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Mon oeil ! Une web-série décalée du centre Pompidou

oeilIl n’y a pas d’âge pour découvrir l’art. L’émerveillement et le questionnement face au beau, à l’étrange, au sublime ou au grotesque se fait dans la pupille, jeune ou plus vieille, vierge de toute référence ou aguerrie.
Le Centre Pompidou lance une web-série pour initier les plus jeunes  à l’art moderne à travers les collections du Centre Pompidou : ainsi Charlotte Perriand, Mondrian et de jeunes créateurs, vidéastes, peintres, sculpteurs, designers sont mis à l’honneur dans ces petits-courts de 10 minutes. Une dizaine de minutes de voyage artistique, avec une mise en scène un peu rétro, grâce à cet oeil speaker !

La rubrique Art’bracadabra notamment permet une « découverte magique des ingrédients d’une oeuvre d’art » très didactique. Le travail de vulgarisation est très fin et la réception de la vidéo dépendra de certains concepts et de votre enfant ! Elle a le grand mérite de chercher à sensibiliser sur des concepts de base pour la lecture d’une oeuvre de façon poétique peu évidents pour les plus jeunes : le point, la ligne, la forme (et sa consoeur l’abstraction).
Si le concept est donc très chouette avec pour ambition de toucher les plus jeunes dès cinq ans, certaines explications sont tout de même plus accessibles dès le primaire. Mais les yeux du coeur et de l’esprit sauront apprécier la plupart de ces courtes vidéos contemporaines et animations de tableaux tout simplement ludiques et saisissantes …

A découvrir tous les mercredis sur le site du Centre Pompidou, déjà trois épisodes à retrouver vite en ligne !

A voir !

https://www.centrepompidou.fr/cpv/theme/mon-oeil

 

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Quand papa était petit, y’avait des dinosaures

Quand papa était petit, y avait pas d’antibiotiques, alors si t’avais la grippe, t’étais mort et comme y avait pas de montres, on arrivait en retard au bureau, mais comme y avait pas de bureau…

9782020572699_quand_papa_était_petit_bouchard_maloneAlbum culte publié en 2003 et réédité en 2012, si vous ne connaissez pas encore la douce folie, drôle et décalée de Vincent Malone et d’André Bouchard, plongez-y en famille !
Eh oui, les enfants peuvent avoir l’extrême naïveté un brin agaçante et parfois vexante de confondre années et décennies, voire siècles, lorsque les yeux grand’ouverts ils découvrent l’âge de leur parents. Un peu comme lorsque Mini-moi découvre que maman est née en mille neuf cents et des brouettes … C’est « mille-neuf » qu’elle retient, pas les brouettes qui rapprochent maman de l’an 2000 … Alors forcément « t’es vieux/vielle », oui, et avec une telle élasticité du temps enfantin, « Quand papa était petit, y’avait des dinosaures » !
C’est à partir de cette phrase, qui peut nous en rappeler tant d’autres, que Vincent Malone nous offre une variation préhistorique revisitant l’enfance des parents. S’il y avait des dinosaures, alors il n’y avait pas de télévision ? Que pouvait-on donc faire le soir ? Regarder un ours bien entendu ! La mode, c’était forcément n’importe quoi, les courses, une corvée d’ors et déjà familiale alors même que Superman, Spiderman et Batman tâtonnaient encore dans des tenues peu conventionnelles et on ne savait pas qui il fallait redouter le plus du loup ou du chaperon rouge  … bref vous l’aurez compris, il s’agit ici d’un album à l’humour mordant et un peu absurde, plutôt désopilant, impertinent à souhait, que grands et petits pourront partager avec une joie égale !
Dès 4 ans.

Quand Papa était petit, y’avait des dinosaures
Editions Le Seuil jeunesse
Vincent Malone, André Bouchard
40 pages. 18,50€. ISBN : 9782020572699

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« Mon musée imaginaire », Paul Veyne

musée imaginaireAmoureux de la peinture italienne, vous vous régalerez avec cette balade picturale commentée par Paul Veyne. Ce grand monsieur passionnant, un des plus grands historiens de l’Antiquité, érudit sans être pétant, plein d’un esprit pétillant offre les portes d’un musée riche de 255 toiles. Vous parcourez des siècles de peinture à travers plusieurs « salles » consacrés aux grands maîtres de la Renaissance et du Classicisme : les « incontournables, mais aussi quelques noms moins connus du grand public, comme Masaccio, Mantegna, Signorelli,Carpaccio. Ce beau projet a donné naissance également au premier livre d’art numérique, avec une version, très abordable, vendue sur l’iBookstore. C’est non seulement un autre support, mais aussi une toute autre édition, puisque celle-ci est enrichie de quarante commentaires audio de Paul Veyne !

Andrea Solario 002

L’occasion pour moi de mettre à nouveau le nez dans ces beautés, et de faire la découverte de Solario et son magnifique « Vierge au coussin vert » (vers 1500), un tableau plein de tendresse maternelle et de complicité que vous pourrez découvrir au Musée du Louvre ! Il est un des seuls vestiges du passage du peintre en France.

Et pour celles et ceux qui l’ont jamais encore eu l’occasion de le découvrir, vous pouvez réécouter ce « Grand Entretien », lors duquel Paul Veyne était reçu par François Busnel à l’occasion de la sortie de sa nouvelle traduction de L’Enéide de Virgile et de la réédition numérique de « Mon Musée imaginaire ».

 

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J’aime être gourmande, Colette

On naît gourmet. le vrai gourmet est celui qui se délecte d’une tartine de beurre comme d’un homard grillé, si le beurre est fin et le pain bien pétri. Il y a beau temps que je n’ai plus chez moi de cuisinière experte… Mais je n’ai renoncé à rien de ce qui contente le palais, partant, le cerveau. En fait de « plats préférés », je préfère… tout ce qui est bon, tout ce qui fait de l’heure des repas une petite fête des papilles et de l’esprit. N’est-ce pas une très bonne philosophie?

colette_j'aime_être_gourmandeLes éditions de l’Herne ont composé un petit recueil de chroniques écrites par Colette, pour le magazine Marie-Claire, magazine qui naquit en 1937. Colette participa à la rédaction de cinq numéros, dont notamment le 100° numéro dont elle dirigea la majeure partie de la rédaction. Les extraits choisis ont été publiés entre 1938 et 1940, date à laquelle la rédaction cessa en raison de l’invasion allemande. C’est un voyage dans le temps qui nous est donné de parcourir, à travers quelques tranches de vie et des réflexions sur la société de ces années d’Entre-deux guerres, avec pour guide impertinent Colette.

Le texte inaugural, J’aime être gourmande, est un véritable ode à la bonne chère et livre un portrait plein de saveur de la cuisine et de Colette aux fourneaux, dans lequel nous sommes touchés par ses mots simples dans lesquels transparaît une réelle passion culinaire, du choix de produits nobles à leur préparation et leur mise en beauté, tout en précision (« jetez-y une poussière de sel » . C’est une lecture auditive et olfactive, on entend les bruits de cuisson, l’on sent l’odeur d’humus avec les champignons.

Mais tout le sel de ce recueil va bien au-delà des plaisirs gourmets, cette gourmandise revendiquée est celle plus vaste d’une épicurienne, d’une amoureuse de la vie, qui savoure et célèbre la poésie, la présence de ces chats, la vie nomade sans oublier l’amitié ou l’amour. La simplicité de Colette est touchante, interpellant, conseillant, ses lectrices avec toute la décontraction de la conversation et sa langue sensible, charnelle et sincère.

J’aime être gourmande.
Colette.
Editions de l’Herne.
104 pages. 9,60€. ISBN : 9782851979469

A voir !
Le site des Editions de l’Herne

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Petite main, petit pouce, un livre jeu de Martine Perrin

petite_main_petit_pouce_perrinC’est parti pour un amusant voyage tactile !

Avec cet album tout-carton aux couleurs acidulées de Martine Perrin, les petites mains des petits loups sont à l’honneur et trouvent un terrain de jeu où s’exercer avec habileté et imagination … Placer les mains dans la boue, toucher des cailloux ou encore suivre la coquille d’un escargot et bien d’autres surprises agrémentent ce livre jeu qui éveille le sens des tout-petits. Interactivité, imagination et fous rires sont au rendez-vous au cœur de cette jolie histoire, à jouer et à rejouer.

Dès un an.

Petite main, petit pouce
Martine Perrin.
Le Seuil Jeunesse.
32 pages. 12€. ISBN : 978-2-02-108053-7

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Confessions d’un gang de filles vs Foxfire

Ce qui vous lie au plus profond, vous ne pouvez le ressentir.
Sauf si on vous l’enlève.

confessions d'un gang de fillesAvant d’être un film de Laurent Cantet (Foxfire), Confessions d’un gang de filles est un portait au vitriol de l’Amérique des années 50 de la prodigieuse Joyce Carol Oates. Plaidoyer pour ces jeunes femmes cherchant plus de justice et de liberté, pamphlet contre ces mêmes confréries, dont l’univers se déconnecte inexorablement de la société, qui à vouloir la faire changer et la convaincre de sa bonne cause, ne peut que l’horrifier et en être rejetée.
Car ce que vous trouverez dans ce livre, pêle-mêle (mais dans un désordre bien orchestré, ainsi que le sont les intrigues remuantes de Oates, laissant le lecteur sans répit), c’est une aspiration forte et irrépressible des ces jeunes filles à être aimées pour ce qu’elles sont, certaines abandonnées de leur famille ou isolées, à être respectées que ce soit par les hommes ou par les consœurs. C’est l’histoire de jeunes femmes qui se choisissent une famille, se choisissent pour sœurs, dans un monde qui leur semble hostile et dans lequel il leur semble nécessaire de rétablir une certaine justice.
C’est un monde animé par des idéaux et par le charisme de Margaret, dite Legs, dont le père n’est qu’une ombre depuis le décès de sa femme. Empreinte des idées de liberté et d’égalitarisme, elle édicte la table des lois de Foxfire, où chacune trouvera refuge et se dévouera (jusqu’à la mort ou l’exclusion  s’il le faut). Simples suiveuses ou partisanes déterminées, chacune d’entre elles souhaite se réaliser dans cette nouvelle famille aux membres disparates.  S’illustrant d’abord dans des actes anodins, comme punir un oncle cherchant à négocier sa machine à écrire destinée aux rebuts contre cinq dollars ou une gentillesse, le clan va très vite évoluer aux marges des règles communes, car pour vivre ses rêves ou tout simplement survivre, il faut subvenir à ses besoins …

Dans son adaptation cinématographique, Laurent Cantet nous propose une interprétation libre et pourtant quasi évangélique du bouleversant roman de Oates, où l’on retrouve une même tension tragique, montant progressivement, taisant avec pudeur le passage à Redbank de Legs pour mieux se focaliser sur ses camarades d’infortune. Cette adaptation est d’une très grande qualité et servie par l’interprétation magistrale de ces jeunes femmes.

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