Étiquette : burlesque

Une collection très particulière, Bernard Quiriny.

Le présent contiendrait tout. Venus de partout, allant partout et sachant tout de l’univers et du futur, nous serions comme des dieux, perplexes et désespérés à l’idée qu’il ne resterait rien à découvrir, ni demain ni jamais.

Une_Collection_Tres_Particulière_QuirinyAttention objet littéraire non identifié mais plein d’esprit et cocasse en vue ! Fâché avec les nouvelles ? Il se pourrait bien que vous vous réconciliez avec ce genre ingrat car très exigeant et bien trop souvent maltraité. Mais est-ce réellement un recueil de nouvelles ? C’est à la fois cela et bien plus encore. C’est un jeu. Oui, oui un jeu, dans le lecteur s’amuse et que Bernard Quiriny a certainement pris un plaisir malin et facétieux à écrire !

Dans cette collection très particulière, vous suivez un ensemble de perles, certaines vous plongeant dans l’univers des livres, d’autres vous transportant dans une dizaine de villes imaginaires et fantaisistes, et encore d’autres dans un monde différent, celui dans lequel nos plus folles utopies se réalisent … De perles en perles, les récits s’enchâssent, s’intercalent en une jolie cadence et gardent une continuité dans la loufoquerie, grâce notamment à deux personnages, Pierre Gould, le dandy bibliophile qui sévissait déjà dans son premier opus, étrange avatar de son auteur, et le narrateur, notre part naïve et curieuse, qui découvre l’étonnante bibliothèque de cet étonnant érudit d’un autre temps. Car il s’agit de livres, mais pas seulement … décidément tout cela semble bien compliqué, et pourtant non !

Essayez d’imaginer donc ce que peut-être un livre gigogne (un peu comme celui-ci d’ailleurs), ou un livre très ennuyeux (ah ce cas-là malheureusement nous en avons tous croisé). Quiriny transcende cela, sous sa plume les livres les plus ennuyeux revêtent une parure inconnue et satirique, certains ayant même presque tué leurs auteurs, ou comme cet auteur de L’oeuf, monument de 1200 pages, décrivant un œuf, qui bien qu’ennuyé à l’écrire fut encore plus ennuyé de le relire … D’autres livres improbables hantent également ces pages, comme ceux, qui se perfectionnent au fil du temps, perdant chaque mot superflu, s’affinant comme le bon vin, ceux qui ne peuvent être lu que bien habillé …  Croisez également les habitants de Livoni et leur volcan, ceux encore de cette ville, dans laquelle on ne vit qu’un jour sur deux … Et que se passerait-il si tout à chacun pouvait changer de nom comme il le souhaitait, échangeait son corps en faisant l’amour ou ressuscitait pour de bon ?

Bienvenue dans un cabinet de curiosités farfelu et plein de charme, dont le pouvoir imaginatif n’est pas sans rappeler d’autres monstres de la littérature comme Italo Calvino. Mais quoiqu’il en soit, nul besoin de porter un smoking, pour dévorer ou savourer comme un bonbon cette étrange collection, qui restera bien dans votre mémoire !

Une collection très particulière
Bernard Quiriny.
Editions du Seuil. Collection « Cadre rouge ».
184 pages. 14,20€. ISBN : 978-2-02-104695-3

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La Maison des célibataires de Jorn Riel

On racontait qu’elle avait tué son mari, qu’elle l’avait tabassé à mort parce qu’il avait essayé de faire une fugue juqu’à Julianehab. Mais personne ne savait au juste ce qui s’était passé, vu que quand le curé était arrivé, le bonhomme était déjà mort et enterré depuis six bons mois.

la maison des célibataires de jorn rielBienvenue au Groënland ! Avec ce racontar ! Comprenez une petite histoire drôle et forcément rafraîchissante par son issue et sa morale !
Au coeur des fjørds, Kernatoq – dit « Le noir » car il travaille sur un bateau à charbon et ne se lave jamais – partage avec quelques-uns de ses amis, plus nonchalants, une vieille batisse abandonnée. Par un bel après-midi d’été, chacun dévisse joyeusement, jusqu’au moment où Moses, le plus âgé de tous, s’inquiète de leur futur : et si à l’avenir, leur santé ne leur permettait pas de profiter de cette demeure tant convoitée, au point qu’ils soient relégués dans une maison de retraite ? Kernatoq, secoué par cette idée, réfléchit à un plan … Et si leur salut venait de la veuve Bandita, qui possède un immense troupeau de moutons, et de non moins impressionnant biceps et tempérament de feu ?

Comme Jørn Riel, l’explique lui-même, un racontar c’est une vraie qui pourrait passer pour un mensonge … Ces courts récits lui ont été  inspirés par les chasseurs groënlandais, car il appartient à cette veine d’écrivain-voyageur. Ethnographe et esquimaulogue, il passa près de seize de sa vie sur l’île du Groënland, alors colonie danoise, avant de migrer pour les terres plus chaudes de Kuala Lampur. Passionné par les hommes, ces racontars au charme suranné sont de petits bijoux de fantaisie à découvrir.

A voir !

Le site des editions Gaïa

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