Trois bandes dessinées aux univers totalement différents, voici ce que je vous propose de découvrir aujourd’hui.

broderiesTout d’abord, Broderies, de Marjanne Satrapi, que l’on présente plus, depuis l’adaptation cinématographique de son premier opus, Persépolis. Sur le thème de « Samovar et confidences », trois générations de femmes iraniennes se retrouvent, alors que les hommes font la sieste, pour « ventiler leur coeur », c’est-à-dire, discuter ! et de préférence … de leur vie amoureuse. Séduction, mariage, sexualité, mariage forcé, duperie et déception … toutes les anecdotes sont emplies d’humour, un tantinet impertinentes, parfois cinglantes, ces femmes malmènent la gent masculine, mais juste ce qu’il faut pour vous donner le sourire aux lèvres – hommes et femmes – et réaliser un portait étonnant de ces femmes iraniennes, qui maintiennent leur volonté d’indépendance, et mènent à leur façon leur résistance.

Le graphisme reprend celui de Persépolis, dans une forme plus libre, puisque la particularité de ce one-shot est qu’il n’y a pas de case ! A découvrir …

Broderies,
L’Association. Collection « Côtellette »
136 pages. 15€. ISBN : 2-84414-095-5

La Boucherie vous offre un tout autre style ! L’action se passe au coeur d’un village insulaire, où la vie s’écoule doucement. On y découvre Madame Lenoir, veuve habituée du Penalty, qui manque chaque jour de se faire renverser par un jeune cycliste téméraire (qui rira bien, rira le dernier … ) ; l’instituteur en « chômage technique », la moyenne d’âge de l’île étant guère celle d’une classe primaire ; Lili, la femme du Boucher, douce et aimante ; le Boucher, également médecin à ses heures, dépressif car quelque peu las des gastroentérites et autres petites infections banales qui n’apportent pas de piment particulier au quotidien.
Le coup de crayon de Thibault Poursin rappelle celui de Sempé, l’illustre papa du Petit Nicolas. Les personnages sont croqués avec beaucoup d’affection pour leurs petits travers et n’en demeure pas moins attachants : que ce soit Madame Lenoir, toujours pleine d’attention pour son mari René ou le Boucher, austère et un brin bougon. Le sourire et le rire est au rendez-vous dans cette bande dessinée sans prétention, mais véritablement réussie.

La Boucherie
Dauvillier & Poursin
Editions Les Enfants Rouges
128 pages. 13,50€. ISBN :  978-2-35419-005-7

 

Enfin je vous invite à découvrir un manhwa (man-houa), une bande dessinée coréenne. Son auteur (ou manhwaga) est Kim Dong Hwa, excelle dans ce genre qui s’attache avant tout à l’expression poétique et au lyrisme. La Bicyclette Rouge est donc une chronique de la vie quotidienne comme le veut ce genre, éloigné du manga. Ici point de super-héros aux super-pouvoirs fantastiques, mais un facteur. Car la bicyclette rouge, c’est la sienne, celle avec laquelle il sillonne le village de Yahwari et ses alentours, aux noms évocateurs « La maison blanche du chemin bordé de peupliers », « La maison de la mamie aux gros mots »… Sous un trait naïf, King Dong Hwa dépeint de manière charmante ce village coréen, où les habitants se livrent généreusement et vivent en harmonie. La nostalgie est en filigrane: celle d’un temps où le courrier était avant tout un cadeau d’un être aimé, ami ou parent, plutôt qu’une somme de factures ; et où les contacts avaient avant tout le charme et la chaleur de la plume plutôt que la voix du téléphone portable. Le genre du manhwa change radicalement de notre bande dessinée occidentale, ou de ce que nous connaissons du manga … Une découverte plaisante et rafraîchissante.

 

La Bicyclette Rouge
Dong Hwa KIM
Editions du Paquet
9.95€ chaque volume.

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