Auteur : admin

Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? de Susin Nielsen.

george-clooney-susin-nielsen-divorceViolette Gustafson est une adolescente de treize ans qui s’est juré qu’il ne fallait pas qu’elle tombe amoureuse, même pas de Jean-Paul, ce nouvel élève francophone pas si mal du tout … Pour elle, l’amour est synonyme de cata depuis que ses parents sont séparés. Son père, désormais installé à Los Angeles, vit avec Jennica, sa nouvelle compagne un brin bimbo, et leur jumelles. Violette est, elle, restée avec sa mère Ingrid et sa petite soeur, Rosie à Vancouver.
Les femmes Gustafson ont leurs petits rituels, notamment celui de se retrouver tous les vendredis soir autour d’un DVD .. Mais ce soir finalement, Ingrid a un rendez-vous galant. Pour Violette, ce jour marque le début de tout un plan d’attaque visant à caser sa mère avec un homme qui la mériterait ! Car selon Violette, aucun des prétendants de sa mère n’est à la hauteur, tantôt alcoolique, tantôt allergique aux enfants, tantôt juste inintéressant …
Elle a du mal à comprendre d’ailleurs que sa mère tienne tant à retrouver un homme dans sa vie et enchaîne ainsi les rencarts malheureux, sous les bons (?)  conseils de son amie Karen.
Notre jeune héroïne n’hésitera pas alors à enquêter sur le nouvel amoureux de sa mère, Dudley « la saucisse » Wiener, entourée de Phoebe, sa fidèle amie, et de Jean-Paul . Mais ce n’est pas tout, l’adolescente à la forte tête, pense trouver la solution en écrivant à George Clooney. En effet, coiffeuse sur les plateaux de cinéma, sa maman le rencontra quelques années auparavant …  Cette aventure ne sera pas sans repos, car en plus de protéger sa mère, Violette doit faire face aux petits tracas et bobos de la vie d’une collégienne.

Ce roman drôle et tendre à la fois aborde le sujet déjà souvent traité du divorce et de la famille recomposée mais avec beaucoup de délicatesse, grâce notamment à son espiègle héroïne écorchée vive et truculente à souhait. Les scènes parfois loufoques sont également pleines de profondeur sur les interrogations de cette jeune fille, qui doit faire le deuil de la séparation de ses parents et accepter l’arrivée de sa belle-mère et de ses deux demies-soeurs. Cette quête d’un nouvel équilibre permet également à Violette de mieux comprendre les rapports complexes des adultes et que la relation de ses parents n’était peut-être pas aussi idyllique que ce qu’elle imaginait … Un joli roman jeunesse, au rythme trépidant, que l’on croque d’un trait !

Dear George Clooney.
Susin Nielsen.
Editions Hélium.
194 pages. 13,90€. ISBN : 978-2-358-51079-0

A voir !

La présentation du roman dans l’émission de Denis Cheissoux, L’as-tu lu mon p’tit loup ?
Le site de Susin Nielsen
Le site des éditions Hélium

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Une Seconde vie de Dermot Bolger

J’avais grandi dans un monde où la respectabilité était l’objet d’un culte général. Ivrognerie, violence domestique, n’importe quel péché était accepté, à condition de rester caché. Les couvents et les asiles étaient des lieux indispensables où ce qui pouvait salir la respectabilité était dissimulé ; des lieux dont on faisait semblant de penser qu’ils n’existaient pas, et non où on pouvait entrer et affronter les choses. Quand j’étais enfant, la grande peur de ma mère adoptive n’était pas la misère, mais la perte de respectabilité.

Une Seconde vie de Dermot BolgerDublin, de nos jours. Sean Blake, photographe à la quarantaine fringante, époux et père de deux jeunes enfants, est victime d’un accident de la route. Alors qu’il est cliniquement mort, il survole la scène et croise d’étranges visages qui lui sont inconnus.  En Angleterre, au même moment, Elizaberth, une femme d’une soixantaine d’années, habituée à parcourir les rues à la recherche de son fils perdu, s’écrit que celui-ci, Francis, a eu un accident. Elle avait 19 ans lorsqu’elle fut contrainte de l’abandonner aux bons soins des soeurs Magda (Marie-Madeleine en anglais) et ainsi de s’offrir une seconde vie …

Dans ce récit croisé, Dermot Bolger explore la question plus que douloureuse des adoptions forcées en Irlande, au nom de la morale, des enfants enlevés à leurs mères jugées « pêcheresses », souvent de jeunes filles, des mères célibataires, qui au lieu d’être assistées furent souvent exploitées puis renvoyées une fois l’accouchement et l’adoption réalisés. Ces abandons forcés furent si nombreux  que cette pandémie est devenue un « tabou collectif » dans la société irlandaise. En 2001, le film « Magdalene sisters » de Peter Mullan mit un pavé dans la mare en dépeingnant la vie dans ces couvents de charité, inspirés du « Rescue movement » du XIXe siècle. Ces institutions de charité, qui devaient être des lieux de passage pour leur permettre d’accoucher, furent plutôt des « prisons » pour jeunes femmes, orphelines ou mises au ban de leur famille, qui durent travailler à la rémission de leur pêchés en les lavant symboliquement en réalisant de nombreux travaux de blanchisserie. Elles bénéficièrent d’une notoriété certaine jusqu’aux années cinquante.

Une première version de ce roman fut éditée en 1993, sous le titre « Le ventre de l’ange », mais Dermot Bolger préfèra le retirer de la vente, afin que de peaufiner et de perfectionner ce texte qui ne le satisfaisait pas. Ainsi expurgé et remodelé, Une seconde vie, demeure un roman fort et percutant, sur la quête de l’identité et la maternité : peut-on croître sans connaître se racines ? Est-on, naît-on déjà mère avant de le devenir ? Qu’est-ce que la paternité et la maternité, au-delà de la simple conception ? Quels liens puissants et invisibles relie une mère à son enfant ? Le passé de Sean se confond avec celle de sa nation, elle aussi blessée, meurtrie comme ces liens familiaux brisés. Dermot Bolger, romancier, poète et dramaturge, s’attelle comme nombre d’écrivains irlandais à dépeindre un portrait réaliste de son pays, loin des images évanescentes et romantiques, avec une approche passionnée mais néanmoins critique. Un livre fort, beau et bouleversant.

Une seconde vie
Dermot Bolger
Editions Joëlle Losfeld.
256 p. 21€. ISBN : 978-2-07-244985-7

A voir !

Le site des Editions Joëlle Losfeld

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Contes d’Indonésie : les aventures de Kanchil

Contes d'Indonésie : les aventures de KanchilSavez-vous ce qu’est un kanchil ?

Il s’agit d’un petit cerf, gracile aux fins pattes agiles,  pas plus grand de 45 cm qui vit en Malaisie. Il a pour habitude d’échapper à ses poursuivants, en se projetant de branche en branche, jusqu’à ce qu’il soit hors de danger. Cette stratégie imparable lui a donné la réputation d’être un animal malin.

Ce personnage phare du conte et du théâtre d’ombres indonésien, est au coeur, de cet album, qui rassemble là trois histoires inspirées des légendes autour du Kanchil. Il faut savoir que dans celles-ci, il tourne souvent en dérision les animaux plus forts que lui, qui semblent alors plus « patauds » dans leur raisonnement … Ainsi donc malmène-t-il le tigre et le crocodile, réussiront-ils à avoir enfin le dernier mot face à l’espiègle animal ?

Christine Féret-Fleury et Geneviève Lecourtier présentent dans ce bel album exotique quatre contes indonésiens : les Friandises du Rajah, le Kanchil et le crocodile, Pauvre crocodile ! , la Fiancée du tigre.  Dans chacune de ces histoires, nous retrouvons ce drôle de petit personnage, spécialiste des coups pendables, usant et abusant de sa malice, pour ridiculiser plus fort que lui, mais finira-t-il également par être  victime à son tour de ses proies favorites ? Les illustrations de Charlotte Gastaut sont tout en finesse et offre un écrin magnifique à ses histoires d’ailleurs. Les personnages ainsi que les décors semblent finement ciselés et retranscrivent à merveille l’univers asiatique. Elle travaille par ailleurs les éditions Chan-OK spécialisé dans la littérature de jeunesse coréenne.

Contes d’Indonésie : les aventures de Kanchil.
Christine Féret-Fleury, Geneviève Lecourtier, Charlotte Gastaut
Editions Le Père Castor. Collection « Les albums du Père Castor ».
44 pages. 15€. ISBN : 9782081630956

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Veuf, de Jean-Louis Fournier.

Cette année, très peu m’ont souhaité bonne année ou bon Noël.
C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.
Je ne comprends pas. C’est justement quand on a eu un grand malheur qu’on a besoin de vœux de bonheur, ceux qui sont déjà heureux n’en ont pas besoin. Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.

veuf fournierLe sites Après le bouleversant Où on va papa, Jean-Louis Fournier, ancien compère de Pierre Desproges, nous livre un nouveau livre très personnel, dans lequel il évoque avec émotion, son récent veuvage, mais surtout l’amour bâti avec sa compagne, Sylvie, durant près de quarante années.

Que faire lorsque l’autre part ainsi, si subitement ? Jean-Louis Fournier se balade avec son épouse, lorsque celle-ci s’effondre. Malgré les soins qui lui sont prodigués, la médecine est incapable de la ramener à la vie. Ainsi devient Jean-Louis Fournier veuf. Comment appréhender ainsi ce nouvel état de vie ? Que faire de ce livre entamé qui aurait été fini si elle avait été  encore là ? Et ce chapeau ? Et son numéro dans le portable ? Autant d’objets du quotidien ou de symboles personnels qui hantent le logis.

Dans ce court ouvrage, Jean-Louis Fournier mêle émotions, réflexions et humour dans un vibrant hommage rendu à celle qui est partie trop vite. Sans pathos, avec une dose d’ironie nécessaire à la survie et à la prise de distance, il croque des situations que nous connaissons tous (la gêne amicale, la compassion surjouée …) tout en pudeur. Tout comme André Gorz dans Lettre à D., l’on touche du doigt le mystère de l’amour vrai et profond écrits dans des mots magnifiques.

Veuf
Jean-Louis Fournier.
Editions Stock.
156 pages. 15,75€. ISBN : 978-2-234-07089-9

A voir !

Les éditions Stock

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Une collection très particulière, Bernard Quiriny.

Le présent contiendrait tout. Venus de partout, allant partout et sachant tout de l’univers et du futur, nous serions comme des dieux, perplexes et désespérés à l’idée qu’il ne resterait rien à découvrir, ni demain ni jamais.

Une_Collection_Tres_Particulière_QuirinyAttention objet littéraire non identifié mais plein d’esprit et cocasse en vue ! Fâché avec les nouvelles ? Il se pourrait bien que vous vous réconciliez avec ce genre ingrat car très exigeant et bien trop souvent maltraité. Mais est-ce réellement un recueil de nouvelles ? C’est à la fois cela et bien plus encore. C’est un jeu. Oui, oui un jeu, dans le lecteur s’amuse et que Bernard Quiriny a certainement pris un plaisir malin et facétieux à écrire !

Dans cette collection très particulière, vous suivez un ensemble de perles, certaines vous plongeant dans l’univers des livres, d’autres vous transportant dans une dizaine de villes imaginaires et fantaisistes, et encore d’autres dans un monde différent, celui dans lequel nos plus folles utopies se réalisent … De perles en perles, les récits s’enchâssent, s’intercalent en une jolie cadence et gardent une continuité dans la loufoquerie, grâce notamment à deux personnages, Pierre Gould, le dandy bibliophile qui sévissait déjà dans son premier opus, étrange avatar de son auteur, et le narrateur, notre part naïve et curieuse, qui découvre l’étonnante bibliothèque de cet étonnant érudit d’un autre temps. Car il s’agit de livres, mais pas seulement … décidément tout cela semble bien compliqué, et pourtant non !

Essayez d’imaginer donc ce que peut-être un livre gigogne (un peu comme celui-ci d’ailleurs), ou un livre très ennuyeux (ah ce cas-là malheureusement nous en avons tous croisé). Quiriny transcende cela, sous sa plume les livres les plus ennuyeux revêtent une parure inconnue et satirique, certains ayant même presque tué leurs auteurs, ou comme cet auteur de L’oeuf, monument de 1200 pages, décrivant un œuf, qui bien qu’ennuyé à l’écrire fut encore plus ennuyé de le relire … D’autres livres improbables hantent également ces pages, comme ceux, qui se perfectionnent au fil du temps, perdant chaque mot superflu, s’affinant comme le bon vin, ceux qui ne peuvent être lu que bien habillé …  Croisez également les habitants de Livoni et leur volcan, ceux encore de cette ville, dans laquelle on ne vit qu’un jour sur deux … Et que se passerait-il si tout à chacun pouvait changer de nom comme il le souhaitait, échangeait son corps en faisant l’amour ou ressuscitait pour de bon ?

Bienvenue dans un cabinet de curiosités farfelu et plein de charme, dont le pouvoir imaginatif n’est pas sans rappeler d’autres monstres de la littérature comme Italo Calvino. Mais quoiqu’il en soit, nul besoin de porter un smoking, pour dévorer ou savourer comme un bonbon cette étrange collection, qui restera bien dans votre mémoire !

Une collection très particulière
Bernard Quiriny.
Editions du Seuil. Collection « Cadre rouge ».
184 pages. 14,20€. ISBN : 978-2-02-104695-3

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La Maison des célibataires de Jorn Riel

On racontait qu’elle avait tué son mari, qu’elle l’avait tabassé à mort parce qu’il avait essayé de faire une fugue juqu’à Julianehab. Mais personne ne savait au juste ce qui s’était passé, vu que quand le curé était arrivé, le bonhomme était déjà mort et enterré depuis six bons mois.

la maison des célibataires de jorn rielBienvenue au Groënland ! Avec ce racontar ! Comprenez une petite histoire drôle et forcément rafraîchissante par son issue et sa morale !
Au coeur des fjørds, Kernatoq – dit « Le noir » car il travaille sur un bateau à charbon et ne se lave jamais – partage avec quelques-uns de ses amis, plus nonchalants, une vieille batisse abandonnée. Par un bel après-midi d’été, chacun dévisse joyeusement, jusqu’au moment où Moses, le plus âgé de tous, s’inquiète de leur futur : et si à l’avenir, leur santé ne leur permettait pas de profiter de cette demeure tant convoitée, au point qu’ils soient relégués dans une maison de retraite ? Kernatoq, secoué par cette idée, réfléchit à un plan … Et si leur salut venait de la veuve Bandita, qui possède un immense troupeau de moutons, et de non moins impressionnant biceps et tempérament de feu ?

Comme Jørn Riel, l’explique lui-même, un racontar c’est une vraie qui pourrait passer pour un mensonge … Ces courts récits lui ont été  inspirés par les chasseurs groënlandais, car il appartient à cette veine d’écrivain-voyageur. Ethnographe et esquimaulogue, il passa près de seize de sa vie sur l’île du Groënland, alors colonie danoise, avant de migrer pour les terres plus chaudes de Kuala Lampur. Passionné par les hommes, ces racontars au charme suranné sont de petits bijoux de fantaisie à découvrir.

A voir !

Le site des editions Gaïa

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Je t’aime tous les jours de Malika Doray

Mon petit amour, je t’aime tous les jours.
Même ceux où je pars, car je reviens toujours.

je t'aime tous les jours mailla dorayUne maman part en voyage, ou au travail, ou on ne sait où … Mais son petit loulou est rassuré par ses bisous et quelques cailloux.
Voilà un petit album joyeux comme sait en tricoter Malika Doray, auteur également de « Il faut savoir dire non » et « Un ballon pour ». Dans cet opus, nous retrouvons cette famille de lapins si chère à Malika Doray. Une longue absence est en perspective, comment faire pour la surmonter ? Et surtout rassurer le tout-petit qui peut craindre l’abandon …
Avec quelques astuces, un dessin pour maman et surtout des cailloux pour compter les jours qui passent, les retrouvailles ne tardent pas et l’attente se fait plus douce, au son de « Mon petit amour, je t’aime tous les jours. Même ceux où je pars, car je reviens toujours.  »

Un joli album, aux couleurs simples et aux silhouettes franches, format calendrier pour aussi tourner les pages chaque jour qui passe.

Je t’aime tous les jours.
Malika Doray.
Editions Didier Jeunesse.
24 pages. 12,10€. ISBN : 9782278056620

A voir !

Les éditions Didier jeunesse

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