Godard, rappelle Benjamin, dit que les Américains ont toujours aimé ce qu’il y avait de plus con chez les Français : la Tour Eiffel et Maurice Chevalier. Ce que les Américains ont aimé dans ce film, c’est le personnage du père, le râleur à moustaches qui conduit sa 2 CV pourrie à travers les routes défoncées de la campagne française. C’est exactement l’image que les Ricains se font des Français : le béret, la baguette, les moustaches, cons à bouffer du foin, sales et inaptes au cinéma. Sur ce point ils n’ont pas tort. Tu leur as donné raison.

Quiconque exerce ce métier stupide Silence un peu long sur le blog et pourtant de nombreuses lectures, mais parmi elles pas d’étincelles particulières. Cependant je vais les partager avec vous, même si habituellement je tiens à mettre en avant plutôt de gros coups de cœur.

Premier billet avec le dernier ouvrage de Christophe Donner dont j’apprécie particulièrement la plume. J’avais littéralement fondue pour son À quoi jouent les hommes, qui retrace l’histoire du pari mutualiste et sa passion pour l’hippisme transmise dès le plus jeune âge par son grand-père. Son tour de force avait été de rendre cette épopée passionnante tant le personnage de Joseph Oller était fascinant.

Dans ce nouvel opus, un autre personnage solaire se déploie au fil des pages : Jean-Pierre Rassam, producteur émérite du cinéma de la Nouvelle Vague, dont le destin est inextricablement lié à celui de Claude Berri, que sa sœur Anne-Marie Rassam a épousé, et dont la sœur (celle de Claude Berri), vit avec Maurice Pialat, vous me suivez toujours ?

Dans les coulisses de la Nouvelle Vague

Deux réalisateurs et un producteur liés par les liens familiaux et une passion à géométrie variable pour le septième art. Berri est hanté par l’œuvre autobiographique parfaite et le budget. Pialat a une ambition qui  n’a d’égale que la volonté de la réaliser . Rassam est quant à lui un électron libre, un esprit en-dehors de toute contingence qui réussira avec aisance sans avoir été formé pour ces métiers du cinéma. Trois parcours distincts, trois tempéraments qui se déchirent finalement sur fonds d’années 60 et 70. Un intervalle entre la mort de Raoul Levy et le suicide de Rassam. Une vit tonitruante et virevoltante.

A l’image d’une grande chronique du cinéma français,Christophe Donner déroule les anecdotes mais aussi une sorte d’histoire amoureuse de la Nouvelle Vague étoffée à l’excès parfois. Au gré de certains monologues ou de micro-événements, le roman me semble devenir trop bavard et nous perd. Querelles et rivalités se dévoilent, montent en puissance et impriment au roman une tension toujours plus forte, au rythme effréné de l’inextinguible et jouisseur Rassam.

Donner conserve cette plume si attrayante, mais ce microcosme fascine ou laisse indifférent, ce qui est plutôt mon cas. La rencontre n’a donc pas eu complètement lieu avec ce livre, qui n’est pas moins non dépourvu de qualités d’écriture. Une belle découverte malgré tout : la personnalité de Jean-Pierre Rassam, nabab magnifique et figure emblématique d’une période pas si dorée où tout semblait néanmoins possible.

Quiconque exerce ce métier stupide mérite ce qui lui arrive
Christophe Donner
Éditions Grasset
304 pages. 19€. ISBN : 9782246800323

À voir 
imagele site de Christophe Donner

le site des éditions Grasset

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