Catégorie : Histoire & Société

Satire et histoire

Si la satire et la caricature illustrent avec férocité les chroniques sociales et politiques depuis les premières gravures médiévales jusqu’à nos jours, elles s’entichent particulièrement des institutions, de la Haute-Société et des « grands » de ce monde, même si tout le monde y passe. Tel est le lot de la caricature sociale. Le trait charge littéralement ou se veut amical mais fait mouche et égratigne.
A chacun son style, mais certains ont marqué une véritable empreinte dans cet art à toute fin utile : Philipon, Tim, Grandjouan, Gill, Caran d’Ache, Granville, Monnier, Cham, Forain et celui qui demeure le maître français, Daumier.

Toujours politique et événementielle, elle éclaire rétrospectivement l’Histoire, comme en témoignent ces deux ouvrages historiques, particulièrement réussis …

quand le crayon attaque Quand le crayon attaque, images satiriques et opinion publique en France 1814-1918

Réalisé à l’occasion du 10ème anniversaire des Rendez-vous de l’Histoire, il témoigne de l’extraordinaire foisonnement dont a fait preuve l’image satirique en France et qui constitue le Fonds Villette de la Bibliothèque Abbé-Grégoire de Blois. On y retrouve les publications de l’époque désormais célèbres comme Charivari, La Foudre, Le Nain Jaune, Le Rire, L’Assiette au Beurre et Le Canard Enchaîné, qui brossent tour à tour des évènements comme les abdications de Napoléon 1er et de Louis-Philippe, l’Attentat de Fieschi, la Guerre contre la Prusse de 1870 et le Boulangisme, les affaires Dreyfus et le Procès Esterhazy … et la comédie humaine ! (© Louis-Philippe par Daumier. Illustration libre de droits.)

Dessine-moi un bolchevik, les caricaturistes du KremlinDessine-moi un bolchevik, les caricaturistes du Kremlin (1923-1937), d’Alexandre Vatline et Larissa Malachenko.

Autre temps, autres lieux, l’âme russe a aussi l’humour corrosif, même au Politburo. En effet, ces dessins ont été griffonnés lors des séances de réunion de l’instance Suprême de l’URSS. D’abord portraits puis critiques caustiques, ces « minutes » de réunion finirent par faire tomber des têtes, au sens figuré … et au sens propre, lors des Procès de Moscou.

Alexandre Vatline est docteur en histoire et concentre ses recherches sur la répression en URSS, vaste sujet s’il en est. Quant à Larissa Malachenko, elle travaille aux Archives nationales russes d’histoire sociale et politique, ex-Archives du Parti communiste soviétique.

Quand le crayon attaque : images satiriques et opinion publique en France (1814-1918)
Michel Dixmier
Editions Autrement
175 pages.25€. ISBN : 978-2-7467-1052-8

Dessine-moi un Bolchevik
Alexandre Vatline, Larissa Malachenko
Edition Tallandier
223 pages. 32€. ISBN : 978-2-84734-338-0

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L’open space m’a tuer

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Enfin à nouveau accès à Internet, du coup plein de nouveautés à faire partager ! En premier lieu, ce documentaire qui m’a littéralement absorbé une heure de rang : L’openspace m’a tuer. Ce livre-recueil de témoignages sur l’openspace explore l’univers quotidien des jeunes cadres de certaines filières :com’, audit, marketing,web et média, autant de secteurs dans le vent, jouissant d’une image forte et moderne. Moderne, oui car leur dénominateur commun est le néo-management (ou nouveau management), qui allie proximité et décontraction ! Tutoyer ses N+++ est cool, le stress positif et les défis constructifs. Oubliés les bureaux persos mais vive la convivialité, oubliées les missions stables et bienvenue à l’ère du « mode projet » et l’accumulation d’expériences tout aussi enrichissantes les unes que les autres (vraiment?), le temps est au travail omniprésent et omniscient avec la panoplie portable-blackberry-wifi, être hyperconnecté, toujours réactifs, c’est bien dont rêve tous ces jeunes cadres à l’aube de la trentaine ? Pas si sûr …

A la suite d’un mail collectif envoyé par un collègue démissionnaire, mais néanmoins facétieux, sous forme de quizz « devinez-pourquoi-je-plaque-tout-vous-ne-trouverez-pas-forcement-la-bonne-solution-mais-vous-poserez-néanmoins-des-questions-sur-votre-boulot », Alexandre des Isnards et Thomas Zuber ont commencé à évoquer ces situations tragi-comiques du quotidien de ces jeunes cadres et a collecté des témoignages sur les abus et aberrations rencontrées. Le fruit de ce travail est rassemblé dans cet ouvrage au nom évocateur « L’open space m’a tuer ». Passionnant à lire, car il permet de soulever une réalité méconnue ou niée sur le stress au travail, notamment chez les jeunes cadres. Fortement orienté « à charge », il ne s’agit pas non plus d’un document de sociologie, car là n’était pas le but des auteurs, qui désiraient avant tout donner voix au chapitre à ces individus, qui taisent souvent leurs souffrances en raison de l’incompréhension de leur entourage (« Mais tu as un métier formidable !! ») et de la simple nécessité de « survivre » au travail.

L’open space m’a tuer
Alexandre des Isnards et Thomas Zuber
Hachette Littératures
211 pages. 16.50€. ISBN : 978-2-01-237408-9

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