Communardes !

 

Cette série est un petit bonbon qui allie plaisir avec découverte !

Paris, 1871. L’armistice avec la Prusse vient d’être signée dans la Galerie des Glaces du Château de Versailles mais est violemment accueillie alors que des élections législatives sont précipitées. La défaite reste douloureuse. Le siège a été dur.  La plus grande partie des représentants élus de la capitale sont en faveur de la guerre et ne s’avouent pas vaincus. De mars à mai, la France est divisée en deux : le gouvernement Thiers à Versailles  et la Commune à Paris. C’est à cette période au souffle révolutionnaire puissant mais pourtant méconnu que Wilfrid Lupano a choisi de consacrer sa trilogie. Si des mesures emblématiques de la future République Française verront le jour quelques décennies plus tard (la séparation de l’Eglise avec l’Etat, l’instruction gratuite et obligatoire, l’amélioration des conditions de travail), la Commune est aussi le terreau fertile dans lequel s’ancre les prémices de la libération de la Femme !

Communardes : un triptyque historique original et passionnant !

Au fil des albums, vous rencontrez  en chemin :  une aristocrate russe appartenant à l’Internationale et  « envoyée » par Karl Marx, une jeune fille idéaliste qui tente de sauver les éléphants du Jardin d’acclimatation, et aussi une jeune servante et ouvrière qui prendra les barricades.

Basé sur un personnage véritable (Elizabeth Dmitrieff a réellement existé) ou sur des faits réels (les zoos et jardins de la Ville ont été mis à contribution pour nourrir la Ville affamée, enfin les aristocrates), les scénari sont le fruit d’une documentation solide sur la révolution dans la révolution. L’équilibre est à la hauteur du pari : revisiter sous l’angle des femmes cette portion d’histoire entre histoire et fiction. Malgré le réalisme de ces heures sombres, la poésie est aussi au rendez-vous. Trois dessinateurs différents ont été sollicités pour participer à cette aventure : Lucy Mazel, Anthony Jean et Xavier Fourquemin. Et si chacun possède sont propre univers, la trilogie garde une cohérence et une force très vive. L’effet est convaincant comme  le montre mes lectures à venir ci-dessous !

J’ai découvert ce scénariste avec cette trilogie et déjà j’ai inscrit sur ma PAL du même auteur : Les Vieux fourneaux, ainsi que L’Homme qui n’aimait pas les armes à feu (mon inénarrable amour pour les Etats-Unis).
Les deux séries de Xavier Fourquemin Miss Endicott (ambiance victorienne :-D) ainsi que Outlaw (que je connaissais de nom comme Les Vieux fourneaux … encore une BD western  🙂 ) s’y sont également greffés ! Les superbes illustrations de Lucy Mazel m’ont également donné envie de découvrir plus encore son univers. L’illustratrice est en pleine actualité éditoriale avec la sortie d’Edelweiss, une histoire d’amour dans l’après-guerre.  Anthony Jean a signé une version illustrée de l’Odyssée d’Homère. Cet opus rejoindra très certainement les étagères de mon aînée passionnée de mythologie.  Un coffret regroupant les trois tomes de Communardes doit être publié courant novembre !

 

Communardes !
Wilfrid Lupano
L’aristocrate fantôme (dessin Xavier Fourquemin)
Les Eléphants rouges (dessin Lucy Mazel)
Nous ne dirons rien de leurs femelles (dessin Anthony Jean)
Editions Vents d’Ouest

À voir

Editions Vents d’Ouest
Lucy Mazel, et ici aussi,  Xavier FourqueminAnthony Jean (où vous pourrez découvrir une admirable version du joker)

 

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La baleine thébaïde de Pierre Raufast

En octobre, je lus une petite annonce intrigante dans Libération, à la rubrique « recherche d’emploi » :
Elle appelle dans un sempiternel silence. Baleinier recherche matelot pour expédition scientifique dans l’océan Pacifique nord. Débutant aimant thébaïde bienvenu.
Thébaïde. Le mot me plut. « Lieu sauvage, isolé et paisible, où l’on mène une vie retirée et calme », selon le dictionnaire.
Un poème de Théophile Gautier me revint à l’esprit.

La baleine thébaïde Richeville est un jeune homme à l’homme prometteur et semble-t-il tout tracé. Tout droit sorti de l’ESSEC, il pourrait gravir l’ascenseur social aisément, mais ce n’est pas compter sur sa lucidité quant à sa fibre commerciale et son idéalisme : faire quelque chose qui change le monde. Ce tête des grandes passions et des  destins exceptionnels qui chez le jeune homme est empreinte de simplicité et de désintérêt. C’est alors qu’au détour d’une annonce et d’un entretien, il embarque sur l’Hirundo comme matelot pour une expédition scientifique. Il s’agit de localiser et d’étudier la baleine 52, une exception dans son genre : elle est ainsi baptisée car elle ne peut émette qu’à 52 herz, ce qui la rend incapable de se faire entendre de ses congénères et la condamne à une solitude irrémédiable. Richeville, timide orphelin, se sent profondément connecté à l’animal en qui il voit une sœur de solitude. Aussi il s’engage dans l’aventure mais les choses ne vont pas exactement se passer tel que prévu sur le papier ….

Quatre voix pour une histoire

Pierre Raufast signe encore un roman d’une grande inventivité. Il y a du Voltaire tant l’histoire de Richeville n’est pas sans rappeler un Candide tragi-comique. Mais bien plus encore, car après  la Fractale des raviolis et La Variante chilienne, ce troisième roman vous embarque dans une histoire initiatique mêlant sciences et poésie, humour acide et mélancolie. Quatre voix différentes vous présentent l’histoire de Richeville et de la baleine 52.

C’est un roman grave et drôle  à la fois sur la solitude, le progrès technologique et l’éthique. Un roman de société qui met vie trois grands enjeux de notre temps, ni savamment, ni pesamment, car avec Pierre Raufast, documenté ne veut jamais dire boursouflé et grave barbant. Une écriture habile et vivifiante comme il y en faudrait – beaucoup – plus !

 

La baleine thébaïde
Pierre Raufast
Editions Alma
217 pages. 18,50€. ISBN 9782362792090

À voir
Pierre Raufast
éditions Alma

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