car, mon cher Baobab, ces hommes qui vont en Europe, nom d’un porc-épic, deviennent si bornés qu’ils estiment que les histoires de doubles n’existent que dans les romans africains, et ça les amuse plutôt que de les inciter à la réflexion, ils préfèrent raisonner sous la protection de la science des blancs, et ils ont appris des raisonnements qui leur font dire que chaque phénomène a une explication scientifique

mémoires de porc épicMabanckou adopte et détourne avec amusement les formes populaires de la littérature africaine : la fable et la légende. Son écriture reflète cette culture de l’oralité et des griots par le monologue rythmé du porc-épic, presque essouflé, sans autre ponctuation que la virgule, alors qu’il nous livre avec empressement son terrible secret : double « nuisible » d’un être humain nommé Kibandi, il accède à chacune de ses requêtes et s’exécute avec un amour et une fidélité incommensurables pour son maître lorsque celui-ci lui demande d’accomplir toute une série de forfaits … meurtiers.
Les récits du porc-épic rappellent aussi ce goût pour « raconter des histoires » et la littérature à laquelle il fait de nombreuses fois référence car comme il le souligne avec malice «Les êtres humains s’ennuient tellement qu’il leur faut ces romans pour s’inventer d’autres vies.» Mémoires d’un porc-épic réussit donc à nous transporter dans son univers avec un franc succès. Il a été distingué par le Prix Renaudot en 2006, un bel honneur pour cet défenseur de la littérature francophone pour qui « chaque roman est un idéal ». Prix Renaudot 2006.

Pour avoir plus d’informations sur cet auteur et son oeuvre, je vous invite à consulter son site web : http://www.alainmabanckou.com

Mémoires de Porc-épic.
Editions du Seuil.
229 pages. 16.50€. ISBN : 2020847469.

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