Le printemps des arabes, c’est l’histoire de ces hommes et de ces femmes qui se sont levés pour reprendre en main leur destin. La liberté se mérite chaque jour, et la démocratie est trop humaine pour ne pas être fragile. N’oublions pas cette leçon qui nous vient du sud de la Méditerranée.

le printemps des arabes

En 2011, les pays arabes sont secoués par des révoltes sans précédents qui donneront lieu à la chute de certains de ses chefs politiques comme Ben Ali, Moubarak ou encore Khadafi.

Tout débute à Sidi Bouzid le 17 décembre 2010, lorsque la police saisit la marchandise de Mohammed Bouazizi, vendeur ambulant qui n’a pas de patente. Il ne pourra jamais la récupérer malgré ses efforts pour obtenir cette patente. Il est hors réseaux. Révolté par le système politique inégalitaire marqué par la corruption et le népotisme, il s’immole devant la Préfecture.
Cette immolation sera un choc pur la jeunesse tunisienne et marque le début de la « Révolution de Jasmin », 28 jours, qui aboutirent au départ de Ben Ali, en place depuis 1987.

Ce sont ces prémisses tragiques qui ouvre le printemps des Arabes. Car l’embrasement se poursuit dans l’ensemble des pays du monde arabe : Maroc, Libye, Egypte, Syrie, Israël, mais aussi Arabie Saoudite, Yémen et Bahrein.

Cette bande dessinée documentaire passionnante est l’oeuvre du tandem Jean-Pierre Filiu et Cyrille Pomès. Jean-Pierre Filiu est historien, spécialiste du monde arabe et de l’islam contemporain, son parcours de recherches et de consultants est impressionnant. Cyrille Pomès est quant à lui dessinateur de bandes dessinées, il avait précédemment réalisé Sorties de route notamment. leur travail conjugue didactisme, grâce à l’écriture synthétique et précise de Jean-Pierre Filiu et le découpage en « chapitres », et l’émotion à travers le travail iconographique de Cyrille pommes, dont les portraits sont affûtés, saillants, chaque pays ayant sa propre palette de couleurs avec l’ocre pour fil rouge.

Bien entendu, il est complexe et irréaliste de représenter l’ensemble du printemps des arabes en une centaine de pages. N’y recherchez donc pas un compendium, mais voyez y un livre-hommage très complet sur les évènements les plus marquants, et d’autres plus méconnus. Une bande-dessinée qui se lit comme un livre d’histoire, ou un livre d’histoire mis en bande dessinée, avec cette force et cette volonté de donner envie d’approfondir et de comprendre plus encore ce qui s’est passé en 2010-2011, et ce qui les enjeux à l’oeuvre désormais.

Nous croisons des vies malmenées, en danger, sacrifiées mais dignes et glorieuses, des destins pourrait-on penser, mais il s’agit de gens comme vous et moi, qui ont décidé de dire « stop », par des actes forts humainement mais tellement ténus à la fois : manifestants, habitants de petites villes, jeune femme  et journaliste comme Tawakul Karman (prix nobel de la paix en 2011), victimes de la répression comme Hamza Al Khatib, jeune garçon de 13 ans battu à mort, le pacifiste Ghyath Matar qui prône la non-violence en Syrie et sa compatriote Fadwa Suleiman, Mahdi Zeyo, un père de famille, qui fera exploser son véhicule dans un avant-poste khadafiste, ils sont nombreux à s’incarner dans le récit et sous les traits du crayon. C’est un album dense et émotionnellement très fort, il faut prendre le temps de le lire, vous ne pourrez pas faire autrement.

le printemps des arabes
© Futuropolis

le printemps des arabes
© Futuropolis
 

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  • zeb

    J’en ai déjà entendu parler. A chaque fois que du positif. Il faut vraiment que je me lance dans cette lecture.

    • C’est une très belle et très forte lecture, à faire petit à petit, et certainement une des meilleures bd documentaires que j’ai lu. J’espère qu’elle vous plaira et n’hésitez pas à revenir partager votre avis après 🙂