les carnets de lily bLily Blachon. 15 ans. Une cicatrice-souvenir d’un fer à repasser – un accident je vous rassure – sur la tempe. Une amie lui fait clairement savoir qu’elle ne pourrait pas vivre avec ça. Un ça cruel et glacial qui brûle une deuxième fois Lily, rompt leur amitié et marque le début d’une adolescence remplie de questions.  « Avant je ne pensais pas. Maintenant je pense tout le temps. Je n’arrête pas de penser. A la vie? A la mort. A l’amour. Aux pauvres. Aux riches. Au chômage. Au racisme. A la maladie. A la guerre. A Dieu. A mon avenir. A la cicatrice en forme de trèfle tatouée sur ma tempe gauche. »  Survient le chômage. Ses deux parents se retrouvent tour à tour licenciés à 15 jours d’intervalle. Pour elle cela marque le début d’une nouvelle ère à la maison : non seulement cela a des répercussions sur leur quotidien, mais cette épreuve est l’occasion pour l’adolescente de découvrir les deux personnalités différentes de ses deux parents. Marie, sa mère combattive-hyperactive, cherche à retrouver l’univers de la mode qu’elle a quitté, et Bernard, son père plus nonchalant, rechigne à suivre les conseils de son épouse. Maintenant il n’y a plus d’ambiance. Seulement la télé. Dans ces bouleversements, deux points fixes se détachent : Maxime, le petit frère amoureux et sensible, ainsi que Luce, la marraine trentenaire et célibataire, à laquelle Lily aimerait ressembler. Leur univers explose encore un peu plus, lorsque Marie et Bernard décident de se séparer, mais leur manque de revenus ne leur permettant pas de s’installer, décident de cohabiter. Une drôle d’atmosphère règne dès lors au domicile familial. Mais la vie réserve encore quelques surprises à Lily, qui découvre au hasard  d’une journée cataclysmique que sa mère a déjà un nouvel amoureux, son père a une aventure avec Luce, tandis que de son côté, elle rencontre le jeune Léon Lundi, affligé d’un drôle de nom et d’une drôle de cicatrice. Tu sens la myrtille. J’ai toujours pensé que j’aimerais une fille qui sent la myrtille. Les coups du sort et du coeur se multiplient : monsieur Turpin,  le seul adulte et professeur qui la comprenne, s’efface à la perte de son fils alors que Florian, élève atypique et ami effacé, stabilise la jeune femme. Un week-end changera tout : par défi, elle décide de s’enfermer dans son lycée pour affiner un roman, dont l’héroïne lui ressemble étrangement. Elle est vraiment pas nette ton héroïne. Où vas-tu chercher ça ? Ca n’existe pas, les filles comme ça.

Ce premier tome nous plonge dans l’intimité de cette jeune Lily, par ce récit à la première personne, rapide et plein de méandres à l’image de la sensibilité et proréactivité de Lily face aux différents événements qui perturbent son existence. Ces carnets séduisent par leur mise en scène : chaque chapitre débute par tune pensée particulière de Lily,  révélatrice de son état d’esprit mordantes « un service rendu reste rarement impuni », acerbes, « Avant j’étais si proche de mes parents, maintenant je suis une étrangère. Ils ne me connaissent pas ». parfois drôles et distanciées, « Dieu est humour »« Il ne faut jamais exagérer l’importance qu’on a pour les autres ». Parsemés de nombreux discours indirect, l’ensemble se rehausse d’une touche théâtrale souvent comique, lors de conversations assez profondes et décisives, d’autant plus qu’il s’agit avant tout des conversations entre les parents.
Concernant le contenu, il reflète avec justesse les préoccupations d’une jeune fille de 15 ans et de nombreuses lectrices devraient s’y retrouver. Cependant un petit bémol sur la succession d’évènements les derniers chapitres : le déluge de catastrophes et de bonnes nouvelles est peut-être un peu trop conséquent. Mais Lily demeure une adolescente attachante, grave mais qui se révèle un peu fofolle lorsqu’elle est heureuse.

Les Carnets de Lily B.
Véronique M.Le Normand
Editions Thierry Magnier
Niveau 3e et plus.
175 pages. 7.50€. ISBN :  2-84420-424-4

A voir !
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le site des éditions Thierry Magnier

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