Catégorie : Beaux-Arts, Beaux livres

Les contes macabres

Cependant, aussi sûr que mon âme existe, je crois que la perversité est une des primitives impulsions du coeur humain, – une des indivisibles premières facultés, ou sentiments, qui donnent la direction au coeur de l’homme. Qui ne s’est pas surpris cent fois commettant une action sotte ou vile, par la seule raison qu’il savait ne devoir ne pas la commettre ? N’avons-nous pas une perpétuelle inclination, malgré l’excellence de notre jugement, à violer ce qui est la Loi, simplement parce que nous comprenons que c’est la Loi ?

contes macabres

Un beau livre à la facture soignée pour orner les magnifiques textes du plus torturé des romantiques anglais, Edgar Allan Poe, traduit par notre merveilleux Charles Baudelaire ? Je ne peux que m’en saisir ! Avec un peu de retard certes, car il est paru en 2010, pour le bi-centenaire de la naissance d’Edgar Poe !

Ce projet a été porté par l’illustrateur-même Benjamin Lacombe. Ce garçon brillant l’on pourrait ne plus présenter, mais si l’illustration jeunesse n’est pas votre tasse de thé, sachez qu’il a littéralement explosé avec la publication de son projet d’études, Cerise Griotte. Cet album l’a fait connaître du grand public, et son succès n’a cessé de se confirmer notamment en littérature jeunesse,  avec les Amants Papillons, Alice aux pays des Merveilles, le Carnet rouge sur la vie du pionnier du design, William Morris, la Mélodie des tuyaux mis en musique et en chant par Olivia Ruiz ainsi que le splendide Herbier des Fées qui eut un double numérique magistral. Un véritable parcours de touche à tout mené tambour battant. 

Ces contes macabres ne sont pas le premier livre pour adulte illustré par Benjamin Lacombe, qui s’est d’ailleurs frotté à l’exercice avec l’adaptation de Notre-Dame de Paris et de Madame Butterfly notamment, avant de s’attaquer aux textes de cet auteur cher à son panthéon personnel.
En effet, à deux siècles de distance, les univers gothiques de ces deux-là étaient faits pour se croiser. Les figures pâles et troublante, ressemblant à ces veilles photographies anglaises, hantent les médaillons et les illustrations. Les lettrines soignées sont également mises aux couleurs gothiques. Ces contes terrifiques et macabres sont dépeints avec finesse, Benjamin Lacombe choisissant la suggestion inquiétante et étrange pour provoquer le malaise nécessaire sans dévoiler les scènes auxquelles nous assistons. Une question d’atmosphère, feutrée, si anglaise et pourtant nulle chaleur et nul réconfort nous guette.

le chat noir
© Benjamin Lacombe 2010

Le premier conte choisi, Bérénice, nous plonge instantanément dans les méandres du romantisme, entre maladie, mort et folie. (Vous y découvrirez alors une petite vignette illustrant Lisbeth, l’un des deux compagnons à quatre pattes  que Benjamin Lacombe aime glisser, de-çi de-là, dans ses ouvrages).  Les jeux d’ombres et de lumière, la texture, les détails de la tapisserie de ce chat en médaillon sont superbes. Entièrement sur fonds noir comme le Coeur révélateur et le Portrait ovale.  Le Chat noir suit le pas mélancolique et sombre, de Bérénice avec un homme basculant de la bonté à la perversité. Souvent placée en coeur de recueil, cette nouvelle se trouve entourée de nouvelles tout aussi fortes et glaçantes : la crépusculaire Île  de la Fée, l’angoissant Coeur révélateur, les troublants Chute de la Maison Usher et Portrait Ovale, les horrifiques  Morella et Ligeia.

 Des images valant mieux de grands mots, je vous laisse découvrir la bande annonce du livre, que vous pourrez déguster au coin du feu, avec une tasse de thé ou tout autre boisson forte et réconfortante !

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Mon oeil ! Une web-série décalée du centre Pompidou

oeilIl n’y a pas d’âge pour découvrir l’art. L’émerveillement et le questionnement face au beau, à l’étrange, au sublime ou au grotesque se fait dans la pupille, jeune ou plus vieille, vierge de toute référence ou aguerrie.
Le Centre Pompidou lance une web-série pour initier les plus jeunes  à l’art moderne à travers les collections du Centre Pompidou : ainsi Charlotte Perriand, Mondrian et de jeunes créateurs, vidéastes, peintres, sculpteurs, designers sont mis à l’honneur dans ces petits-courts de 10 minutes. Une dizaine de minutes de voyage artistique, avec une mise en scène un peu rétro, grâce à cet oeil speaker !

La rubrique Art’bracadabra notamment permet une « découverte magique des ingrédients d’une oeuvre d’art » très didactique. Le travail de vulgarisation est très fin et la réception de la vidéo dépendra de certains concepts et de votre enfant ! Elle a le grand mérite de chercher à sensibiliser sur des concepts de base pour la lecture d’une oeuvre de façon poétique peu évidents pour les plus jeunes : le point, la ligne, la forme (et sa consoeur l’abstraction).
Si le concept est donc très chouette avec pour ambition de toucher les plus jeunes dès cinq ans, certaines explications sont tout de même plus accessibles dès le primaire. Mais les yeux du coeur et de l’esprit sauront apprécier la plupart de ces courtes vidéos contemporaines et animations de tableaux tout simplement ludiques et saisissantes …

A découvrir tous les mercredis sur le site du Centre Pompidou, déjà trois épisodes à retrouver vite en ligne !

A voir !

https://www.centrepompidou.fr/cpv/theme/mon-oeil

 

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