Mois : juin 2015

Toilettage estival !

Depuis quelques mois, je souhaitais améliorer la navigation sur le site, et bien ça y est !

 

Après quelques griffonnages sur papier, des recherches pour trouver un bel outil, et quelques heures les mains dans le cambouis pour régler l’ensemble, le bébé a fait peau neuve avec un menu dont je ne suis pas peu fière ! Vous trouverez désormais une section coups de coeur avec du contenu multimédia, une arborescence plus fun avec même des petites icônes qui donnent envie de surfer 🙂

Et puis désormais le menu vous suit discrètement au fil du déroulé des pages

A venir donc plus d’articles, car un blog c’est comme une maison, quand on ne s’y sent pas bien, on a moins envie de s’y investir ! Et désormais cette nouvelle architecture mettra mieux en valeur les contenus que je souhaite partager avec vous ! Et vous, qu’en pensez-vous ? D’autres idées ou envies ?

A très bientôt ! Pour découvrir ces nouveautés, c’est toujours par ici >>> http://lire-ecouter-voir.com

Rendez-vous sur Hellocoton !

Ne deviens jamais pauvre !

Il avait toujours vu juste quant à l’institution qu’est la civilisation ; elle est sévèrement détraquée sur tous les plans. Aucun jeu de règles ne lie plus ses membres entre eux. Les obligations sociales sont flexibles, les sanctions inéquitables, et la loi n’est jamais autre chose que les hommes qui l’appliquent.

Ne deviens jamais pauvre, daniel friedman

Si on vous dit « Memphis », vous pensez « Elvis », maintenant vous pensez aussi « Buck Schatz ».

Buck n’est pas un octogénaire pas comme les autres, bien loin de là, et vous vous en souviendrez très longtemps de ce vieil homme, encore alerte (preuve en est sa convalescence due à sa précédente aventure dans Ne deviens jamais vieux !) qui n’est pas en reste non plus lorsqu’il s’agit d’exercer son esprit caustique et mordant. D’un caractère que d’aucuns qualifieront du doux euphémisme d' »impossible », voire limite, il a su en faire une force tout au long de sa carrière de flic. En même temps, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, et ce cousin de l’Inspecteur Harry, sait donc s’y faire face aux cadors du crime ne sont pas attendris depuis le début de sa carrière et ne semblent pas décider à lui ficher la paix …

C’est ainsi qu’Elie, un braqueur de haut vol ancienne école, dont la dernière rencontre a été l’occasion d’une douce promesse de mort s’ils venaient à se croiser à nouveau, débarque à nouveau dans la vie de Buck. Paradoxalement pas à l’occasion d’un énième braquage, non tout simplement lors d’une visite « de courtoisie » à Valhalla Estates, nouveau havre de paix résidence pour séniors de Buck. Valhalla … vous noterez que le nom est déjà en soi tout un programme, et une grande source d’inspiration pour l’irascibilité de notre anti-héros !
Inconscience folle ? Perte de mémoire ? Que nenni, rien de tout cela. Il s’agit pour le vieil homme de trouver une protection pendant 48h auprès de l’homme qui s’est juré de lui faire la peau. A situation désespérée … moyens désespérés ! Faut dire que Buck, même s’il n’est pas du genre à rendre des services, ne laisserait pas couper l’herbe sous le pied et laisser un malotru lui ôter ce plaisir, et cela Elie le sait … Buck va être obligé de rempiler ce qui n’est pas une mince affaire.  Seulement Buck est-il tombé sur plus fort que lui cette fois-ci ?

Buck vous irritera. Il vous inquiétera voire vous choquera aussi. Vous pourrez peut-être ne pas l’aimer. Après tout, c’est le risque avec un caractère de chien aussi entier et ce n’est pas un enfant de choeur. Mais si vous aimez les oisillons tombés du nid qui se sont faits tout seuls comme des grands, ou les hommes qui n’hésitent pas à se salir les mains pour une certaine idée de la justice, vous devriez modérer votre opinion.
Moi Buck, il me plaît tel qu’il est. Vous l’adopterez vite, avec ses remarques mordantes, ses méthodes peu orthodoxes, sa manie d’attraper son .357 magnum avant de sortir. Forcément, écrit à la première personne, vous êtes aux premières loges pour comprendre ce drôle de bonhomme plus complexe qu’il n’y paraît armé d’un aplomb certain, d’un sens de l’humour plutôt corrosif, y compris envers lui-même, qui lui confèrent une carapace de philosophe  un poil déjanté mais aussi désenchanté de la vie. Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace et il est là plutôt pour donner des leçons.

Attention petite précision, au rayon des traductions de titre quelque peu étonnantes (et pour le coup un poil erronée), le titre US est beaucoup plus significatif que le titre français : Don’t ever look back. Naviguant entre 2009 et 1965, date d’un premier dossier entre nos deux compères, les méandres de son histoire personnelle avec son fils et une mémoire qui tend à défaillir, Buck est plus que jamais appelé à se souvenir malgré tout. 45 années les séparent, mais ces deux enquêtes disent tout de Buck. Elles le racontent et l’incarnent.

Daniel Friedman confirme une belle entrée dans le monde du polar américain. Ce jeune auteur de trente ans est à suivre, plume de qualité, narration impeccable, pas étonnant qu’il ait rejoint les éditions Sonatine !

Ne deviens jamais pauvre !
Daniel Friedman
Editions Sonatine
295 pages. 20€. ISBN : 978-2-35584-325-9

Rendez-vous sur Hellocoton !

Six Femmes au foot, Luigi Carletti

C’est archi-complet, comme toujours. Le derby, c’est le match de l’année pour les Milanais, et pas seulement pour eux. Plus de quatre-vingt mille spectateurs s’entassent dans ce temple de fanatiques du football. San Siro n’est pas l’endroit idéal pour une chasse à l’homme. En admettant qu’il y ait un endroit idéal pour ça.

C_Six-femmes-au-foot_8130

Si vous ne connaissez pas la littérature sportive, vous serez étonnés d’apprendre qu’il ne s’agit pas seulement de fictions ayant pour sujet principal le sport, mais aussi son environnement comme arrière-plan. Et c’est clairement à cette deuxième famille, qu’appartient Six Femmes au foot, qui mêle avec habileté roman social et thriller.

Quoi de plus emblématique que les aficionados italiens pourtant ? Le football est un véritable phénomène dans les grandes villes italiennes depuis la fin du XIXe siècle jusqu’aux années 2000 plus sombres, marquées par la violence dans les stades. Mais ce n’est pas précisément cette histoire là que Luigi Carletti veut nous conter. Ce sont celles de six femmes dont les chemins vont converger le temps du derby  Milan AC / Inter au stade San Siro. 80 000 âmes en transe – ou presque toutes – et six femmes, qui ne se connaissent pas, et qui viennent chacune avec un objectif différent.

Tout d’abord Gemma prend place. 80 ans au compteur, cette honorable vieille dame, tout récemment veuve, a rencontré son mari dans ce stade, cinquante ans auparavant. Elle est présente aujourd’hui car ils n’ont jamais raté aucun match avec son mari Attilio, qui ne cesse d’être à ses côtés et de lui souffler les résultats ! Et Attilio ne se trompe jamais dans les pronostics, aussi elle vient « avec » lui au stade, sa carte d’abonnement et son écharpe posées sur son fauteuil. Sous ses airs évaporés, Gemma demeure une femme malicieuse, certainement plus mystérieuse qu’il n’y paraît.
Renata vient vissée à son fauteuil roulant, et son groupe de personnes « en situation d’handicap », comme elle aime à le rappeler car pour elle, c’est temporaire. C’est une battante. Adulatrice de Materazzi et de ses 23 tatouages, sa vie n’est pourtant qu’amertume et racisme depuis que sa vie prit cette tragique tournure lors d’un accident de voiture avec des Nigériens. Pour elle, son histoire est différente de celle de ses congénères, et elle compte bien le prouver aujourd’hui, en prenant sa revanche.
Lola da Silva a le charme brésilien. Cette jeune femme prometteuse fait sensation sur les ondes dès lors qu’elle commente le fútbol et sait enflammer les foules. Avec ce match, elle joue un tremplin pour une plus ample célébrité et la télévision. Tout serait parfait, si ce n’était ces sms qu’elle reçoit et qui pourraient tout faire basculer en un jour.
Letizia a une cible en vue. L’homme au blouson rouge. Toute son équipe et sur le qui-vive pour ce coup, un gros coup pour ce service de police, car cet homme, businessman accompli, tient plus du gangster retors que de l’honnête entrepreneur … Annarosa, c’est la femme du blouson rouge. Elle subit ce match, ainsi qu’un mariage vacillant et une belle-soeur geignarde au bord de l’implosion. Ce match décisif pourrait celui de toute une vie en trompe-l’oeil.
Enfin une jeune femme au crâne rasé, Gwendolina, pénètre dans le stade par effraction avec un étrange sac. Les deux garçons qui l’accompagnent devinent sans la connaître qu’elle vient de loin et que son agilité et sa force physique ne sont pas le fruit du hasard … peut-être le devinent-ils un peu trop tard quand elle échappe à leur vigilance … que vient-elle faire là ?

Vous l’aurez compris, point besoin d’être un passionné de football pour lire ce roman, bien au contraire ! Luigi Carletti sait rebondir habilement sur l’aversion ou la défiance, pour nous montrer avec malice et ironie les travers d’une société italienne marquée par les apparences,  le machisme, le racisme, les trafics en tout genre, la guerre des polices. Luigi Carletti vous mène où bon lui semble, en vous faisant d’abord surplomber le stade bouillonnant, puis en vous distillant de ci delà, à travers des échanges et des portraits, différentes pièces d’un puzzle qu’il a constitué avec intelligence. Son regard mordant et sa verve caustique confère un humour grinçant à un thriller rondement mené.  Une très agréable découverte qui vous surprendra !  Luigi Carletti est journaliste et travaille dans de nombreux quotidiens du groupe L’Espresso. Il est l’auteur de cinq romans, dont Prison avec piscine, le premier traduit en France.

Six femmes au foot
Luigi Carlette
Editions Liana Levi
275 pages. 18€. ISBN : 978-2-86746-677-9

A voir !

Le site de Luigi Carletti.
Le site des Editions Liana Levi

Rendez-vous sur Hellocoton !

Le Petit Chaperon rouge vu par Louise Rowe

La vieille dame respire bien fort aujourd’hui ! Je me demande si elle va bien.

9782740426623_Chaperon_rouge_Louise_RoweCela faisait quelque temps que je n’avis pas déniché un petit pop-up à vous présenter ! La magie de ces livres est atemporelle : que nous ayons 2, 10, 30 ou 60 ans et plus, chaque page est une véritable surprise et une art finement rôdé ! Bref, en un mot comment ne pas les aimer ?

Ce pop-up m’a plu pour son élégance graphique et son esthétique épurée, entre arbres d’un blanc immaculée rappelant le kirigami – Louise Rowe est une spécialiste de la découpe papier – et  ses arbres-feuilles jouant avec harmonie tout le nuancier automnal ocre et sépia, nous projetant dans la forêt aux côtés du Petit Chaperon Rouge.

chaperon_rouge-Louise-Rowe

Louise Rowe joue également de petits détails, un oiseau posé sur la cheminée de la mère-grand, des rosiers cerclant l’humble maisonnette, où quelques fleurs rouges subsistent vaillamment. On ne peut s’empêcher de faire le tout de cette maison, submergée par une nature sombre et menaçante, semblant ainsi presque complice du terrible forfait qui va être commis par ce messire loup qui rôde dans les parages.

chaperon_rouge_louise_rowe_3

Tout au long, de notre promenade, dans les sous-bois comme dans la maisonnette de mère-grand, cet univers végétal domine chaque page, chaque élément étant prétexte à exploiter un motif végétal ou floral : chemin, plancher, toiture, mais aussi vêtements. Louise Rowe revisite ce conte classique de manière poétique en sublimant la forêt, personnages à part entière de son histoire.

Elle choisit ici de suivre le chemin des frères Grimm, et ainsi d’offrir une fin plus joyeuse que notre Charles Perrault national.

chaperon_rouge_Louise_Rowe_2

Le Petit Chaperon Rouge
Louise Rowe
Editions Mango jeunesse
16 pages.  6 pop-ups. 14,95€. ISBN : 978-2-7404-2662-3

A voir !

le site des éditions Mango jeunesse

Rendez-vous sur Hellocoton !
Follow

Get every new post on this blog delivered to your Inbox.

Join other followers:

%d blogueurs aiment cette page :