Mois : août 2015

584 ! La Rentrée littéraire est en marche !

584, n’est pas le nom d’un nouveau jeu pour téléphone portable ! C’est le nombre de parutions que nous offre cette rentrée littéraire … pleine de très belles surprises en littérature étrangère.
Dans cette jungle, voici une première sélection, préparée hier  et livrée avec une joie suprême après  de gros problèmes de débit (merci El nino et les tempêtes de ce week end), ce qui me permit toutefois de préparer plus en profondeur cette rentrée littéraire et mes choix de lecture 🙂

Trois thématiques particulièrement fortes se dégagent pour cette rentrée 2015 : le chaos social, la satire, le poids des racines. Des thèmes sombres s’il en est mais qui offrent différents points de vue et traitements a priori complémentaires. Petit tour d’horizon du bookathon 🙂

Un monde au vitriol …

zone_d'intérête_martin_amisTout d’abord, le retour de Martin Amis avec son subversif Zone d’Intérêt, où l’histoire d’un amour ou disons d’une séduction, d’un jeune militaire épris de la femme du commandant de son camp. Cela pourrait sentir le rose bonbon, si ce n’était que la scène se passe à Auschwitz et que Martin Amis distille à travers ce cadre une critique satirique du régime nazi, de l’exacerbation de leur virilité alors même que l’horreur est en marche comme en témoigne le personnage du Juif Szmul, rattaché aux Sonderkommandos. Il s’agit du 2e ouvrage que Martin Amis consacre à la Shoah après la Flèche du Temps.                   **** *****************************************************************

encore_hakan_gundayAvec Encore, Hakan Günday, comparé à Louis-Ferdinand Céline, couronne son entrée parmi les écrivains prestigieux de la littérature turque avec un roman choc qui sort des clous de la bien-pensance, en nous livrant ici un roman cru et réaliste sur les passeurs. L’histoire se déroule à travers les yeux de Gaza, fils de l’un de ces trafiquants, appelé à vivre inexorablement un véritable enfer  dans ce monde de domination et d’exploitation.

 

moi-contre-les-etats-unis-d-amerique_paul_beattyMoi contre les Etats-Unis d’Amérique, titre programmatique et provoquant de Paul Beatty, nous entraîne aux côtés d’un héros barré, qui a tenté de rétablir l’esclavage et la ségrégation dans sa petite ville … de Dickens. Conçu comme un plaidoyer, ne vous fiez pas aux apparences, cette satire politiquement incorrecte et cinglante vous offre une véritable lecture piégée !

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russendisko_kaminerRoman autobiographique, Russendisko, apporte une touche d’humour grinçant en nous faisant découvrir Berlin au début des années 1990, juste après la chute du Mur. Ces courtes chroniques dépeignent une cité accueillante où tout à chacun, quelque que soit ses intentions, son avidité, sa volonté de réussite pouvait espérer s’intégrer à force de clichés ou de passe-droits. Wladimir Kaminer fait partie de l’avant-garde littéraire allemande, ce roman a été initialement publié en 2000.                   **** *******************************************************************************

9782267027679 (1)Dans Montecristo, Martin Suter s’attaque au monde de la finance suisse. Roman psychologique, social, thriller, nombreux sont les genres qui pourraient lui être apposés, tant l’écrivain réalise un travail de documentation et de narration conséquent. Deux billets de banque avec le même numéro, un accident de voyageur, voici  Jonas un quadra désabusé, qui endosse alors le rôle d’enquêteur pour mieux pouvoir réaliser son rêve : réaliser son film Montecristo. Suspense et frayeur économique sont au rendez-vous !                **** *******************************************************************************

mais découvrez aussi, Soundtrack, de Furukawa Hideo récit post-moderne et dysphorique sur un Japon tiraillé par ses traditions, les vagues d’immigration, le réchauffement climatique dans un Tokyo oppressant et déshumanisant. Tout cru d’Arnon Grunberg est un portrait caustique et féroce d’un économiste revendiquant son « individualisme radical », coincé dans une vie amoureuse qu’il ne contrôle pas. Pédant, antipathique, en un mot odieux, mais se laissera-t-il amadoué / manipulé ? Avant la fête nous conte tel un récit merveilleux et étrange l’histoire d’un petit village allemand, dont la vie s’organise autour de la Fête Ste Anne. Tout ceci semblerait aseptisé s’il n’y avait pas le bûcher, sur lequel chaque année une jeune fille est sacrifiée. Cette année, c’est Anna, qui loin d’être terrorisée, passe sa dernière soirée à paisiblement ainsi que tous les membres du village. Sasa Stanisic dépeint une nuit des possibles dans un texte piégé aux multiples références : conte, merveilleux, roman médiéval.

Au coeur du chaos social

9782714458650_tout_ce_qui_est_solide_se_dissout_dans_l_air

Un premier roman audacieux et très prometteur nous transporte au 26 avril 1986 à Tchernobyl. Darrach McKeon est un de ces nouveaux auteurs sur lesquels il faudra certainement compter dans les années à venir. Salué par ses compatriotes Colum Mccann et Calm Toibin, l’irlandais nous fait marcher aux côtés d’une journaliste dissidente et de Grigory Brovkin, chirurgien de son état témoigne au plus proche de cette tragédie dont le traitement amateur provoqua une des catastrophes sanitaires la plus terrible après Hiroshima et Nagasaki.  Tout ce qui est solide se dissout dans l’air est un des livres coups de poing de cette rentrée littéraire.

9782213686318_Six_jours_Ryan_GattisSix jours de 1992 à Los Angeles. En plein émeute. Ryan Gattis s’attelle à cette semaine qui laisse une cicatrice dans l’histoire et dans la ville même de Los Angeles. Après le passage à tabac de Rodney King par la police, une véritable guérilla  s’enclenche entre les différents gangs de l’immense cité californienne. Durant ces six jours, la Garde nationale et les Marines ont été sur le terrain pour endiguer ce qui pourrait devenir très rapidement une guerre civile. C’est ce temps de bascule que Gattis nous invite à examiner avec profondeur. La matière conduisit Gattis à prendre le parti d’un roman choral pour refléter si cela est bien possible l’extrême diversité culturelle de cette ville aux mille visages.

9782330053024_neverhome_laird_huntAprès Les Bonnes gens, où il explorait la guerre civile du côté d’une veuve blanche qui va subir la vengeance de ses deux esclaves, Laird Hunt nous offre un autre portrait de femme forte dans Neverhome. Constance devient « Ash » (cendre en anglais) lors d’une promesse particulière faite sur la tombe de sa mère, lors de laquelle elle décide de partir à la guerre, déguisée en homme, à la place de son mari, parce que c’est la plus forte, celle qui pourra tenir sur les champs de bataille.
Un roman profond sur l’engagement.**************************************  ****************************************************************************

Pêchés_Capitaux_Jim_HarrisonLe nouveau Jim Harrison est arrivé, avec un nouveau faux roman policier, Péchés capitaux,  après Grand Maître en 2012. Dans cette suite, on retrouve bien évidemment l’inspecteur Sanderson désormais à la retraite, qui devra se confronter à ses propres vices destructeurs, alcool et sexe, mais également à ceux de ces contemporains à travers une série de meurtres inexpliqués. Cette violence, socle de la fondation des Etats-Unis, qui pourrait bien sonner leur glas également.**************************************  ****************************************************************************

 9782702440995_de_si_parfaites_epouses_lori_royDe si parfaits épouses rejoint le bataillon des ouvrages traitant d’une Amérique sclérosée par son puritanisme en nous transportant en 1958. Une jeune femme, Elisabeth, a disparu, alors que quelques jours plutôt une femme noire a été retrouvée morte. Ces deux évènements secouent ce quartier qui ne voit pas forcément d’un bon oeil l’arrivée de familles noires, « perturbant » un équilibre instable alors que les usines ferment. Une atmosphère pesante pour un roman de société très noir. C’est le deuxième roman de Lori Roy.
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9782070145454_une_antigone_à_khandaharPortrait d’une femme forte n’obéissant qu’à la loi familiale et bien décidée à récupérer le corps de son fils dans Une Antigone à Kandahar de Joydeep Roy-Bhattacharya. Cette femme est pachtoune. Elle est en burqa et en fauteuil roulant. Ceux qui détiennent le corps de son fils sont des soldats américains. Nous sommes à Kandahar. Peu d’actions dans ce roman, mais une très grande intensité théâtrale dans ce dialogue entre cette femme et les soldats aux allures de tragédie grecque. Chacun, tour à tour, expose son choix, entre la vie et la liberté, leurs histoires, leurs attentes. Une véritable rencontre de l’autre, sans partie pris.

mais lisez aussi J’ai vu un homme d’Owen Sheers, où un étranger pénètre dans une maison à la recherche de son identité dans un thriller efficace ; Le Maître des apparences de Jane Gardam, faux mémoire de Sir edward Feathers, ancien avocat anglais, entre chute de l’Empire britannique et marmelade dans un roman so british ; Le Quartier américain de Jabbour Douaihy, portrait de Tripoli, ville autrefois multiconfessionnelle et désormais en proie également à l’intégrisme,  à travers son quartier « américain » qui n’en a que le nom et Intissar, une mère à la recherche de son fils. L’huis clos caractérise également Le Silence des bombes, de Jason Hewitt, avec une rencontre étonnante et fraternelle entre un allemand et une petite fille anglaise dans le Suffolk en pleine Seconde Guerre mondiale. Les Transparents d’Ondjaki chante tout en poésie un immeuble curieux, où les habitants, gens simples, savent s’effacer au point de devenir transparent à l’image Odonato, pour atteindre leur rêve, alors même qu’autour d’eux, hommes d’affaires et de pouvoir, image de la transition, s’agitent toujours mieux autour des richesses naturelles du pays

Des racines et des hommes

9782267028782_délivrances_toni_morrisonJ’attendais depuis Home en 2012, un nouvel opus de Toni Morrison et désormais mon voeu est exaucé avec Délivrancesun roman grave et lumineux sur une enfance laissée pour compte, car Lulu Ann, devenue Bride adulte, a dû se construire seule, sans l’amour de sa mère, dans un monde dur et froid d’adulte. Sans enfance, elle saura tout de même puiser en elle toutes sortes de ressources pour exister dans son propre regard. A priori, encore un roman d’une rare intensité et d’une grande acuité sur les laissés pour compte aux Etas-Unis.                   **** *******************************************************************************

9782330053000_&Fils_David_GilbertDans &Fils, David Gilbert se penche quant à lui aux relations père-fils dans un objet littéraire non identifié, à la fois roman et essai performatif sur la création littéraire, où l’art de repousser les limites de la fiction dans un roman évoquant à la fois l’adolescence mais aussi la transmission, avec ce père, Andrew N Dyer, grand romancier, qui décide de réunir ses deux fils dans une ultime tentative de rapprochement avec un demi-frère jusque là inconnu.                   **** *******************************************************************************

9782226318121_tous_nos_noms_dinaw_mengestuDinaw Mengestu  fait partie de cette nouvelle génération d’écrivains afro-américains (né en Ethiopie mais ayant grandi aux Etats-Unis), qui explore et questionne avec ces doubles identités à la fois leur patrimoine culturel africain et leur culture américaine. Dans Tous nos noms, son troisième roman, il illustre la question des racines à travers le portrait de ces Africains émigrés aux USA, emplis d’idées et de révoltes estudiantines alors que la mixité raciale est encore très mal vu.                   **** *******************************************************************************

9782226318138_barnabas_kane_neige_noireAvec La Neige noire, Paul Lynch semble confirmer la place qu’il s’est fait avec son premier roman Un Ciel rouge. Ici nous parcourons la rude et abrupte Irlande et pénétrons au coeur d’une communauté renfermée sur elle-même, à laquelle se frotte la famille Kane. Revenus des Etats-Unis, où ils avaient migré un temps, leur réintégration ne se passe pas sans heurts. Leur ferme est retrouvée brûlée. Accident ou acte délibéré ? L’entre-deux dans lequel ils se situent, ni tout à fait du cru, ni tout à fait étranger, entraîne de nombreuses déconvenues … Barbanas Kane va devoir choisir alors même qu’un secret surgit.

9782021224801_un_cheval_entre_dans_un_bar_david_grossmanAprès Une Femme fuyant l’annonce qui lui valut le prix Médicis en 2011, David Grossman reprend dans Un Cheval entre dans un bar  pour personnage principal un humoriste, qu’il met en scène dans un spectacle de stand-up. Dovalé G. est comédien, plutôt spécialisé dans un humour salace et peu politiquement correct. Lors de cette soirée particulière, il brisera les codes du genre, en laissant tomber, bien malgré lui, le masque du comique, pour montrer son vrai visage, celui d’un homme blessé, hanté par la culpabilité depuis la mort de ses parents.                   **** *******************************************************************************

mais également, Plus doux que la solitude de Yiyun Li, qui scelle le destin de quatre adolescents sur la Place Tien’anmen, L’Ange de l’oubli de Maja Haderlap, sur les ravages de la Seconde guerre mondiale dans une petite province slovène en Autriche, la Carinthie, entre nécessité de se reconstruire et volonté de témoigner. Comment une fillette peut-elle grandir avec un tel héritage entre suspicions et guerre froide ?   La survie est également le propos de Jon Kalman Stefansson. D’ailleurs, les poissons n’ont pas de pieds, nous emmène au coeur d’un mythe famillial en Islande à travers trois générations

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Quand papa était petit, y’avait des dinosaures

Quand papa était petit, y avait pas d’antibiotiques, alors si t’avais la grippe, t’étais mort et comme y avait pas de montres, on arrivait en retard au bureau, mais comme y avait pas de bureau…

9782020572699_quand_papa_était_petit_bouchard_maloneAlbum culte publié en 2003 et réédité en 2012, si vous ne connaissez pas encore la douce folie, drôle et décalée de Vincent Malone et d’André Bouchard, plongez-y en famille !
Eh oui, les enfants peuvent avoir l’extrême naïveté un brin agaçante et parfois vexante de confondre années et décennies, voire siècles, lorsque les yeux grand’ouverts ils découvrent l’âge de leur parents. Un peu comme lorsque Mini-moi découvre que maman est née en mille neuf cents et des brouettes … C’est « mille-neuf » qu’elle retient, pas les brouettes qui rapprochent maman de l’an 2000 … Alors forcément « t’es vieux/vielle », oui, et avec une telle élasticité du temps enfantin, « Quand papa était petit, y’avait des dinosaures » !
C’est à partir de cette phrase, qui peut nous en rappeler tant d’autres, que Vincent Malone nous offre une variation préhistorique revisitant l’enfance des parents. S’il y avait des dinosaures, alors il n’y avait pas de télévision ? Que pouvait-on donc faire le soir ? Regarder un ours bien entendu ! La mode, c’était forcément n’importe quoi, les courses, une corvée d’ors et déjà familiale alors même que Superman, Spiderman et Batman tâtonnaient encore dans des tenues peu conventionnelles et on ne savait pas qui il fallait redouter le plus du loup ou du chaperon rouge  … bref vous l’aurez compris, il s’agit ici d’un album à l’humour mordant et un peu absurde, plutôt désopilant, impertinent à souhait, que grands et petits pourront partager avec une joie égale !
Dès 4 ans.

Quand Papa était petit, y’avait des dinosaures
Editions Le Seuil jeunesse
Vincent Malone, André Bouchard
40 pages. 18,50€. ISBN : 9782020572699

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Les Réponses d’Elizabeth Little

Il y a ceux pour qui l’imprudence est un état d’abandon. Ou d’étourderie. Ou une décision consciente d’ignorer les répercussions et les éventualités. Et je suis sûre que c’est libérateur pour eux, comme de tourner très vite sur soi-même et de se laisser tomber par terre. Mais pas pour moi. Mon imprudence était une démonstration de contrôle. Je tournais sur moi-même pour prouver que je pouvais marcher droit juste après.

les-réponses-elizabeth-littleUn thème revisité !

Une riche héritière condamnée pour le meurtre de sa mère, après une altercation à laquelle le personnel de maison a pu assister, finit par sortir de prison après dix années d’incarcération. Le laboratoire s’occupant du traitement des pièces  à conviction ayant brûlé lors du réexamen du dossier lorsqu’il s’est avéré que certaines ont été trafiquées. Ce scénario vous semble peut être déjà connu et pâlichon. Mais c’est sans compter sur les éditions Sonatine qui débusquent de nombreuses perles polar. C’est justement cette intrigue qui m’a particulièrement incité à le lire car j’attendais alors d’être surprise !

 Élizabeth Little revisite le thème de l’héritier assassin de façon contemporaine, que ce soit dans la forme – par l’incursion sans être abusive de rapports, SMS, courriels – ou dans le fonds et joue habilement sur la fascination parfois méprisante que peut inspirer  les jet-setters « au commun des mortels « . Car Janie Jenkins vous rappellera ces jeunes femmes plus connues pour leurs arbres généalogiques que pour leurs faits d’armes personnels (autres que sensationnels comme une sextape et des beuveries).  Mais si elle vous semblera familière, la verve gouailleuse et cynique qu’Elizabeth lui attribue, nous révèle un personnage bien plus profond et réfléchi que ce que les média peuvent nous donner à penser. Ce portrait caustique de la célébrité est aussi celui de ces faiseurs d’actualité qui construisent et façonnent à leur convenance même dans les circonstances  les plus tragiques.

Un personnage en quête de vérité

Détestée, haïe par certains, faisant même l’objet d’un acharnement particulier de la part d’un certain blogueur Trace, Janie Jenkins est, coupable ou non, victime d’un véritable lynchage médiatique. Un double monstrueux se dresse donc sur le chemin de la réhabilitation et sur sa quête des réponses. Condamnée à cause d’une unique phrase, des traces de sang présentes sur elle lorsqu’elle découvrit sa mère et sa forte alcolémie qui effaça ce soir là toute sa mémoire, Janie Jenkins bénéficie de notre bienveillance malgré tout. Ado insupportable lors du meurtre de sa mère, c’est désormais une jeune femme brisée par des années d’incertitude quant à sa culpabilité qui veut faire face à son passé.  Ce qui est l’évidence n’est pourtant pas aisé, car lorsque l’on a défrayé la chronique des journaux avec un meurtre à sensation, il faut réussir tout d’abord à brouiller les pistes et littéralement disparaître. Janie devient alors Rebecca Parker, une étudiante en histoire qui va suivre un mince indice connu de Janie seule pour essayer de découvrir la vérité.

Une intrigue policière en second-plan

 Si ce premier roman est somme toute prometteur, il possède quelques faiblesses, notamment celle de l’intrigue policière (sic). Dès la connaissance de la première enquête, on a envie de dénoncer ce mauvais procès, dû à un travail bâclé. Or cette enquête sur sa culpabilité devient avant tout pour Jenkins une enquête sur ses origines et le passé finalement inconnu de sa mère, qu’elle redécouvre, une femme à l’opposé du personnage mondain auquel Janie l’a finalement résumé. Nous sommes portés au cœur de relations complexes et antagonistes au sein de ce duo et de la famille maternelle. Très très loin donc des irrégularités qui nous sont montrées et qui demeurent inexploitées.
Car c’est d’abord la trame sociétale qui se développe au détriment de l’intrigue qui finalement est prétexte à un roman de l’introspection et de l’initiation. Aussi le rythme plus lent, centré sur les personnages, peut déstabiliser certains lecteurs, car avec une lecture « polar » en tête, nous ne pouvons qu’être confus par la présence de certains personnages qui paraissent alors plus accessoires, mais qui prennent tout leur sens dans une peinture de la vie moderne d’une it-girl et de sa saga familiale. On peut donc qualifier Les Réponses plutôt de thriller psychologique que de polar noir, autant donc le savoir. Il n’en demeure pas moins vrai que la force de ce roman réside dans la construction du personnage de Jenkins, que l’on ne peut parvenir à désavouer, et dont l’esprit cynique et caustique donne toute sa pâte à l’ensemble du roman. Elizabeth Litlle est à suivre, ce premier opus est aussi agréable à lire que décevant sur certains aspects comme le rythme ou la profondeur de l’intrigue mais il montre un potentiel très intéressant de ce nouvel auteur !

Les Réponses
Elizabeth Little
Editions Sonatine
432 pages. 21€. ISBN : : 978-2-35584-320-4

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Le bestiaire de l’Olympe

le bestiaire de l'olympeVous recherchiez un bel ouvrage pour vous plonger avec délice dans la mythologie grecque, ou encore faire découvrir à Mini-vous quelques-unes de ces histoires légendaires, voilà un beau livre qui saura vous charmer. Beau livre, il l’est grâce aux illustrations brunes et ocres de Nancy Pena, qui depuis s’est consacré à un second projet mythologique avec Blandine le Callet – illustrer en bande dessinée la terrible et fascinante histoire de Médée. Elle a su habilement mêlée iconographie grecque et exécution personnelle
L’originalité du Bestiaire, c’est que loin de feuilleter les histoires, mythe après mythe, il s’agit de les revisiter à travers ces entrées étiologiques, expliquant ainsi l’apparition des Centaures, le Minotaure, la légende à l’origine du lion roi des animaux, et non en suivant l’entrée traditionnelle par personnages : ainsi croise-t-on Ixion à l’entrée « Centaures ».
Cette ronde à travers ce mythique patrimoine grec est l’occasion de redécouvrir créatures étranges et bêtes fantastiques qui hantent les contes et légendes grecs à travers une narration vivante et fluide, mais une foule de petits bêtes que nous côtoyons bien innocemment, comme le corbeau, la belette, la fourmi. Ce bestiaire méconnu nous est à nouveau révélé, mis sous une autre lumière, il complète ces histoires que nous connaissons parfois plus mal que nous le pensons, car si la plupart connaissent le châtiment de Sisyphe, savons-nous cependant pourquoi il est ici associé aux fourmis ?

Votre curiosité est piquée ? Feuilletez de courts extraits sur le site des éditions Milan 

Un documentaire accessible dès 8 ans !

Le Bestiaire de L’Olympe
Editions Milan.
Anne Jonas, Nancy Pena
126 pages. 17,90€. ISBN : 978-2745953421

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