J aime tellement cette capacité des enfants à se protéger du malheur par le fantasme. Après, on ne sait plus très bien comment se protéger, on prend l’eau de toutes parts.

les souenirsUn grand-père vient de mourir. Son petit-fils se souvient de ses promenades au Jardin du Luxembourg pour aller voir Guignol en sa compagnie. Il se souvient et s’aperçoit qu’il avait encore tant de choses à dire à ce grand-père, à quel point il l’aimait, et qu’insensiblement le temps faisant son ouvrage, il s’était éloigné, bien involontairement, n’avait pu appeler ou le voir aussi souvent qu’il l’aurait voulu. Ce petit-fils, c’est le narrateur, ombre parcellaire de l’auteur. Un jeune homme qui rêve d’écrire son grand roman et qui pour cela s’organise et se met à travailler de nuit dans un hôtel, un revenu et du temps pour écrire …

Avec ce décès, les enfants s’interrogent et finissent par convaincre l’énergique et très volontaire grand-mère du narrateur de rentrer en maison de retraite. Après tout, on ne sait jamais, si un incident arrivait ? …  Dès lors, les visites vont se multiplier pour se déculpabiliser de cet arrachement. Les premiers à la tête de cette troupe étant son petit-fils, et son fils. Le premier souhaitant combler de joie cette grand-mère vivante et gaie laissée dans un mouroir, le second pour se déculpabiliser de cet arrachement et de la vente secrète de son appartement … jusqu’au moment où la vieille dame apprend  cette vente fatidique  : c’en est alors fini des petits objets du quotidien qui rappelaient les petits et grands souvenirs de la vie passée … Le petit-fils qui s’était promis d’être présent à tout moment auprès de sa grand-mère et de ne pas répéter les mêmes impairs qu’avec son grand-père, assistant à  son désarroi comprend bien vite lorsque l’on annonce sa disparition, qu’elle a fugué.
Et où partir lorsqu’il nous reste plus aucun attachement matériel, ni lieu de résidence, sinon dans ses souvenirs et les meilleurs … Il part alors à la recherche de sa grand-mère sur les chemins de son passé.

Dans ce nouvel opus, David Foenkinos nous entraîne dans une valse de souvenirs, illustrant  tour à tour de façon méditative et concrète les questionnements liés à la vieillesse, à la vie d’un couple de sa formation à sa séparation, la parentalité,tout cela dominé par la mémoire et les souvenirs. C’est toujours avec une grande délicatesse, une plume légère mais aussi sérieuse qu’il aborde finement ces thèmes universels à travers cette histoire palpitante et réjouissante.

A voir !

Sur le site de éditions Gallimard
Sur le site de l’émission La Grande Librairie.

Les Souvenirs.
David Foenkinos.
Editions Gallimard. Collection Blanche.
272 pages. 18,50. ISBN : 978-2-07-013459-5

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