Catégorie : Littérature francophone

La vie d’un homme inconnu d’Andreï Makine

Ce bonheur rendait dérisoire le désir des hommes de dominer, de tuer, de posséder, pensa Volski. Car ni Mila ni lui-même ne possédaient rien. Leur joie était faite de choses qu’on ne possède pas, de ce que les autres avaient abandonné ou dédaigné

 

Vie d'un inconnu Andrei MakineChoutov, écrivain quinqua désabusé, est en deuil d’un amour perdu, celui de Léa, une jeune femme rencontrée il y a deux ans, au détour d’une cabine téléphonique. Désormais vidé peu à peu de sa peine, au fur et à mesure qu’elle vide son appartement, il se souvient d’un premier amour, qui lui faisait murmurer cette phrase de Tchekov « Je vous aime, Nadenka. » Ne pouvant faire face à un ultime passage de Léa avec son nouveau compagnon, il se lance tel un pèlerin dans un voyage nostalgique à la rencontre de ce premier amour. Celui-ci se déroulera différemment de ce qu’il envisageait : la ville de Pierre vit au rythme des célébrations de sa naissance dans une frénésie qui ne semble jamais discontinuer. Frénésie de ses habitants qui n’ont de cesse de courir après l’argent, frénésie d’une superficialité galopante qui tranche allégrement à la Saint-Pétersbourg d’avant la chute.

Elle est désormais bien loin, la Russie qu’il a connu, ainsi que cette femme, devenue une business-woman aguerrie, à la tête d’un complexe hôtelier et dont la préoccupation principale est de réussir à récupérer l’étage entier où elle réside, en recasant un à un les anciens locataires de cette communalka. Le dénouement se rapproche : prochainement Volski, le dernier résident, grabataire et muet, va être « déménagé ». Totalement ignoré, Choutov aperçoit de temps à autre sa main sur un livre, une main qui semble l’intriguer, montrant toute l’humanité de cet homme.
Afin de rendre service au fils de cette première muse, Il s’improvise un soir garde-malade bon an mal an. Mais c’est une rencontre d’homme à homme qui a lieu : le sinistre Volski, n’a pas perdu la parole, et lui raconte une épopée, celle de sa vie, celle d’un homme inconnu …

Ce livre grandiose vous immerge dans un voyage en Russie, du siège de Léningrad jusqu’à nos jours, à travers les pas de Volski, chanteur et militaire, qui s’est retrouvé pris dans le tourbillon  historique de son pays, comme beaucoup d’autres, anonymes, courageux et héroïques. Sans concession pour son pays, Andreï Makine livre une épopée magistrale à couper le souffle. Son esprit incisif et la force de sa plume vous feront sortir de vous-mêmes, haletants au fil des pages. Un chef d’oeuvre.

La Vie d’un homme inconnu
Andreï Makine
Editions Seuil
292 pages. 21€. ISBN : 978-2-02-098296-2

 

A voir !
Le site de l’auteur http://andreimakine.com/
Le site des éditions du Seuil

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Vers la nuit d’Isabelle Bunisset

Comment imaginent-ils me surpasser ? Pas de musique, pas de rogne, pas d’instinct. Et ce n’est pas près de changer. Avec tout ce qui se publie comme navets. Public dupé, gros tirages pour du vent. « Les fainéants ont l’œuvre facile », comme disait l’autre. Avec l’encouragement des éditeurs, ils pondent benoîtement. La grande consommation, voilà ce qui commande. Publicité à outrance et arnaque à la qualité.

Vers la nuit Isabelle BunissetCéline est au soir de sa vie. Nous sommes le 30 juin 1961. Il est 16 heures lorsque commence ce dialogue intérieur de l’auteur, perclus de douleurs, navigant entre son lit et sa table de travail, tous deux au sous-sol de sa dernière demeure. Céline est dans un abandon quasi mystique pour clore Rigodon son ultime legs littéraire, qui ne verra pourtant le jour aux yeux du public qu’en 1969. A cinq heures le lendemain, Céline tirera sa référence, réprouvé public et littéraire, entouré de son dernier amour Lucette Almanzor et de ses animaux de compagnie. Pendant cette longue nuit, ultime voyage au bout de la nuit, Céline se remémore les champs de bataille, mais aussi s’anime et s’enflamme pour la belle écriture, conspuant ces autres inélégants, qui manquent de style, de finesse, et qui ne savent reconnaître la portée de son génie. Grandiloquent et narcissique, c’est un Céline acculé qui nous est présenté, un Céline fier du combat qu’il a mené mais pour autant conscient des plumes qu’il y a laissé. On oscille donc entre la tendresse et l’affliction pour cet homme seul contre tous, à qui le dos a été tourné après avoir été porté aux nues, mais aussi l’irritation et l’exaspération devant un Céline renonçant en rien à son antisémitisme. Le grand monsieur de la Littérature semble si petit alors.

Oser se mettre à la place d’un illustre mourant, c’est déjà culotté. Et quand cet illustre mourant est de l’acabit de Céline, c’est un exercice véritablement casse-gueule, qui pourrait laisser à penser à un suicide littéraire. D’autant plus dans un premier roman. Et pourtant, Isabelle Bunisset se sort de cet exercice difficile à maints égards.

Les formules aussi sèches que le corps amaigri de Céline claquent. « Vingt d’hallali pour trois livres fâcheux » lui fait-elle dire en évoluant ses trois pamphlets antisémites. On pourrait entendre Céline, entre suffisance et dérision. Pas de concession, ni de commisérations non plus de la part d’Isabelle Bunisset qui a comme atout dans son chapeau, une connaissance approfondie du bonhomme avec une thèse consacrée à la dérision dans l’œuvre de Céline. La restitution de cet univers celinien est juste ; le portrait brut et touchant d’un homme acculé face à la mort, alors que la vie et l’écriture le quitte.

Cependant à la lecture qui vous emmène dans cette nuit obscure et torturée,une question émerge : celle de la dissonance entre la voix portée et la voix réelle. Si le chemin de bataille qu’était le style l’habitait à ce point Céline, on peut être désarçonné par le style propre de l’auteur, qui s’il se paraît de beaux atours Isabelle Bunisset maniant très agréablement la langue,  reste fatalement en-deçà de son sujet. C’est ici que l’écriture introspective au nom de Céline touche à ses limites et s’avère presque pénalisant dans l’appréciation générale du roman, qui demeure un très bon premier roman prometteur.

Un grand merci à l’équipe de Babelio pour leur énergie et l’opération masse critique, qui permet aux blogueurs de recevoir un livre en échange d’une critique positive ou négative, ainsi qu’aux éditions Flammarion qui m’ont fait parvenir le présent exemplaire.

Vers la nuit
Isabelle Bunisset
Éditions Flammarion
132 pages. 15€. ISBN : 978-2-0813-7596-3

imageA voir

le site des éditions Flammarion

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La Cache vs Les Huit Salopards

A ma gauche, le prix Femina 2015, décerné à Christophe Boltanski. A ma droite, le huitième film de Quentin Tarantino. En commun ? Un sentiment détonnant d’inachevé alors même que les critiques ont pu littéralement créer l’événement autour de ces deux œuvres .

La cacheLa Cache est ce premier roman de Christophe Boltanski, dont le nom de famille n’est plus à présenter entre un oncle plasticien célèbre (Christian) et un père poète (Luc). C’est une fenêtre sur cette famille impressionnante et étonnante qui inspire une fascination certaine par sa liberté créatrice et son non-conformisme. Mais une histoire exceptionnelle suffit-elle à faire un roman exceptionnel ? La Cache ne manque pas de charme, avec ses portraits croqués sur le vif dans une véritable maison littéraire : c’est en pénétrant dans la maison d’enfance que les souvenirs s’égrènent au fil des pièces. Une fois franchi le seuil de la cour, on a le sentiment que cette famille si joliment présentée va vous embarquer pour une ronde tournoyante. Et pourtant, la douce mélodie murmure sans jamais m’embarquer véritablement. Le style est un peu sec, et les phrases ne m’envolent pas dans une certaine magie, une certaine poésie. Trop d’attente de ma part ? Certainement. une exigence accrue concernant l’écriture ? Oui, je deviens bien difficile. La grandiloquence des critiques me fait me demander si « je ne passe pas à côté » du roman. Aussi je le reprends un peu plus tard, mais je finis par l’abandonner un peu honteusement (car même si les romans ne manquent pas cela me désarçonne toujours de ne pas rentrer dans un livre, une somme de travail dans lequel un auteur a cherché à nous embarquer) mais aussi un peu remontée par le consensus des critiques presse loin d’avis plus partagés du lectorat.

Du goût et des couleurs ou consensus mou ? Voir ou ne pas voir le dernier Tarantino ?

Les huit salopardsAttendu comme un petit bonbon, c’est avec un goût amer que le visionnage du film (plutôt pénible) s’achève, parce qu’il manquait ce supplément d’âme qui fait la différence entre un film éclatant et un film vraiment moyen. Malgré un casting de haut vol avec de brillants acteurs (les fidèles de Tarantino auxquels se greffent Jennifer Jason Leigh, Walton Goggins – géniallissime flic corrompu dans The Shield, Kurt Russell), le film ne décolle pas ou si tard, maladroitement et poussivement. L’action de la première heure possède un temps de traitement si disproportionnée que la tuerie finale, inéluctable arrive comme une délivrance. Et pourtant, l’ouverture peut couper le souffle, nous retrouvons les codes des meilleurs westerns et la musique d’Ennio Morricone qui arrive lancinante. Les personnages sont introduits un à un de façon presque théâtrale, mais la traversée enneigée se transforme en traversée du désert pour le spectateur qui s’essouffle malgré la beauté des paysages. Au bout d’une heure, nous n’en pouvons déjà plus et sommes enfin contents que ce petit monde soit enfin réuni, les réjouissances vont pouvoir commencer ? Passons au-delà de ces propres rythmes qui peuvent être aussi personnels, le scénario reste extrêmement léger (un timbre-poste le contiendrait) et peine à être sauvé par quelques éclairs d’humour dignes de Tarantino, entaché par d’une scène plus particulièrement salace – un viol appelons ça par son nom – qui n’apporte rien au scénario sinon une provocation déjantée/puérile/malsaine choisissez. Et si la tuerie tant annoncée relance le suspens dans le jeu des alliances, sa tension est résolue à travers un jack-in-the-box inattendu et finalement guignolesque gâchant le plaisir du spectateur, saccageant finalement la résolution de ce pénible huis clos. Une maladresse incongrue de la part d’un réalisateur aguerri qui n’est pas au midylle de sa forme,  car s’il y a deux faux-pas à proscrire, c’est bien ceux-là : celui de trop donner au lecteur-spectateur ou encore celui de ne rien semer pouvant créer une véritable frustration. Et Ennio dans tout ça ? Ennio s’est également perdu en route et la bande-originale soignée marque de fabrique de l’univers tarantinesque disparaît tout simplement de votre mémoire.  Mais pourquoi donc Quentin a-t-on envie de s’écrier ! Espérons que les deux derniers films de Tarantino fassent preuve de plus de souffle et de panache à l’instar des films qui lui ont fait une réputation sulfureuse mais de réalisateur soignant ses petites perles.

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La septième fonction du langage, de Laurent Binet

La conversation est en somme une partie de tennis qu’on joue avec une balle en pâte à modeler qui prend une forme nouvelle chaque fois qu’elle franchit le filet.

Petite incursion en littérature française pour cette rentrée littéraire avec La Septième fonction du langage. Parce que c’est Roland Barthes. Parce que c’est Laurent Binet. Une combinaison  qui donne la force de élever le défi des 500 pages qui ont été dévorées ce dimanche.

Roland Barthes est mort  renversé par une camionnette le 22 février 1980. Le fil rouge de l’intrigue concoctée par Laurent Binet est qu’il s’agit d’un assassinat. Les recherches du célèbre sémiologue l’auraient conduit à découvrir une septième fonction du langage, qui va bien au-delà de la persuasion ou de l’incantation, « la » quintessence du pouvoir du langage. Et qui n’aimerait pas maîtriser ce pouvoir ? Politiciens et intellectuels des années 80 deviennent tous suspects ! L’enquête devient alors un palpitant thriller se jouant des codes de la fiction car l écrivain est aussi un maître des mots qui met en abime ce pouvoir du langage, brouillant les frontières entre réel et fiction, montrant également l’arbitraire du créateur, un brin démiurge avec une facétie rappelant Diderot qui se joue de son personnage et du lecteur !

Mais qu’importe, que ce portrait d’une écriture habile, faisant référence à un univers souvent méconnu, la sémiologie et la linguistique, ne vous effraie point, car il s’agit avant tout d’une enquête trépidante et irrévérencieuse, qui malmene un certain parisianisme et des jeux de pouvoirs, mais qui est un véritable chant au langage. N’ayez crainte des références, vous découvrirez un monde passionnant, où tout peut être signe, pour peut que l’on sache observer … Le dissonant mais complémentaire duo d’enquêteurs Bayard/Herzog  rassemble le policier béotien goguenard et l’intellectuel expérimenté que le lecteur peut être !

Un roman jubilatoire et tourbillonnant que je vous recommande chaudement,

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J’aime être gourmande, Colette

On naît gourmet. le vrai gourmet est celui qui se délecte d’une tartine de beurre comme d’un homard grillé, si le beurre est fin et le pain bien pétri. Il y a beau temps que je n’ai plus chez moi de cuisinière experte… Mais je n’ai renoncé à rien de ce qui contente le palais, partant, le cerveau. En fait de « plats préférés », je préfère… tout ce qui est bon, tout ce qui fait de l’heure des repas une petite fête des papilles et de l’esprit. N’est-ce pas une très bonne philosophie?

colette_j'aime_être_gourmandeLes éditions de l’Herne ont composé un petit recueil de chroniques écrites par Colette, pour le magazine Marie-Claire, magazine qui naquit en 1937. Colette participa à la rédaction de cinq numéros, dont notamment le 100° numéro dont elle dirigea la majeure partie de la rédaction. Les extraits choisis ont été publiés entre 1938 et 1940, date à laquelle la rédaction cessa en raison de l’invasion allemande. C’est un voyage dans le temps qui nous est donné de parcourir, à travers quelques tranches de vie et des réflexions sur la société de ces années d’Entre-deux guerres, avec pour guide impertinent Colette.

Le texte inaugural, J’aime être gourmande, est un véritable ode à la bonne chère et livre un portrait plein de saveur de la cuisine et de Colette aux fourneaux, dans lequel nous sommes touchés par ses mots simples dans lesquels transparaît une réelle passion culinaire, du choix de produits nobles à leur préparation et leur mise en beauté, tout en précision (« jetez-y une poussière de sel » . C’est une lecture auditive et olfactive, on entend les bruits de cuisson, l’on sent l’odeur d’humus avec les champignons.

Mais tout le sel de ce recueil va bien au-delà des plaisirs gourmets, cette gourmandise revendiquée est celle plus vaste d’une épicurienne, d’une amoureuse de la vie, qui savoure et célèbre la poésie, la présence de ces chats, la vie nomade sans oublier l’amitié ou l’amour. La simplicité de Colette est touchante, interpellant, conseillant, ses lectrices avec toute la décontraction de la conversation et sa langue sensible, charnelle et sincère.

J’aime être gourmande.
Colette.
Editions de l’Herne.
104 pages. 9,60€. ISBN : 9782851979469

A voir !
Le site des Editions de l’Herne

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14 de Jean Echenoz

Tout cela ayant été décrit mille fois, peut-être n’est-il pas la peine de s’attarder encore sur cet opéra sordide et puant. Peut-être n’est-il d’ailleurs pas bien utile non plus, ni très pertinent, de comparer la guerre à un opéra, d’autant moins quand on n’aime pas l’opéra, même si, comme lui, c’est grandiose, emphatique, excessif, plein de longueurs pénibles, comme lui ça fait beaucoup de bruit et souvent, à la longue, c’est assez ennuyeux

14 de Jean Echenoz

Ainsi que l’auteur l’affirme par la bouche même de celui à qui il donne voix au chapitre, Anthime, jeune soldat de 23 ans, ce court roman ne vous apprendra pas grand chose que vous ne connaissez pas d’ors et déjà dans les grandes lignes sur la Première Guerre mondiale.
Vous y trouverez sûrement quelques détails ici et là de l’Histoire, peut-être insignifiants et dérisoires, comme ces gamelles que les soldats ont pour ordre de noircir, mais qu’ils font tellement sens dans l’histoire individuelle des hommes au combat.
Ici Jean Echenoz nous fait suivre le parcours de cinq soldats et d’une jeune femme. Les liens se dévoilent peu à peu, révélant des tragédies personnelles. Nous sommes à hauteur d’homme, avant la mobilisation, lorsque celle-ci est annoncée, sur le front dans les airs et sur terre, jusqu’à la fin, que ce soit la mort ou l’armistice, mais existe-t-il véritablement une fin pour ces rescapés, qu’ils furent soldats, désormais handicapés, défigurés ou traumatisés, ou qu’ils furent de ceux qui restèrent, femmes, vieillards ou démobilisés, témoins et victimes des familles décimées ou amputées.

La tension est palpable au-delà des faits, se retranscrivant dans la rapidité du récit, qui semble suivre l’échelle du temps, les évènements s’enchaînant très rapidement jusqu’aux premières échauffourées, puis ralentissant, s’empêtrant dans la boue des tranchées, avant que cette tension trouve une résolution au détour d’un combat, d’une page, de façon inattendue, laissant le lecteur aussi fauché que le protagoniste. Avec une écriture simple mais précise, contractant une multiplicité de faits et de situations, Jean Echenoz réalise un portrait social saisissant et d’une grande profondeur des ravages de cette guerre, véritable boucherie, qui tenailla les hommes.

On ne quitte pas cette guerre comme ça. La situation est simple, on est coincés: les ennemis devant vous, les rats et les poux avec vous et, derrière vous, les gendarmes

14
Jean Echenoz
Editions de Minuit
124 pages. 12,80€. ISBN : 9782707322579                               

A voir !

 

Le site des Editions de Minuit

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Veuf, de Jean-Louis Fournier.

Cette année, très peu m’ont souhaité bonne année ou bon Noël.
C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.
Je ne comprends pas. C’est justement quand on a eu un grand malheur qu’on a besoin de vœux de bonheur, ceux qui sont déjà heureux n’en ont pas besoin. Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.

veuf fournierLe sites Après le bouleversant Où on va papa, Jean-Louis Fournier, ancien compère de Pierre Desproges, nous livre un nouveau livre très personnel, dans lequel il évoque avec émotion, son récent veuvage, mais surtout l’amour bâti avec sa compagne, Sylvie, durant près de quarante années.

Que faire lorsque l’autre part ainsi, si subitement ? Jean-Louis Fournier se balade avec son épouse, lorsque celle-ci s’effondre. Malgré les soins qui lui sont prodigués, la médecine est incapable de la ramener à la vie. Ainsi devient Jean-Louis Fournier veuf. Comment appréhender ainsi ce nouvel état de vie ? Que faire de ce livre entamé qui aurait été fini si elle avait été  encore là ? Et ce chapeau ? Et son numéro dans le portable ? Autant d’objets du quotidien ou de symboles personnels qui hantent le logis.

Dans ce court ouvrage, Jean-Louis Fournier mêle émotions, réflexions et humour dans un vibrant hommage rendu à celle qui est partie trop vite. Sans pathos, avec une dose d’ironie nécessaire à la survie et à la prise de distance, il croque des situations que nous connaissons tous (la gêne amicale, la compassion surjouée …) tout en pudeur. Tout comme André Gorz dans Lettre à D., l’on touche du doigt le mystère de l’amour vrai et profond écrits dans des mots magnifiques.

Veuf
Jean-Louis Fournier.
Editions Stock.
156 pages. 15,75€. ISBN : 978-2-234-07089-9

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Les éditions Stock

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