des bibliothèques :), des écoles … mais aussi de sites de déco, de loisirs créatifs … et d’autres utilisateurs partageant les mêmes centres d’intérêt.

Le papier sous toutes ses coutures

Pour en revenir à mes moutons donc, je voulais partager avec le tableau « Papier, feuille, ciseaux », dans lequel je verse au fur et à mesure de mes découvertes, un travail du papier particulièrement artistiques ou décoratif. Vous l’avez peut-être compris au vue des différents articles que j’ai pu déjà poster sur les pop-ups mais j’aime énormément ce travail délicat qui peut donner des résultats si poétiques, quasi magiques !

Abonnez-vous au tableau Papier, feuille, ciseaux de Elodie sur Pinterest.

Aussi nous avons tous des livres dont la reliure lâche, que nous ne pouvons pas réparer et donner, ceci peut permettre de leur donner une nouvelle vie 🙂 Vous pouvez également trouver dans les boutiques de loisirs créatifs différents types de feuilles, vous permettant un résultat similaire ! Des projets utilisent également le carton, assez tendance depuis des années, ce qui est une autre façon également de recycler !

Enfin dans le tableau « Oh les cadeaux », vous y trouverez sûrement une manière astucieuse d’utiliser vos créations en papier pour vos emballages cadeaux !

Abonnez-vous au tableau Oh les cadeaux ! de Elodie sur Pinterest.

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J’ai mis du sable dans mon cartable

Je l’ai emmené avec moi. Notre château
Avec ton sourire soleil, en haut de la tour.

J'ai mis du sable dans mon cartable

Des vacances délicieuses en compagnie de sa grand-mère, un château de sable immortel, voici les tendres souvenirs d’un jeune garçon qui doit reprendre le chemin de l’école. Aucun stratagème ne peut le dédouaner, pas même celui de réciter à haute voix, un livre lu et relu des centaines de fois. Rien ne convainc sa maman. Aussi le cœur lourd et résigné, se demandant pourquoi chaque chose doit avoir une fin, il emporte avec lui ce château de sable dans son cartable. Chaque jour cependant, le sac pesant plus lourd, il lui est difficile de laisser tout le sable, il doit alors accepter de s’en séparer peu à peu … avant le prochain été.

C’est une bien belle histoire poétique et émouvante sur la fin des vacances que nous offre Christine Biegel. La nostalgie de ce petit garçon deviendra sa force pour apprendre à lire et écrire, afin que le temps passe plus vite et brise la distance entre lui et sa grand-mère, comme en témoigne cette belle lettre. Clotilde Perrin illustre magnifiquement cet album, où l’on a plaisir à retrouver ses personnages aux nez retroussés, aux chevelures évanescentes. Un livre magique pour petits et grands, plein de douceurs d’enfance.

A voir !

le site de Christine Beigel: http://ellecause.hautetfort.com
et son blog : http://christinebeigel.blogspot.com
le
site de Clotilde Perrin : www.clotildeperrin.net

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Niet Popov ! David Sire

Niet_Popov_David_SireNiet Popov est un album plein d’énergie pour toute la famille ! Découvert à l’occasion d’un spectacle avec David Sire et Pierre Caillot, la maisonnée suit de près désormais les aventures de Titi et Zinzin, deux copains, qui osent franchir une palissade interdite.

Grand vent de liberté, belle complicité, rigolade et grand questionnement, voilà le beau programme de ces douze belles chansons. « Garanti 100% onomatopées », ils nous traînent dans un monde d’émotions et de réflexion, car si l’impertinence est au rendez-vous, elle est là pour aider à grandir et (conserver !) sa liberté. Ces petites histoires sont un concentré d’univers : jours de grisaille ou jours de joie, petits plaisirs du quotidien, humeur ronchonne ou rebelle. Intelligentes et touchantes, petits et grands peut se retrouver dans un petit Popov.  Album 100% musique également, loin des mélodies doucereuses, c’est un festival musical sur des airs endiablés (« Hop hop hop » ou la vie   trépidante des adultes vu par un Popov),  jazzy ou lancinants, alliant virtuosité des jeux de mots comme « Oh » et son fameux caméleoh.

Un joli livre-CD illustré par Magali Le Huche

A voir !

Le site de David Sire
Le site des éditions des Braques, où vous trouverez également des coloriages, des partitions

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J’aime être gourmande, Colette

On naît gourmet. le vrai gourmet est celui qui se délecte d’une tartine de beurre comme d’un homard grillé, si le beurre est fin et le pain bien pétri. Il y a beau temps que je n’ai plus chez moi de cuisinière experte… Mais je n’ai renoncé à rien de ce qui contente le palais, partant, le cerveau. En fait de « plats préférés », je préfère… tout ce qui est bon, tout ce qui fait de l’heure des repas une petite fête des papilles et de l’esprit. N’est-ce pas une très bonne philosophie?

colette_j'aime_être_gourmandeLes éditions de l’Herne ont composé un petit recueil de chroniques écrites par Colette, pour le magazine Marie-Claire, magazine qui naquit en 1937. Colette participa à la rédaction de cinq numéros, dont notamment le 100° numéro dont elle dirigea la majeure partie de la rédaction. Les extraits choisis ont été publiés entre 1938 et 1940, date à laquelle la rédaction cessa en raison de l’invasion allemande. C’est un voyage dans le temps qui nous est donné de parcourir, à travers quelques tranches de vie et des réflexions sur la société de ces années d’Entre-deux guerres, avec pour guide impertinent Colette.

Le texte inaugural, J’aime être gourmande, est un véritable ode à la bonne chère et livre un portrait plein de saveur de la cuisine et de Colette aux fourneaux, dans lequel nous sommes touchés par ses mots simples dans lesquels transparaît une réelle passion culinaire, du choix de produits nobles à leur préparation et leur mise en beauté, tout en précision (« jetez-y une poussière de sel » . C’est une lecture auditive et olfactive, on entend les bruits de cuisson, l’on sent l’odeur d’humus avec les champignons.

Mais tout le sel de ce recueil va bien au-delà des plaisirs gourmets, cette gourmandise revendiquée est celle plus vaste d’une épicurienne, d’une amoureuse de la vie, qui savoure et célèbre la poésie, la présence de ces chats, la vie nomade sans oublier l’amitié ou l’amour. La simplicité de Colette est touchante, interpellant, conseillant, ses lectrices avec toute la décontraction de la conversation et sa langue sensible, charnelle et sincère.

J’aime être gourmande.
Colette.
Editions de l’Herne.
104 pages. 9,60€. ISBN : 9782851979469

A voir !
Le site des Editions de l’Herne

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