Catégorie : Littérature francophone

La baleine thébaïde de Pierre Raufast

En octobre, je lus une petite annonce intrigante dans Libération, à la rubrique « recherche d’emploi » :
Elle appelle dans un sempiternel silence. Baleinier recherche matelot pour expédition scientifique dans l’océan Pacifique nord. Débutant aimant thébaïde bienvenu.
Thébaïde. Le mot me plut. « Lieu sauvage, isolé et paisible, où l’on mène une vie retirée et calme », selon le dictionnaire.
Un poème de Théophile Gautier me revint à l’esprit.

La baleine thébaïde Richeville est un jeune homme à l’homme prometteur et semble-t-il tout tracé. Tout droit sorti de l’ESSEC, il pourrait gravir l’ascenseur social aisément, mais ce n’est pas compter sur sa lucidité quant à sa fibre commerciale et son idéalisme : faire quelque chose qui change le monde. Ce tête des grandes passions et des  destins exceptionnels qui chez le jeune homme est empreinte de simplicité et de désintérêt. C’est alors qu’au détour d’une annonce et d’un entretien, il embarque sur l’Hirundo comme matelot pour une expédition scientifique. Il s’agit de localiser et d’étudier la baleine 52, une exception dans son genre : elle est ainsi baptisée car elle ne peut émette qu’à 52 herz, ce qui la rend incapable de se faire entendre de ses congénères et la condamne à une solitude irrémédiable. Richeville, timide orphelin, se sent profondément connecté à l’animal en qui il voit une sœur de solitude. Aussi il s’engage dans l’aventure mais les choses ne vont pas exactement se passer tel que prévu sur le papier ….

Quatre voix pour une histoire

Pierre Raufast signe encore un roman d’une grande inventivité. Il y a du Voltaire tant l’histoire de Richeville n’est pas sans rappeler un Candide tragi-comique. Mais bien plus encore, car après  la Fractale des raviolis et La Variante chilienne, ce troisième roman vous embarque dans une histoire initiatique mêlant sciences et poésie, humour acide et mélancolie. Quatre voix différentes vous présentent l’histoire de Richeville et de la baleine 52.

C’est un roman grave et drôle  à la fois sur la solitude, le progrès technologique et l’éthique. Un roman de société qui met vie trois grands enjeux de notre temps, ni savamment, ni pesamment, car avec Pierre Raufast, documenté ne veut jamais dire boursouflé et grave barbant. Une écriture habile et vivifiante comme il y en faudrait – beaucoup – plus !

 

La baleine thébaïde
Pierre Raufast
Editions Alma
217 pages. 18,50€. ISBN 9782362792090

À voir
Pierre Raufast
éditions Alma

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Petit pays de Gaël Faye

Je pensais être exilé de mon pays. En revenant sur les traces de mon passé, j’ai compris que je l’étais de mon enfance. Ce qui me paraît bien plus cruel encore.

Petit Pays Gaël FayeUne critique de plus ? Je ne saurai dire le nombre de critiques parues sur ce petit bijou, mais si d’habitude j’affirme que ce n’est pas forcément le nombre qui font la raison, il est évident que le cas échéant, il s’agit de l’exception qui confirme la règle. Il faut lire Petit pays pour découvrir une histoire bouleversante, celle d’enfance, écrite  avec poésie, à fleur de peau, mêlant tendresse et nostalgie. Petit Pays est un texte délicat comme l’Histoire du génocide rwandais, qui enfle et prend sa place dans la vie de ce jeune garçon de 10 ans, qui rêve de devenir mécanicien pour réparer les choses.
Nous sommes de la même génération, et le génocide rwandais fait partie de mes premiers souvenirs historiques télévisuels avec la Chute du Mur de Berlin. 10 ans et un regard qui ne comprenait pas grand chose à cette histoire d’hommes, un effroi face aux images des charniers et des corps dans les fleuves. Des adultes, mais des enfants ?
C’est donc avec une émotion certaine que j’ai lu ce court roman, d’un enfant comme moi, qui vécut ces évènements. Malgré la violence des évènements dont Gaël Faye nous protège en les tenant à distance avec ce regard d’enfant, vous découvrirez un pays aux odeurs et aux goûts ensorcelants, vous associerez les bougainvilliers à son quartier à Bujumbura, les impasses aux jeux d’enfant. C’est une histoire d’enfance, vous dis-je, Un souffle de vie, malgré la noirceur des évènements auxquels sont confrontés Gabriel et sa bande de copains. Vous y trouverez donc des jeux d’enfant, des luttes de territoires à la hauteur de petit d’homme, des rires, des émois … et du chagrin aussi face à un monde qui s’efface laissant place à une incertitude et un vide. Une question bien universelle développée par un grand livre.

Petit Pays est le premier roman de Gaël Faye qui est habitué à manier la plume en tant que musicien et slammeur. Je vous laisse découvrir ses talents avec la chanson « Petit pays » tiré de son album « Pili-pili sur un croissant au beurre » (2013)

Petit pays
Gaël Faye
Editions Grasset
224 pages. 18€. ISBN 9782246857334

Les éditions Grasset
Un extrait de Petit Pays
Gaël Faye

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En attendant Bojangles

« Je n’ai jamais bien compris pourquoi, mais mon père n’appelait jamais ma mère plus de deux jours de suite par le même prénom. Même si certains prénoms la lassaient plus vite que d’autres, ma mère aimait beaucoup cette habitude et, chaque matin dans la cuisine, je la voyais observer mon père, le suivre d’un regard rieur, le nez dans son bol, ou le menton dans les mains, en attendant le verdict.

—Oh non, vous ne pouvez pas me faire ça ! Pas Renée, pas aujourd’hui ! Ce soir nous avons des gens à dîner ! S’esclaffait-elle, puis elle tournait la tête vers la glace et saluait la nouvelle Renée en grimaçant, la nouvelle Joséphine en prenant un air digne, la nouvelle Marylou en gonflant les joues. »

En attendant bojanglesElle, on ne connaîtra son prénom que tardivement. Comme on change de vêtement, elle revêt un prénom différent chaque jour. A sa demande, elle est donc  tour à tour celle qu’il lui suggère. Lui, c’est son mari, Georges. On sait juste que leur rencontre était comme une évidence. La voix qui nous parle, c’est celle de leur fils, petit et grand, entrecoupée d’extraits de carnets de son père.

Unis tous deux à Elle, perpétuel mystère de fantaisie et de joie de vivre. Ils ont pour animal de compagnie, Mademoiselle Superfétatoire, une grue cendrée sauvée d’Afrique, un drôle d’oiseau pour une drôle de dame … Tous les quatre ensemble, la vie pétille et chaque jour est une fête jusqu’au jour où le petit garçon voit son monde se bouleverser sous ses yeux, ce qui lui fait dire cette magnifique formule : « comment font donc les autres enfants pour vivre sans mes parents ? « 

De l’exubérance à la folie douce amère, En attendant Bojangles vous emporte dans une fête trépidante avec la très jazzy Nina Simone en bande-son.  Ça swingue, vous ensorcelle, vous fait rêver et vous remue les tripes, ce premier roman écrit en sept semaines engage Olivier Bourdeaut sur le chemin du très attendu deuxième roman. Un véritable talent d’écriture avec un style enchanteur, alliant les intentions, les mots et les émotions. Avec une certaine poésie drolatique et loufoque, Bourdeaut crée un univers attachant dont tout le sens révèle une magnifique pudeur et délicatesse d’écriture pour aborder cette folie douce.

Vous ne le lirez mais le dévorerez littéralement !

En attendant Bojangles
Olivier Bourdeaut
Éditions Finitude
160 pages. 15,50€. ISBN : 978-2-36339-063-9

imageA voir !

Le site des éditions Finitude

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Debout-payé, de Gauz

CULTURE ET SURGELÉS. Sur les Champs-Élysées, le Virgin Megastore se trouve au-dessus du Monoprix. Le plafond des surgelés est le plancher du rayon des livres. Le filet de cabillaud surgelé d’Alaska prédécoupé Queensland Ocean, juste en dessous d’un Anna Gavalda : rencontre des fadeurs.

Debout payé

Il s’appelle Ossiri, et suit les pas de sa mère, femme forte et libre, qui est venue faire ses études à Paris, perçue comme une blanche au pays. Il s’appelle Kassoum, et vient d’un ghetto de Treichville. Ces deux-là viennent passer un entretien comme nombre de des jeunes africains. C’est aussi l’histoire de Ferdinand, arrivé en France lors des Trente-Glorieuses, avant le krach boursier et l’embargo des Saoudiens … Avant les lois concernant le séjour des étrangers, avant que « du jour au lendemain, une nouvelle race de citoyens venait d’être inventée : les sans-papiers. »

Attention premier roman décapant en vue ! Avec Debout-payé, Gauz (Armand Patrick Gbaka-Brédé) fait une entrée en littérature tonitruante. En évoquant la vie de ces vigiles que nous pouvons croiser au fil de nos errances commerciales, il dresse un portait caustique de notre société de consommation mais surtout une touchante histoire de la migration des Africains issus de nos ex-colonies, de 1970 à nos jours. Portraits croisés de générations ayant pour dénominateur commun un fol espoir de pouvoir trouver ce que leur pays ne peut leur offrir. Envoyer de l’argent au pays aussi. Trouver un emploi, une situation. S’installer, s’intégrer.

Mais c’est aussi un miroir qui se dresse face aux comportements consuméristes, aux mesquineries quotidiennes, car un « debout-payé » est un fin observateur. Ce métier de l’ennui leur offre un poste de choix pour déceler les voleuses d’épilation tout comme l’arrogance de certains acheteurs qui ne peuvent imaginer qu’un vigile puisse connaître le cinéma ! Gauz dissèque le monde du travail officieux et officiel avec un regard quasi anthropologique, tout en restant mordant et extrêmement drôle. Les esprits les plus scientifiques seront séduits par ses différents théorèmes qui résument, croquent et dénoncent de façon très condensée des inégalités et injustices, qui parlent à tous. « Dans un travail, plus le coccyx est éloigné de l’assise d’une chaise, moins le salaire est important. » Si l’ouvrage a un fonds autobiographique assumé qui en fait toute la richesse, il demeure un véritable pamphlet universel rafraîchissant et de belle facture.

Debout-Payé
Gauz
Le Nouvel Attila
172 pages. 17€. ISBN : 978-2-37100-004-9
Un extrait en ligne sur le site de l’éditeur Le Nouvel Attila

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La fractale des raviolis

« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance. »
Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation,par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse.

Définition d’inadvertance : « défaut accidentel d’attention, manque d’application à quelque chose que l’on fait ».

Faut-il le dire? Quand j’ouvris cette porte, ce que je vis n’avais rien d’un manque d’application. Bien au contraire. Il s’agissait d’un excès de zèle érotique caractérisé.

la fractale des raviolisAh enfin de quoi réjouir l’esprit ! La Fractale des raviolis, premier roman déjanté de Pierre Raufast tel une oasis a enchanté ce désert littéraire que je viens de traverser ! Facétieux et enlevé, il est servi par une plume drolatique et un peu acide comme je les aime.

Tout d’abord, les titres farfelus sont comme un appel, une promesse. Là, un horizon hors du commun nous est proposé. Je plonge tête baissée.

Alors cette fractale merveilleuse, que nous conte-t-elle ? Et bien ce n’est pas une mais des histoires, des histoires de toujours, comme cette femme trompée qui veut tuer son mari avec des raviolis, mais aussi des histoires extraordinaires ou encore terribles ! L’enfance d’un serial killer, le génie militaire d’un jeune garçon, les mésaventures d’une jeune étudiante se croisent et mélangent pêle-mêle au gré d’un détail, par ricochet, chacune ayant sa place et son rôle propre… Ces récits gigognes sont amenés telle Alice, qui ouvre une nouvelle porte aux pays des Merveilles. Et Pierre Raufast est un sacré conteur, aguerri grâce aux histoires du soir … inventées pour ses filles ! Des histoires à dormir de debout alors ? Des histoires pour rêver et réfléchir, s’émerveiller et s’étonner car tout doit-il est explicable et raisonnable ?

Si vous avez aimé dans un registre différent, mais avec un esprit tout aussi jubilatoire et ingénieux, Une collection très particulière de Bernard Quirigny vous tomberez sûrement sous le charme de la Fractale des raviolis, pirouette littéraire, agile et fascinante. Mais aussi lecteurs assidus, ou un peu frileux, vous y trouverez un récit vraiment à part, un style iconoclaste à souhait.

Depuis l’auteur a écrit un deuxième roman, La Variante chilienne (2015) et un troisième devrait paraître en 2017, tout aussi surprenant à voir l’appel à anecdotes que Pierre Raufast a fait auprès de ses lecteurs pour agrémenter son récit !

Un auteur à suivre assurément, La Variante chilienne rejoint  de ce pas ma PAL !

La Fractale des raviolis
Pierre Raufast
Editions Alma
258 pages. 18€. ISBN: 978-2-36279-121-5

À voir 
imagele site de Pierre Raufast 

le site des éditions Alma

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Quiconque exerce ce métier stupide mérite tout ce qui lui arrive

Godard, rappelle Benjamin, dit que les Américains ont toujours aimé ce qu’il y avait de plus con chez les Français : la Tour Eiffel et Maurice Chevalier. Ce que les Américains ont aimé dans ce film, c’est le personnage du père, le râleur à moustaches qui conduit sa 2 CV pourrie à travers les routes défoncées de la campagne française. C’est exactement l’image que les Ricains se font des Français : le béret, la baguette, les moustaches, cons à bouffer du foin, sales et inaptes au cinéma. Sur ce point ils n’ont pas tort. Tu leur as donné raison.

Quiconque exerce ce métier stupide Silence un peu long sur le blog et pourtant de nombreuses lectures, mais parmi elles pas d’étincelles particulières. Cependant je vais les partager avec vous, même si habituellement je tiens à mettre en avant plutôt de gros coups de cœur.

Premier billet avec le dernier ouvrage de Christophe Donner dont j’apprécie particulièrement la plume. J’avais littéralement fondue pour son À quoi jouent les hommes, qui retrace l’histoire du pari mutualiste et sa passion pour l’hippisme transmise dès le plus jeune âge par son grand-père. Son tour de force avait été de rendre cette épopée passionnante tant le personnage de Joseph Oller était fascinant.

Dans ce nouvel opus, un autre personnage solaire se déploie au fil des pages : Jean-Pierre Rassam, producteur émérite du cinéma de la Nouvelle Vague, dont le destin est inextricablement lié à celui de Claude Berri, que sa sœur Anne-Marie Rassam a épousé, et dont la sœur (celle de Claude Berri), vit avec Maurice Pialat, vous me suivez toujours ?

Dans les coulisses de la Nouvelle Vague

Deux réalisateurs et un producteur liés par les liens familiaux et une passion à géométrie variable pour le septième art. Berri est hanté par l’œuvre autobiographique parfaite et le budget. Pialat a une ambition qui  n’a d’égale que la volonté de la réaliser . Rassam est quant à lui un électron libre, un esprit en-dehors de toute contingence qui réussira avec aisance sans avoir été formé pour ces métiers du cinéma. Trois parcours distincts, trois tempéraments qui se déchirent finalement sur fonds d’années 60 et 70. Un intervalle entre la mort de Raoul Levy et le suicide de Rassam. Une vit tonitruante et virevoltante.

A l’image d’une grande chronique du cinéma français,Christophe Donner déroule les anecdotes mais aussi une sorte d’histoire amoureuse de la Nouvelle Vague étoffée à l’excès parfois. Au gré de certains monologues ou de micro-événements, le roman me semble devenir trop bavard et nous perd. Querelles et rivalités se dévoilent, montent en puissance et impriment au roman une tension toujours plus forte, au rythme effréné de l’inextinguible et jouisseur Rassam.

Donner conserve cette plume si attrayante, mais ce microcosme fascine ou laisse indifférent, ce qui est plutôt mon cas. La rencontre n’a donc pas eu complètement lieu avec ce livre, qui n’est pas moins non dépourvu de qualités d’écriture. Une belle découverte malgré tout : la personnalité de Jean-Pierre Rassam, nabab magnifique et figure emblématique d’une période pas si dorée où tout semblait néanmoins possible.

Quiconque exerce ce métier stupide mérite ce qui lui arrive
Christophe Donner
Éditions Grasset
304 pages. 19€. ISBN : 9782246800323

À voir 
imagele site de Christophe Donner

le site des éditions Grasset

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Le Montespan de Jean Teulé

– Vapeurs élevées de la rate et de l’humeur mélancolique dont elles portent les livrées par le chagrin qu’elles impriment. Elles se glissent par les artères au cœur et au poumon où elles excitent des palpitations, des inquiétudes et des étouffements considérables. De là, s’élevant au cerveau, elles y causent, agitant les esprits.
– Ce qui veut dire ?…
– Vous êtes cuit.

Montespan Jean TeuléMon Dieu, quelle déception ! Autant j’avais apprécié l’originalité et le verbe de Teulé dans son inarrable Magasin des Suicides, que ce Montespan m’a fortement ennuyé. Et pourtant, le sujet était croustillant et la plume de Teulé semblait adéquate … Il portraiture le couple de la plus sulfureuse des maîtresses de Louis XIV, la Montespan. Pour ceux qui ne connaîtrait pas l’histoire de son ascension voici un petit résumé.

Lous-Henri de Pardaillan de Gondrin, rencontre à la faveur d’un duel funeste, Françoise de Rocherchouart de Mortemart. Ce coup de foudre réciproque se conclut par des noces aussi rapides que passionnées. Les Montespan vont vivre chichement, chacun étant un grand passionné des jeux d’argent et des plaisirs de la société. Seulement nul de peut vivre d’amour et d’eau fraîche indéfininement, aussi pour satisfaire les goûts quelques peu luxueux de sa femme, l’époux dévoué prend charge militaire, car diriger une troupe amènerait un peu de gloire à ce noble crotté et réhabiliterait sa famille en disgrâce aux yeux du Roi.
Le destin semble sourire à ce jeune couple ambitieux, puisque Françoise se voit proposer une charge de dame d’honneur auprès de la Reine. A la défaveur de ses absences, Louis-Henri constate rapidement que Françoise évolue rapidement comme un poisson dans l’eau à Versailles, bien que celle-ci eut émis quelques craintes à ses débuts. Mais quelle n’est pas sa surprise, de la voir si bien intégrée à la cour, lorsqu’il la retrouve après 11 mois de campagne, enceinte … mais du Roi.
A partir de ce moment, le panache dont n’a pu faire preuve le marquis de Montespan va se révèler dans ses harangues perpétuelles et inlassables contre le Roi et Françoise, devenue Athénaïs.

Si la pugnacité et l’audace du marquis sont évoquées avec justesse (son fameux carosse corné et son blason modifié à l’occasion par exemple), la véracité de l’ensemble semble compromise. Le bruit de l’histoire se veut effectivement historique, mais beaucoup de fantaisies se glissent dans ce portrait à charge du Roi et de la Montespan. Quant à la plume de Teulé, habituellement pleine d’humour, se complaît ici dans la vulgarité et s’éloigne même dans les échanges verbaux des joutes verbales dans l’esprit du XVIIIe. Décevant.

Le Montespan
Jean Teulé
Editions Pocket. 309 pages. 6.50€
ISBN : 978-2-266-18674-2

A lire !

La Montespan
 de Jean-Christian Petitfils, éditions Fayard

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