Étiquette : drôle

Chien pourri

« – On joue à chat ? – Ben non je suis un chien. – Alors à chat perché ? – Ben non, je ne suis pas un arbre. Pauvre Chien Pourri, il ne comprend jamais rien. Mais un jour, la découverte d’un vieux lacet dans sa poubelle le pousse à se poser une drôle de question : – Dis-moi, Chaplapla, pourquoi les chiens ont-ils des laisses ? – Parce qu’ils ont des maîtres, Chien Pourri ! – Qu’est-ce que c’est ? – Tu ne sais pas ce qu’est un maître ?! – Non. Aussitôt des larmes coulent sur son museau. Il sent qu’un maître est quelque chose d’important… »

chien pourriChien pourri n’a pas une vie facile comme son nom peut le laisser à penser. La pauvre créature est née dans une poubelle et ne semble pas la plus futée sur terre. Infestée de puces et étiquette  « moche » avec son odeur de sardine et sa fourrure-serpillière , il a tout du grand dadais écervelé.
Mais Chien pourri a pour lui un grand coeur et un optimisme sans faille issu de sa grande légèreté d’esprit et sa naïveté .. même dans les situations les plus désespérées ! Anti-héros par excellence à qui il arrive des mésaventures en tout genre, accompagné de Chat-pla-pla, un pauvre hère des rues comme lui, « passé sous les roues d’un camion à l’âge de trois mois. » Le toutou est attachant même si l’on ne peut s’empêcher de penser à sa bêtise ! Bref un poil idiot malgré tout, ce petit Chien pourri est un personnage pas comme les autres que les petits lecteurs adoptent avec joie, tant sans l’épargner de la méchanceté des uns, Colas Gutman pose un regard tendre, drôle et bienveillant sur cet petit chien à part.
Des histoires courtes et bien écrites par Colas Gutman, accessibles aux lecteurs débutants, qui peuvent croquer ses six aventures. Il est illustré par Marc Boutavant qui n’a pas son pareil pour lui donner vie.

Vous pourrez retrouver également un joli roman L’Enfant de Colas Gutman, primé par le Prix Sorcières sur le blog,

A voir !

La galerie virtuelle de Marc Boutavant
Colas Gutman sur le site de l’Ecole des loisirs

 

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Le jour du A, de Jean-Luc Englebert

9782211098021_jour_du_a_englebertL’auteur-illustrateur jeunesse Jean-Luc Englebert nous offre un album jeunesse tendre consacré à l’école et surtout de l’apprentissage de la lecture !

Un drôle de saurien (crocodile ? dinosaure ? Nous le saurons en cours d’histoire ! ) semble s’ennuyer en attendant … mais que peut-il attendre ? Une petite fille pointe le bout de son nez, un cartable à la main. Elle, elle revient de l’école, mais lui ne peut y aller … Alors celle-ci partage fière son tout nouveau savoir.

 Ce drôle de tandem s’applique à décrypter tout les objets qui lui passe sous la main … Mais bientôt la lettre B pointe le bout de son nez !

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Cette histoire touchante et drôle parlera non seulement à toutes celles et ceux qui ont joué au maître et à la maîtresse, mais aussi à l’enfant intérieur qui apprit avec émerveillement à décrypter, décoder, ces étonnants petits signes que sont les lettres. Cette petite musique de l’enfance provoquera d’étonnantes réminiscences où l’on verra aussi les aînés, frères ou soeurs, fils ou filles, apprendre à lire aux plus petits, ou à leur animal de compagnie !
Avec humour, ces premiers pas nous sont livrés dans de touchantes vignettes, véritables concentrés d’expressions pleines de justesse.
Mais Le jour du A est aussi une adorable histoire à lire, quand on débute la lecture ! Avec un début de CP derrière lui, c’est avec une grande fierté que Numérobis a déchiffré tout seul comme un grand cette histoire. Un plaisir de la lecture qui passe donc par le plaisir de partager des histoires, de les faire découvrir et de le lire !

Le Jour du A
Jean-Luc Englebert
Ecole des loisirs. Collection « Pastel »
28 pages. 11,20€. ISBN : 9782211098021

A voir !
L’ultrabook de Jean-Luc Englebert
Le site de l’Ecole des Loisirs

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Philibert, histoires à faire peur !

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Ah ah je vois déjà votre mine réjouie  ou affolée à la découverte de Philibert ! Ce ne sont  guère des histoires à faire réellement peur mais ces contes  moraux possèdent une gentille  cruauté et un humour grinçant … à prendre au second degré.  Écrits par Hilaire Belloc, un des « Quatre Grands écrivains » de la littérature edouardienne, ils sont de véritables bonbons acides au dénouement surprenant – et cerise sur le pudding – sont illustrés par Sir Quentin Blake himself.

Ici les enfants ne vont pas au coin mais connaissent d’affreux chatiments comme « Jim qui faussa compagnie à sa nounou, et fut dévoré par un lion »  dont le triste sort n’a d’égal celui de « Henry King qui mâchonnait des bouts de ficelle et mourut à la fleur de l’âge dans d’atroces souffrances » . Mais derrière le courage inconscient ou la bêtise de leur action se dévoile une moralité qui vise si bien les petits travers de nos bambins que l’étonnement  se dessine que leur visage. Si Jim, Henry, Rébécca, Georges, Frank et Philibert vous évoque un étrange lien de parenté avec Matilda, la Matilda de Roald Dahl, ne vous étonnez pas car derrière cette  jeune fille facétieuse se cache également l’ombre de Belloc !

Vous y retrouverez avec plaisir le trait aérien et perspicace de Quentin Blake qui croque à nul autre pareil expressions et instants sur le vif !

Pour les plus timorés qui auraient plein de bêtises à se reprocher, une petite incursion du côté des Cacatoès     concocté  par le maître du dessin de jeunesse anglais  (qui prit non seulement la plume pour ses croquis mais aussi l’histoire) fera également passer un bon et drôle de moment ! L’œil affuté et le regard aiguisé, c’est partie pour une séance de cache-cache !

cacatoès_quentin_blakeEt, comme chaque matin, le professeur Dupont ouvrait les bras en s’écriant « Bonjour, mes petits amis emplumés ! » […]

Un jour vint où les cacatoès se dirent qu’ils deviendraient fous s’ils entendaient ne serait-ce qu’une fois encore le même refrain.

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Quand papa était petit, y’avait des dinosaures

Quand papa était petit, y avait pas d’antibiotiques, alors si t’avais la grippe, t’étais mort et comme y avait pas de montres, on arrivait en retard au bureau, mais comme y avait pas de bureau…

9782020572699_quand_papa_était_petit_bouchard_maloneAlbum culte publié en 2003 et réédité en 2012, si vous ne connaissez pas encore la douce folie, drôle et décalée de Vincent Malone et d’André Bouchard, plongez-y en famille !
Eh oui, les enfants peuvent avoir l’extrême naïveté un brin agaçante et parfois vexante de confondre années et décennies, voire siècles, lorsque les yeux grand’ouverts ils découvrent l’âge de leur parents. Un peu comme lorsque Mini-moi découvre que maman est née en mille neuf cents et des brouettes … C’est « mille-neuf » qu’elle retient, pas les brouettes qui rapprochent maman de l’an 2000 … Alors forcément « t’es vieux/vielle », oui, et avec une telle élasticité du temps enfantin, « Quand papa était petit, y’avait des dinosaures » !
C’est à partir de cette phrase, qui peut nous en rappeler tant d’autres, que Vincent Malone nous offre une variation préhistorique revisitant l’enfance des parents. S’il y avait des dinosaures, alors il n’y avait pas de télévision ? Que pouvait-on donc faire le soir ? Regarder un ours bien entendu ! La mode, c’était forcément n’importe quoi, les courses, une corvée d’ors et déjà familiale alors même que Superman, Spiderman et Batman tâtonnaient encore dans des tenues peu conventionnelles et on ne savait pas qui il fallait redouter le plus du loup ou du chaperon rouge  … bref vous l’aurez compris, il s’agit ici d’un album à l’humour mordant et un peu absurde, plutôt désopilant, impertinent à souhait, que grands et petits pourront partager avec une joie égale !
Dès 4 ans.

Quand Papa était petit, y’avait des dinosaures
Editions Le Seuil jeunesse
Vincent Malone, André Bouchard
40 pages. 18,50€. ISBN : 9782020572699

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Mon ballon de Mario Ramos

Là !
Une grande bouche pleine de dents !
C’est lui !
C’est le Bzou…,
c’est le Brou…
Zut alors, Mario Ramos Mon ballon

mon_ballon_ramos

Je suis particulièrement fan des contes détournés ! Ils permettent de revisiter une histoire déjà connue, d’une toute autre façon : autre personnage, autre lieu, autre temps, autre ton, ils laissent libre cours à notre imagination s’ils nous surprennent et nous font quitter les chemins déjà bien connus.
Le conte le plus détourné est, je vous laisse deviner …le Petit Chaperon rouge !
Parmi ses nombreuses ré-interprétations, nous avons cet attendrissant ballon, surprenant et tout aussi terrifiant que le premier … même si c’est pour de rire finalement !

Celui-ci est très fier car sa maman lui a offert un magnifique ballon rouge. Bien entendu, il faut le montrer à Grand-mère. Et au détour de chaque virage, nous nous attendons à croiser notre ami le loup, mais c’est d’abord un lion en patin à roulettes ! On retrouve ici un clin d’oeil à l’univers loufoque du Code de la Route, paru deux années plus tôt, album dans lequel le Petit chaperon à vélo croise de drôles de panneaux et surtout d’autres personnages de contes.
Ici c’est d’abord son ballon que nous suivons, qui prend toute la place dans cette balade, une véritable star qui se présente à chaque double page. Des oiseaux suivent du regard l’avancée du Chaperon à travers la forêt, qui fredonne « Promenons-nous dans les bois » comme il se doit, tout en se questionnant : vais-je rencontrer un papillon, une cathédrale … jouant ainsi de sa peur et de notre angoisse, car bien évidemment, nous attendons fermement son adversaire séculaire ! Qui arrive tout simplement … Mais là … tout le sel est dans l’histoire que je vous recommande vivement ! Dès 3 ans.

Mon ballon
Mario Ramos
Ecole des Loisirs. Collection Pastel.
32 pages. 12€. ISBN : 9782211208277

A voir !

Le site de Mario Ramos

 

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Dear George Clooney, tu veux pas épouser ma mère ? de Susin Nielsen.

george-clooney-susin-nielsen-divorceViolette Gustafson est une adolescente de treize ans qui s’est juré qu’il ne fallait pas qu’elle tombe amoureuse, même pas de Jean-Paul, ce nouvel élève francophone pas si mal du tout … Pour elle, l’amour est synonyme de cata depuis que ses parents sont séparés. Son père, désormais installé à Los Angeles, vit avec Jennica, sa nouvelle compagne un brin bimbo, et leur jumelles. Violette est, elle, restée avec sa mère Ingrid et sa petite soeur, Rosie à Vancouver.
Les femmes Gustafson ont leurs petits rituels, notamment celui de se retrouver tous les vendredis soir autour d’un DVD .. Mais ce soir finalement, Ingrid a un rendez-vous galant. Pour Violette, ce jour marque le début de tout un plan d’attaque visant à caser sa mère avec un homme qui la mériterait ! Car selon Violette, aucun des prétendants de sa mère n’est à la hauteur, tantôt alcoolique, tantôt allergique aux enfants, tantôt juste inintéressant …
Elle a du mal à comprendre d’ailleurs que sa mère tienne tant à retrouver un homme dans sa vie et enchaîne ainsi les rencarts malheureux, sous les bons (?)  conseils de son amie Karen.
Notre jeune héroïne n’hésitera pas alors à enquêter sur le nouvel amoureux de sa mère, Dudley « la saucisse » Wiener, entourée de Phoebe, sa fidèle amie, et de Jean-Paul . Mais ce n’est pas tout, l’adolescente à la forte tête, pense trouver la solution en écrivant à George Clooney. En effet, coiffeuse sur les plateaux de cinéma, sa maman le rencontra quelques années auparavant …  Cette aventure ne sera pas sans repos, car en plus de protéger sa mère, Violette doit faire face aux petits tracas et bobos de la vie d’une collégienne.

Ce roman drôle et tendre à la fois aborde le sujet déjà souvent traité du divorce et de la famille recomposée mais avec beaucoup de délicatesse, grâce notamment à son espiègle héroïne écorchée vive et truculente à souhait. Les scènes parfois loufoques sont également pleines de profondeur sur les interrogations de cette jeune fille, qui doit faire le deuil de la séparation de ses parents et accepter l’arrivée de sa belle-mère et de ses deux demies-soeurs. Cette quête d’un nouvel équilibre permet également à Violette de mieux comprendre les rapports complexes des adultes et que la relation de ses parents n’était peut-être pas aussi idyllique que ce qu’elle imaginait … Un joli roman jeunesse, au rythme trépidant, que l’on croque d’un trait !

Dear George Clooney.
Susin Nielsen.
Editions Hélium.
194 pages. 13,90€. ISBN : 978-2-358-51079-0

A voir !

La présentation du roman dans l’émission de Denis Cheissoux, L’as-tu lu mon p’tit loup ?
Le site de Susin Nielsen
Le site des éditions Hélium

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Une collection très particulière, Bernard Quiriny.

Le présent contiendrait tout. Venus de partout, allant partout et sachant tout de l’univers et du futur, nous serions comme des dieux, perplexes et désespérés à l’idée qu’il ne resterait rien à découvrir, ni demain ni jamais.

Une_Collection_Tres_Particulière_QuirinyAttention objet littéraire non identifié mais plein d’esprit et cocasse en vue ! Fâché avec les nouvelles ? Il se pourrait bien que vous vous réconciliez avec ce genre ingrat car très exigeant et bien trop souvent maltraité. Mais est-ce réellement un recueil de nouvelles ? C’est à la fois cela et bien plus encore. C’est un jeu. Oui, oui un jeu, dans le lecteur s’amuse et que Bernard Quiriny a certainement pris un plaisir malin et facétieux à écrire !

Dans cette collection très particulière, vous suivez un ensemble de perles, certaines vous plongeant dans l’univers des livres, d’autres vous transportant dans une dizaine de villes imaginaires et fantaisistes, et encore d’autres dans un monde différent, celui dans lequel nos plus folles utopies se réalisent … De perles en perles, les récits s’enchâssent, s’intercalent en une jolie cadence et gardent une continuité dans la loufoquerie, grâce notamment à deux personnages, Pierre Gould, le dandy bibliophile qui sévissait déjà dans son premier opus, étrange avatar de son auteur, et le narrateur, notre part naïve et curieuse, qui découvre l’étonnante bibliothèque de cet étonnant érudit d’un autre temps. Car il s’agit de livres, mais pas seulement … décidément tout cela semble bien compliqué, et pourtant non !

Essayez d’imaginer donc ce que peut-être un livre gigogne (un peu comme celui-ci d’ailleurs), ou un livre très ennuyeux (ah ce cas-là malheureusement nous en avons tous croisé). Quiriny transcende cela, sous sa plume les livres les plus ennuyeux revêtent une parure inconnue et satirique, certains ayant même presque tué leurs auteurs, ou comme cet auteur de L’oeuf, monument de 1200 pages, décrivant un œuf, qui bien qu’ennuyé à l’écrire fut encore plus ennuyé de le relire … D’autres livres improbables hantent également ces pages, comme ceux, qui se perfectionnent au fil du temps, perdant chaque mot superflu, s’affinant comme le bon vin, ceux qui ne peuvent être lu que bien habillé …  Croisez également les habitants de Livoni et leur volcan, ceux encore de cette ville, dans laquelle on ne vit qu’un jour sur deux … Et que se passerait-il si tout à chacun pouvait changer de nom comme il le souhaitait, échangeait son corps en faisant l’amour ou ressuscitait pour de bon ?

Bienvenue dans un cabinet de curiosités farfelu et plein de charme, dont le pouvoir imaginatif n’est pas sans rappeler d’autres monstres de la littérature comme Italo Calvino. Mais quoiqu’il en soit, nul besoin de porter un smoking, pour dévorer ou savourer comme un bonbon cette étrange collection, qui restera bien dans votre mémoire !

Une collection très particulière
Bernard Quiriny.
Editions du Seuil. Collection « Cadre rouge ».
184 pages. 14,20€. ISBN : 978-2-02-104695-3

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