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La fractale des raviolis

« Je suis désolé, ma chérie, je l’ai sautée par inadvertance. »
Je comprends qu’un homme puisse sauter une femme par dépit, par vengeance, par pitié, par compassion, par désœuvrement, par curiosité, par habitude, par excitation,par intérêt, par gourmandise, par nécessité, par charité, et même parfois par amour. Par inadvertance, ça non. Pourtant ce substantif vint spontanément à l’esprit de Marc, lorsque je le pris sur le fait avec sa maîtresse.

Définition d’inadvertance : « défaut accidentel d’attention, manque d’application à quelque chose que l’on fait ».

Faut-il le dire? Quand j’ouvris cette porte, ce que je vis n’avais rien d’un manque d’application. Bien au contraire. Il s’agissait d’un excès de zèle érotique caractérisé.

la fractale des raviolisAh enfin de quoi réjouir l’esprit ! La Fractale des raviolis, premier roman déjanté de Pierre Raufast tel une oasis a enchanté ce désert littéraire que je viens de traverser ! Facétieux et enlevé, il est servi par une plume drolatique et un peu acide comme je les aime.

Tout d’abord, les titres farfelus sont comme un appel, une promesse. Là, un horizon hors du commun nous est proposé. Je plonge tête baissée.

Alors cette fractale merveilleuse, que nous conte-t-elle ? Et bien ce n’est pas une mais des histoires, des histoires de toujours, comme cette femme trompée qui veut tuer son mari avec des raviolis, mais aussi des histoires extraordinaires ou encore terribles ! L’enfance d’un serial killer, le génie militaire d’un jeune garçon, les mésaventures d’une jeune étudiante se croisent et mélangent pêle-mêle au gré d’un détail, par ricochet, chacune ayant sa place et son rôle propre… Ces récits gigognes sont amenés telle Alice, qui ouvre une nouvelle porte aux pays des Merveilles. Et Pierre Raufast est un sacré conteur, aguerri grâce aux histoires du soir … inventées pour ses filles ! Des histoires à dormir de debout alors ? Des histoires pour rêver et réfléchir, s’émerveiller et s’étonner car tout doit-il est explicable et raisonnable ?

Si vous avez aimé dans un registre différent, mais avec un esprit tout aussi jubilatoire et ingénieux, Une collection très particulière de Bernard Quirigny vous tomberez sûrement sous le charme de la Fractale des raviolis, pirouette littéraire, agile et fascinante. Mais aussi lecteurs assidus, ou un peu frileux, vous y trouverez un récit vraiment à part, un style iconoclaste à souhait.

Depuis l’auteur a écrit un deuxième roman, La Variante chilienne (2015) et un troisième devrait paraître en 2017, tout aussi surprenant à voir l’appel à anecdotes que Pierre Raufast a fait auprès de ses lecteurs pour agrémenter son récit !

Un auteur à suivre assurément, La Variante chilienne rejoint  de ce pas ma PAL !

La Fractale des raviolis
Pierre Raufast
Editions Alma
258 pages. 18€. ISBN: 978-2-36279-121-5

À voir 
imagele site de Pierre Raufast 

le site des éditions Alma

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Le Contrat Salinger vs Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir tudor du Sussex

Cette rentrée polar voit l’arrivée de deux romans loin des codes policiers habituels ayant en commun un sacré sens des pistes brouillées entre fiction et réalité, dans l’univers de l’édition et de l’écriture, comment donc résister ?

Adam Langer, un auteur méconnu en France et pourtant !

Mais le monde avait changé depuis que Conner avait commencé à écrire. Désormais, il suffisait d’avoir vu Les Experts pour se déclarer spécialiste en médecine légale. Le genre d’approche très détaillée qu’il avait adoptée n’était plus son seul apanage. Aujourd’hui, le public tenait tout ça pour acquis. D’ailleurs, certains lecteurs attentifs avaient déjà commencé à dénicher quelques petites erreurs dans ses textes – intrigues bancales, rues mal nommées, argot de flic démodé – et les avaient postées sur internet, sur des sites de fans, notamment, où les critiques s’avèrent en général bien moins indulgentes que les magazines papier.

le contrat salingerAdam Langer avait déjà mis en abîme un écrivain entraîné dans une folle aventure à la découverte d’un manuscrit secret dans les Voleurs de Manhattan. Ce roman publié chez Gallmeister demeure parmi mes chouchous et je le conseille régulièrement, à toutes celles et ceux qui recherchent un roman rythmé et original (sans rogner sur la qualité de l’écriture).
Alors qu’elle n’a pas été ma joie chez le libraire en voyant un nouvel opus d’Adam Langer, dont la veine polar semblait déjà plus fortement affirmé !
C’est donc avec une certaine impatience et une grande espérance que j’ai donc parcouru, enfin dévoré, Le Contrat Salinger.
Cette fois, notre narrateur n’est d’autre qu’Adam Langer lui-même nous confiant la drôle d’aventure qui arriva à Conner Joyce, un de ses amis et maître du polar en perte de vitesse.
Débute alors une intrigue qui mêle confessions de notre narrateur sur le statut difficile de l’auteur et une intrigue dont l’ampleur gagne en puissance au fur et à mesure que Langer abat ses cartes. Conner Joyce rencontre une défection de son public. Il a littéralement explosé avec son roman le Fusil du diable, et sa série policière est bien installée, mais il est désormais dans une routine qui nuit à son originalité et tue sa carrière d’écrivain. Après les heures de gloire, voici donc la période des vaches maigres et des séances dédicaces désertiques, alors qu’au même moment Margot Hetley devient une icône au milieu de ses vampires et vampards (clin d’oeil ironique au succès de la Bit lit ! ).
C’est donc un Conner au plus bas qui est approché par Dex Dunford, un étrange mécène. Tout d’abord c’est un de ses gorilles qui lui donne rendez-vous chez le mystérieux inconnu. Ensuite, sa bibliothèque personnelle recèle des merveilles : Thomas Pynchon, JD Salinger, Jaroslaw Dudek, Norman Mailer, Truman Capote, Harper Lee … Ce qui semblerait être la bibliothèque idéale s’avère une véritable énigme, car tous ces romans lui sont inconnus. Très vite, il apprend que c’est l’objet même de leur recontre. il s’agit d’originaux uniques commandés par Dex Dunford et qui ne sortiront jamais de sa bibliothèque. Dex lui propose de réaliser une oeuvre qui rejoindra ses étagères personnelles contre la modique somme de 2,5 millions de dollars, lui permettant de rémunérer son travail et de couvrir le manque à gagner dû à sa non-publication. En échange, Conner doit accepter de procéder à des modifications si besoin, de brûler ses brouillons et surtout de n’en parler à personne.
Mais Dex est loin d’être un mécène comme un autre et tout contrat comporte des risques …

A nouveau Adam Langer réussit le tour de force de dérouler un écheveau de fils narratifs à la perfection, en menant une intrigue complexe dans le cadre d’une histoire qui semblerait si simple en apparence. Si l’intrigue est captivante, les portraits psychologiques sont fins et l’ensemble est teinté d’un humour doux-amer. Une réussite !

LC Tyler joue la carte du Cluedo et de la Chambre close

Tu devrais probablement continuer à bosser. Il faut contenter ton éditeur. Rappelle-toi seulement que les écrivains sont aux éditeurs ce que les moutons sont aux bergers. Pris collectivement, vous êtes essentiels − d’ailleurs, ils auraient l’air un peu bêtes sans vous. Individuellement en revanche, vous n’êtes que des côtelettes et un chapeau en laine.

74443_aj_m_163Autre lieu, autres moeurs, avec le duo Elsie-Ethelred de LC Tyler ! LC Tyler offre ici une suite  à Étrange suicide dans une Fiat rouge à faible kilométrage et Homicides multiples dans un hôtel miteux des bords de Loire (qu’il n’est pas nécessaire d’avoir lu auparavant pour comprendre l’intrigue)
Si Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir tudor du Sussex bat son record actuel de titre décalé, il offrait également un grand moment de lecture en perspective, mon opinion demeure plus mitigée.

En effet, l’ensemble du roman repose sur un mystère type « chambre close » qu’il est difficile de renouveler. C’est un risque certain et l’approche amusante de LC Tyler a été de combiner à la fois un mystère de chambre close et une partie de Cluedo géant. Cependant malgré cette idée brillante, l’intrigue évolue cahin-caha puisque certains fils sont malheureusement vite tirés par le lecteur. Le charme de l’ensemble repose avant tout sur le personnage d’Elsie, incorrigible et sardonique éditrice, qui n’a pas sa langue dans sa poche, pour notre plus grande jubilation. Les autres personnages, notamment celui d’Ethelred un poil trop stéréotypé dans son rôle de monsieur déconnecté de la réalité, manquent de consistance les condamnant à rester dans l’ombre (dommage pour un cluedo), ce qui peut s’avérer agaçant, nuisant à l’ensemble de l’intrigue. Il en reste donc un sentiment d’inachevé alors que l’idée originale était fortement séduisante, servie par une néanmoins belle écriture.

Le contrat Salinger
Adam Langer
Editions Super 8
460 pages. 20€. ISBN : 978-2-37056-029-2 

Mort mystérieuse d’un respectable banquier anglais dans la bibliothèque d’un manoir tudor du Sussex
LC Tyler
Editions Sonatine
348 pages. 19€. ISBN : 978-2-35584-263-4

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Quand papa était petit, y’avait des dinosaures

Quand papa était petit, y avait pas d’antibiotiques, alors si t’avais la grippe, t’étais mort et comme y avait pas de montres, on arrivait en retard au bureau, mais comme y avait pas de bureau…

9782020572699_quand_papa_était_petit_bouchard_maloneAlbum culte publié en 2003 et réédité en 2012, si vous ne connaissez pas encore la douce folie, drôle et décalée de Vincent Malone et d’André Bouchard, plongez-y en famille !
Eh oui, les enfants peuvent avoir l’extrême naïveté un brin agaçante et parfois vexante de confondre années et décennies, voire siècles, lorsque les yeux grand’ouverts ils découvrent l’âge de leur parents. Un peu comme lorsque Mini-moi découvre que maman est née en mille neuf cents et des brouettes … C’est « mille-neuf » qu’elle retient, pas les brouettes qui rapprochent maman de l’an 2000 … Alors forcément « t’es vieux/vielle », oui, et avec une telle élasticité du temps enfantin, « Quand papa était petit, y’avait des dinosaures » !
C’est à partir de cette phrase, qui peut nous en rappeler tant d’autres, que Vincent Malone nous offre une variation préhistorique revisitant l’enfance des parents. S’il y avait des dinosaures, alors il n’y avait pas de télévision ? Que pouvait-on donc faire le soir ? Regarder un ours bien entendu ! La mode, c’était forcément n’importe quoi, les courses, une corvée d’ors et déjà familiale alors même que Superman, Spiderman et Batman tâtonnaient encore dans des tenues peu conventionnelles et on ne savait pas qui il fallait redouter le plus du loup ou du chaperon rouge  … bref vous l’aurez compris, il s’agit ici d’un album à l’humour mordant et un peu absurde, plutôt désopilant, impertinent à souhait, que grands et petits pourront partager avec une joie égale !
Dès 4 ans.

Quand Papa était petit, y’avait des dinosaures
Editions Le Seuil jeunesse
Vincent Malone, André Bouchard
40 pages. 18,50€. ISBN : 9782020572699

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Ne deviens jamais pauvre !

Il avait toujours vu juste quant à l’institution qu’est la civilisation ; elle est sévèrement détraquée sur tous les plans. Aucun jeu de règles ne lie plus ses membres entre eux. Les obligations sociales sont flexibles, les sanctions inéquitables, et la loi n’est jamais autre chose que les hommes qui l’appliquent.

Ne deviens jamais pauvre, daniel friedman

Si on vous dit « Memphis », vous pensez « Elvis », maintenant vous pensez aussi « Buck Schatz ».

Buck n’est pas un octogénaire pas comme les autres, bien loin de là, et vous vous en souviendrez très longtemps de ce vieil homme, encore alerte (preuve en est sa convalescence due à sa précédente aventure dans Ne deviens jamais vieux !) qui n’est pas en reste non plus lorsqu’il s’agit d’exercer son esprit caustique et mordant. D’un caractère que d’aucuns qualifieront du doux euphémisme d' »impossible », voire limite, il a su en faire une force tout au long de sa carrière de flic. En même temps, on ne fait pas d’omelette sans casser des oeufs, et ce cousin de l’Inspecteur Harry, sait donc s’y faire face aux cadors du crime ne sont pas attendris depuis le début de sa carrière et ne semblent pas décider à lui ficher la paix …

C’est ainsi qu’Elie, un braqueur de haut vol ancienne école, dont la dernière rencontre a été l’occasion d’une douce promesse de mort s’ils venaient à se croiser à nouveau, débarque à nouveau dans la vie de Buck. Paradoxalement pas à l’occasion d’un énième braquage, non tout simplement lors d’une visite « de courtoisie » à Valhalla Estates, nouveau havre de paix résidence pour séniors de Buck. Valhalla … vous noterez que le nom est déjà en soi tout un programme, et une grande source d’inspiration pour l’irascibilité de notre anti-héros !
Inconscience folle ? Perte de mémoire ? Que nenni, rien de tout cela. Il s’agit pour le vieil homme de trouver une protection pendant 48h auprès de l’homme qui s’est juré de lui faire la peau. A situation désespérée … moyens désespérés ! Faut dire que Buck, même s’il n’est pas du genre à rendre des services, ne laisserait pas couper l’herbe sous le pied et laisser un malotru lui ôter ce plaisir, et cela Elie le sait … Buck va être obligé de rempiler ce qui n’est pas une mince affaire.  Seulement Buck est-il tombé sur plus fort que lui cette fois-ci ?

Buck vous irritera. Il vous inquiétera voire vous choquera aussi. Vous pourrez peut-être ne pas l’aimer. Après tout, c’est le risque avec un caractère de chien aussi entier et ce n’est pas un enfant de choeur. Mais si vous aimez les oisillons tombés du nid qui se sont faits tout seuls comme des grands, ou les hommes qui n’hésitent pas à se salir les mains pour une certaine idée de la justice, vous devriez modérer votre opinion.
Moi Buck, il me plaît tel qu’il est. Vous l’adopterez vite, avec ses remarques mordantes, ses méthodes peu orthodoxes, sa manie d’attraper son .357 magnum avant de sortir. Forcément, écrit à la première personne, vous êtes aux premières loges pour comprendre ce drôle de bonhomme plus complexe qu’il n’y paraît armé d’un aplomb certain, d’un sens de l’humour plutôt corrosif, y compris envers lui-même, qui lui confèrent une carapace de philosophe  un poil déjanté mais aussi désenchanté de la vie. Ce n’est pas à un vieux singe qu’on apprend à faire la grimace et il est là plutôt pour donner des leçons.

Attention petite précision, au rayon des traductions de titre quelque peu étonnantes (et pour le coup un poil erronée), le titre US est beaucoup plus significatif que le titre français : Don’t ever look back. Naviguant entre 2009 et 1965, date d’un premier dossier entre nos deux compères, les méandres de son histoire personnelle avec son fils et une mémoire qui tend à défaillir, Buck est plus que jamais appelé à se souvenir malgré tout. 45 années les séparent, mais ces deux enquêtes disent tout de Buck. Elles le racontent et l’incarnent.

Daniel Friedman confirme une belle entrée dans le monde du polar américain. Ce jeune auteur de trente ans est à suivre, plume de qualité, narration impeccable, pas étonnant qu’il ait rejoint les éditions Sonatine !

Ne deviens jamais pauvre !
Daniel Friedman
Editions Sonatine
295 pages. 20€. ISBN : 978-2-35584-325-9

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Duane est dépressif

Penser, ça devait être un peu comme l’escalade, il fallait d’abord s’habituer à l’altitude. Il n’était pas habitué à réfléchir et, en particulier, sur lui-même. Il avait probablement essayé de penser trop, trop tôt, sans se donner le temps de s’accoutumer à l’altitude requise. Il faudrait qu’il ralentisse en matière de réflexion, ne pas en faire autant à la fois, et peut-être apprendre à éviter les domaines de pensée dangereux, les zones qui pouvaient troubler sa sérénité. Il était probable que penser était une activité à laquelle on devait s’adonner de façon méthodique en prenant quelques précautions.

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Le 22 février ne sera pas un jour comme les autres pour Duane. La soixantaine passée, une  vie de famille bien chargée, entre sa femme Karla, un brin excentrique et pleine d’énergie, leurs enfants et leurs neuf petits-enfants, ce chef d’entreprise aux affaires florissantes (le pétrole, c’est quand même rentable) représenterait un modèle de vertu, le chantre du self-made man. Plus rien à prouver, plus grand chose à attendre des canons de la réussite sociale, Duane est un homme « accompli ». Et ce 22 février matin, il décide de laisser au garage son pick-up pour … marcher ! Un acte inconcevable et hérétique dans son Texas pétrolier, qui ne peut qu’annoncer le pire selon ses proches. Karla voit là le signe d’une infidélité, alerte leurs connaissances qui restent pantoises devant tant de bizarrerie. C’est sûr, un tel acte ne peut que marquer un profond désespoir, Duane doit certainement être dépressif. Questionné, ce dernier n’en sait guère plus ses motivations, si ce n’est un ras-le-bol d’être dans les bonnes cases et de suivre un chemin déjà tout tracé. Il veut vivre selon ses propres désirs, lesquels ? Il ne le sait pas encore, il doit les découvrir …

Bienvenue dans une histoire digne d’un road-movie ! Ni-comédie, ni tout à fait drame, ce roman satirique à souhaiter pourra détendre vos zygomatiques ou vous faire sourire jaune, mais toujours sans méchanceté, grâce au regard acéré et pointilleux de son auteur Larry McMurty, qui ausculte ses contemporains … pour leur bien ! Si l’expérience n’attend pas l’âge, Duane a réussi sa vie sans vraiment la vivre. Tel un héros picaresque, notre Thoreau des temps modernes se questionne et nous questionne par un habile jeu de miroirs sur nos désirs les plus profonds et les injonctions que nous pouvons recevoir au quotidien : devoir de réussite sociale, devoir d’un certain style de vie pour être un citoyen/homme/époux/ami modèle (idem au féminin).

Incisive, cocasse et introspective, la dépression de Duane nous fait un bien fou ! A lire assurément !

Duane est dépressif
Larry McMurtry
Editions Sonatine
598 pages. 22,30€. ISBN : 9782355841729

A voir !

Le site des Editions Sonatine
La page IMDB de Larry McMurtry à qui nous devons aussi l’adaptation cinématographique du roman d’Annie Proulx le Secret de Brokeback Mountain

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Une famille délicieuse, de Willa Marsh

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Ce que j’aime avec Willa Marsh, c’est qu’à chaque roman, elle nous offre la possibilité de retrouver un univers bien particulier, un chez-soi dans l’immense espace littéraire. J’ai une maison chez Joyce Carol Oates, une chez Stefan Zweig et une chez Willa Marsh.

Dès le seuil franchit, on retrouve son univers drôle et caustique, mais avec une lumière différente, sa fiction est habitée d’une galerie de personnages consistants, presque de chair et de sang, que l’on pourrait croiser dans le cours de notre vie. Tout comme les deux autres auteurs que j’ai cité, son regard sur le monde est vif, critique souvent, parfois amusé ou stupéfait.

Dans ce nouvel opus tant attendu depuis le dernier Meurtre au manoir, Willa Marsh nous invite à lire mystérieuse derrière délicieuse, avec cette pointe d’ironie so british, présente mais raffinée, aussi vaporeuse que le parfum du thé. Elle brosse le portrait de trois générations avec comme figures centrales trois septuagénaires, Nest, Georgie et Mina. Si Nest et Mina sont soudées comme les doigts de la main, l’on devine le malaise provoqué par les répétitifs et glaçants « Je connais un secret » de Georgie, qui n’a plus tout sa tête. Elle semble insinuer que leur mère eut une aventure avec ce charmant soldat qui sympathisa avec leur famille … Elle en a pour preuve la blondeur de leur frère. Cette Georgie au caractère bien trempée est également source de fatigue pour sa fille qu’elle malmène et rudoie. Celle-ci souhaitant souffler quelque peu, la confie à ses deux sœurs pour qui l’atmosphère de la maison familiale, faite habituellement de bons et tendres souvenirs et de journées se déroulant dans une fraternelle complicité, se transforme de chaleureuse en pesante et nostalgique. Car réunir ce trio constitue un véritable retour dans le passé, un voyage troublant dans lequel chacune connaît une pièce de l’histoire familiale. L’arrivée de leur nièce Lyddie, fille de leur quatrième et défunte sœur Henrietta, apporte un souffle apaisant mais révèle le cœur du mystère : que s’est-il vraiment passé le jour de l’accident de Nest, lorsqu’elle perdit l’usage de ses jambes et que leur quatrième soeur Henrietta décéda brutalement ?

Vous l’aurez compris cette histoire familiale intrigante  dépeint dans une fresque émouvante une famille soudée et meurtrie par le poids du silence, mais surtout de l’imagination qui peut porter le regard là où il n’est pas attendu. Ce bel ouvrage, le plus long écrit jusqu’à présent par Willa Marsh, se dévoile avec patience et attention. Et si vous peinez à rentrer dans cette nouvelle famille, poursuivez votre lecture, car ces vieilles dames respectables vous offrent un bel hymne à la liberté et à la tolérance.

A voir !

Son site
Le site des éditions Autrement


Une Famille délicieuse

Willa Marsh
Editions Autrement
479 pages. 22€. ISBN : 978-2-7467-3428-9

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Le Livre qui fait aimer les livres …

Lire fait grandir (beaucoup plus vite que la soupe). Il est prouvé que si tu as 100 ans et que tu lis toujours, tu grandis encore ! sans jamais t’arrêter !

le-livre-qui-fait-aimer-les-livres-francoize-boucherAvec un tel titre, pas étonnant que mon regard fut accroché ! Deux bouilles de fille et de garçon prêts à dévorer des livres, tiennent dans leurs mains d’énormes couverts fins prêts à venir à bout du drôlissime exemplaire. La revendication est claire, sans aucun doute : « Pour les zenfants et les zadultes ». Je devrais rajouter qu’il n’est pas nécessaire de suivre des doses homéopathiques. Absolument pas ! Car « Françoize » Boucher croque avec humour ce qu’elle nomme « une tonne de raisons vraies ou très très très délirantes de dévorer un max de livres pendant toute ta vie sans grossir ». Un programme alléchant ! Le pouvoir magique de ce livre opère de son ouverture avec la découverte du super-héros/auteur et du célèbre Marc Page qui nous suit dans ces aventures. A noter que ce dernier peut être en chômage technique avec un adulte, et se retrouver finalement gardien de trésor, en permettant à ce dernier de partager sa page favorite !

Livres ennuyeux, changement de couverture, séance « happy lecture » (une part de gâteau = un chapitre, ou est-ce plutôt l’inverse 😉 fausses pubs et vraies bonnes idées, ce livre réjouira les lecteurs assidus comme les débutants, les hésitants, les décrocheurs, les geeks ou les accros de la TV ! Plein de belles surprises à ne pas dévoiler, il est à partager avidement !

Le livre qui fait aimer les livres même à ceux qui n’aiment pas lire
Françoise Boucher
Editions Nathan
112 p. 10€. ISBN : 2092532839

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