Étiquette : roman historique

Le Montespan de Jean Teulé

– Vapeurs élevées de la rate et de l’humeur mélancolique dont elles portent les livrées par le chagrin qu’elles impriment. Elles se glissent par les artères au cœur et au poumon où elles excitent des palpitations, des inquiétudes et des étouffements considérables. De là, s’élevant au cerveau, elles y causent, agitant les esprits.
– Ce qui veut dire ?…
– Vous êtes cuit.

Montespan Jean TeuléMon Dieu, quelle déception ! Autant j’avais apprécié l’originalité et le verbe de Teulé dans son inarrable Magasin des Suicides, que ce Montespan m’a fortement ennuyé. Et pourtant, le sujet était croustillant et la plume de Teulé semblait adéquate … Il portraiture le couple de la plus sulfureuse des maîtresses de Louis XIV, la Montespan. Pour ceux qui ne connaîtrait pas l’histoire de son ascension voici un petit résumé.

Lous-Henri de Pardaillan de Gondrin, rencontre à la faveur d’un duel funeste, Françoise de Rocherchouart de Mortemart. Ce coup de foudre réciproque se conclut par des noces aussi rapides que passionnées. Les Montespan vont vivre chichement, chacun étant un grand passionné des jeux d’argent et des plaisirs de la société. Seulement nul de peut vivre d’amour et d’eau fraîche indéfininement, aussi pour satisfaire les goûts quelques peu luxueux de sa femme, l’époux dévoué prend charge militaire, car diriger une troupe amènerait un peu de gloire à ce noble crotté et réhabiliterait sa famille en disgrâce aux yeux du Roi.
Le destin semble sourire à ce jeune couple ambitieux, puisque Françoise se voit proposer une charge de dame d’honneur auprès de la Reine. A la défaveur de ses absences, Louis-Henri constate rapidement que Françoise évolue rapidement comme un poisson dans l’eau à Versailles, bien que celle-ci eut émis quelques craintes à ses débuts. Mais quelle n’est pas sa surprise, de la voir si bien intégrée à la cour, lorsqu’il la retrouve après 11 mois de campagne, enceinte … mais du Roi.
A partir de ce moment, le panache dont n’a pu faire preuve le marquis de Montespan va se révèler dans ses harangues perpétuelles et inlassables contre le Roi et Françoise, devenue Athénaïs.

Si la pugnacité et l’audace du marquis sont évoquées avec justesse (son fameux carosse corné et son blason modifié à l’occasion par exemple), la véracité de l’ensemble semble compromise. Le bruit de l’histoire se veut effectivement historique, mais beaucoup de fantaisies se glissent dans ce portrait à charge du Roi et de la Montespan. Quant à la plume de Teulé, habituellement pleine d’humour, se complaît ici dans la vulgarité et s’éloigne même dans les échanges verbaux des joutes verbales dans l’esprit du XVIIIe. Décevant.

Le Montespan
Jean Teulé
Editions Pocket. 309 pages. 6.50€
ISBN : 978-2-266-18674-2

A lire !

La Montespan
 de Jean-Christian Petitfils, éditions Fayard

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Six jours de Ryan Gattis

La ville de LA possède un moteur, elle aussi, un moteur qui ne s’arrêtera pas. Il ne peut pas s’arrêter. La ville est une survivante. Elle continuera d’aller de l’avant, quoi qu’il arrive, et elle se relèvera de ces flammes, s’en relèvera de l’autre côté, et ce sera quelque chose de cassé, de beau et de neuf.

six jours ryan gattisSix jours  comme ces six jours avec une ville à feu et à sang. Six jours qui ont fait basculer l’histoire de Los Angeles, mais aussi  la lutte contre la violence policière et la discrimination aux Etats-Unis. six jours ryan gattis

Aux origines du mal : l’arrestation de Rodney King le 3 mars 1991

Au départ de cette envie d’écriture, un fait divers qui fera rentrer dans l’histoire le nom de Rodney King. Le 3 mars 1991, alors âgé alors de 24 ans, ce citoyen afro-américain, a bu avant de prendre le volant avec deux amis, et roule vite, bien trop vite. Suivi par la police, il se lance dans une folle course poursuite à travers la ville (en raison de sa précédente condamnation ?). Lorsque son véhicule est enfin immobilisé, Rodney King, résiste, est extrait de son véhicule violemment, puis sera passé à tabac. L’enquête révélera notamment que les officiers de policiers pensaient à tort qu’il était sous l’emprise d’une drogue le PCP, qui donne un sentiment de toute-puissance et ôte toute sensation de douleur. Le colosse d’1,91 mètre n’a pas été terrassé au premier coup de taser, il y en aura un deuxième, puis 56 coups de barre de fer, et quelques coups de pied, avant d’être traîné sur le bas-côté de la route en attendant l’ambulance (il s’en sort avec une mâchoire cassée et une cheville brisée).

Cette scène « ordinaire » de dérapages policiers aux USA est cependant enregistrée par un
jeune homme. Diffusée à travers le pays et le monde entier, la vidéo fait scandale.
six jours ryan gattisLes conversations radio enregistrées sont également édifiantes. « Ça fait longtemps que j’en avais pas tabassé un comme ça !»  se vante un des inculpés. Des Rodney King il y en eut avant, et d’autres après, des plus innocents également qui n’avaient commis aucune infraction et etait cooperatif comme le SDF Kelly Thomas battu à mort. Mais cette première vidéo révèle ce qui est encore tu en 1992, bien après les émeutes de 1965, que ce soit l' »usage excessif de violence » ou encore la discrimination.
Les quatre policiers qui arrêtèrent Rodney King furent jugés notamment pour l’usage d’une force excessive ». Leur jugement un an plus tard aboutit le 29 avril 1992 à leur acquittement. C’est cet acquittement qui entraîna six jours d’émeutes sans pareille, où les gangs prirent la rue, démontrèrent à la police qu’elle ne pouvait tenir la ville et réglèrent également leurs comptes. Bilan officiel lié directement aux émeutes : 10904 arrestations ; 2383 blessés ; 11113 incendies ; 53 morts ; 1 milliard de dollars de dégâts

Un roman choral mettant en abîme la vie au sein des gangs de L.A

Florence Ave & Normandie Ave, carrefour des premiers émeutes

Ce sont ces Six jours, le point de départ du roman choral de Ryan Gattis. Il a 14 ans lorsque se déroulent les émeutes et en reste fortement marqué, notamment par l’attaque de Reginald Denny, ce chauffeur de camion extrait et battu par des émeutiers lors du premier jour.
Extrêmement bien documenté sur ce qui se passa pendant ces émeutes et sur la vie des gangs, notre primo-romancier met en lumière, les différents jeux de pouvoir qui ont pu se mettre en place.
Portraitiste de talent, Gattis soigne à la perfection ses personnages, attitudes, mentalités, expression et références, l’ensemble est construit avec un réalisme saisissant.

unknown, US Army Field Artillery School
unknown, US Army Field Artillery School

Choral, ce roman passionnant laisse la voix au chapitre à 17 personnes, dont les destins ont été amenés à se croiser pour le pire ou le meilleur. Surtout le pire. Nous sommes dans le quartier hispanique de Lynwood. Une municipalité de quelques 69 000 âmes au sud de downtown LA, jouxtant Inglewood et Compton, municipalité tristement célèbre pour son taux de criminalité le plus élevé des Etats-Unis, bref, une véritable fabrique à enfants de choeurs.   Tout d’abord, nous faisons connaissance avec Ernesto, jeune mexicain, qui travaille dans un restaurant. Il se tient bien à distance, ne veut pas tremper avec les gangs, mais son frère et sa soeur font partie d’une « clique », alors, c’est un peu comme s’il en faisait partie bien malgré lui, car même s’il s’y refuse, les gangs savent comment faire pour faire plier le chef du gang adversaire. C’est Ernesto qui le dira à son frère. Non pas vivant, mais bel et bien mort. Une mort qui mettra le feu aux poudres entre deux groupes, qui se déchirent sur fond d’émeutes.

Un premier roman magistral

Dans cette galerie entre-mêlée de portraits, nous croisons également Antonio, sapeur-pompier, Gloria une infirmière, ainsi qu’Anonyme, qui fait partie de forces spéciales. Tous tentent de survivre dans une ville en proie au chaos, laissée pour compte y compris par son propre chef de la police, qui refuse d’envoyer ses hommes dans certains quartiers, laissant ses habitants à l’abandon, qu’ils fassent partie de gangs ou non. A travers ce canevas virtuose  et un récit sous-tension se dessine un portrait brillant et cru d’une Amérique violente et polarisée.

Ryan Gattis vit à Los Angeles. Il est cofondateur de la société d’édition Black Hill Press,intervenant à la Chapman University de Californie du Sud et membre du collectif d’arts urbains UGLAR. Les droits d’adaptation de Six jours ont été récemment acquis par la chaîne HBO.

Six jours
Ryan Gattis
Editions Fayard
428 pages. 24 €. ISBN : 9782213686318

 A voir !
Son site: http://ryangattis.com/
Les éditions Fayard: http://www.fayard.fr/

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Tout ce qui est solide se dissout dans l’air, de Darragh McKeon

« Tous ces enfants encore dehors. Il leur faut une dose d’iode prophylactique, immédiatement. Pourquoi est-ce que personne ne s’en est occupé ? – Parce que personne ne s’occupe de rien, Grigori. Nous allons devoir nettoyer tout ça à mains nues. »

9782714458650_tout_ce_qui_est_solide_se_dissout_dans_l_airC’est un premier roman particulièrement brillant et émouvant auquel s’est attelé Darragh McKeon, plus habitué aux planches de théâtre. Dix années d’écriture couronnées par un début des plus attendus  pour cette rentrée mais aussi un des plus prometteurs.

Un excellent premier roman, sensible et intelligent

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air est un roman qui vous pousse à prendre le temps de savourer non seulement une belle écriture que l’on rencontre quelques rares fois mais aussi de belles intentions traduites dans des portraits si vivement incarnés que vous plonger dans sa lecture, c’est partager un bout de chemin avec ces personnages qui pourraient bien être un voisin, une tante ou vous.

Darragh McKeon est un pionnier dans l’évocation littéraire de  Tchernobyl. Son tour de force est de parler de la catastrophe en se concentrant sur les hommes et les femmes sans sombrer dans le pathos et sans langue de bois quant au déroule des premières heures cruciales. Un juste équilibre entre fiction, justesse, véracité et épopée.

tout ce qui est solide se dissout dans l'air

 Un roman social  choral et épique

Lire Tout ce qui est solide se dissout dans l’air c’est aller à la rencontre de Maria, une ancienne journaliste publiée dans un samizdat, un de ces fameux journaux dissidents auto publies, ce qui lui valut une arrestation musclée et une reconversion en tant qu’ouvrière dans une usine de voiture.
On s’attache également à Evgueni, son neveu de 9 ans, jeune prodige du piano, qui souffre de n’être accepté des autres enfants quitte à vouloir grandir trop vite pour se rendre plus fort dans une société où prédomine le système D et le petit banditisme.
Artiom est plus vieux mais n’en reste pas moins un enfant pris dans la tourmente, déplacé dans des camps de réfugiés où sont parqués ces familles issues de la zone dévastée. L’ombre  de son père, un des premiers liquidateurs envoyés sur le terrain, traverse tout le roman, emblème de ces familles brisées et de ces hommes qui se sont sacrifies sans le savoir.
Enfin, Grigori, médecin et mari de Maria, incarne ces voix qui n’ont pu être entendues, muselées par un système qui ne pouvait politiquement avouer son échec.

Si les dix années de travail ne sont évidemment pas pour rien dans la qualité littéraire de ce premier opus, ainsi qu’un voyage en Russie, l’expérience de Darragh McKeon en tant que directeur de troupe et dramaturge a nourri habilement l’enchevêtrement des intrigues et la véracité des portraits de ce roman social qui vous habitera encore bien après ses dernières pages.

Tout ce qui est solide se dissout dans l’air
Darragh McKeon
Editions Belfond
424 pages. 22€. ISBN : 978-2-7144-5865-0

A voir !
Le site de Darragh McKeon

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Compagnie K de William March

 – Quand j’ai levé les yeux ce matin-là et que je t’ai vu sur le sentier, ma première idée, ça a été de venir vers toi pour te donner un bout de pain. Je voulais te poser des questions sur l’Amérique. Il y avait des tas de choses dont on aurait pu parler. Tu aurais pu me parler de chez toi, et moi de chez moi. On aurait pu aller chercher des nids d’oiseaux dans les bois, on aurait ri et discuté ensemble. Et puis une fois qu’on se serait mieux connus, je t’aurais montré une photo de ma fiancée et je t’aurais lu des passages de ses lettres.
Il s’est tu et il m’a regardé.
– Pourquoi est-ce que je n’ai pas fait ce que je voulais faire ? Il a demandé lentement … »

compagnie_k_march_gallmeisterLe soldat Manuel Burt croise au détour d’un chemin dans les bois, un soldat allemand, accroupi, en train de manger son pain noir. Leurs regards se croisent, ils s’observent ne sachant que faire, l’un tripotant son fusil avant que le second lâche son pain pour saisir son pistolet et que le combat au corps à corps ait lieu. Derrière ce jeune soldat se cache la voix de William March, ou plus exactement celle du soldat William Campbell, son nom civil. Car si William March  est originaire de l’Alabama, il s’engage dans le corps des Marine en juin 1917 alors que la Première Guerre mondiale fait rage. Une fois débarqué en France, il est blessé et il participe avec sa compagnie à de nombreuses batailles, dont celles du Bois de Belleau et de Saint-Mihiel, qui lui valurent trois médailles militaires dont la Croix de Guerre. Trois médailles qui conserveront pour lui un goût amer, celui de la brutalité de cette guerre et des luttes au corps à corps, dont il ressortira profondément marqué, notamment après avoir tué un jeune soldat allemand face auquel il se retrouva soudain.

Véritable roman polyphonique, Compagnie K, nous fait entendre la voix des 113 soldats d’une compagnie, par des instantanés de vie, de leur préparation à leur arrivée en France, de l’enfer des tranchées au retour au pays ou encore d’outre-tombe. Des tranches de vies qu’il mit bout à bout, issues de son expérience de la guerre et des lettres qu’il envoya à sa soeur durant le conflit, sans tomber dans l’autobiographie. Car il y a un peu de lui dans chacun de ces hommes. Que ce soit le soldat Joseph Delaney qui ouvre le bal de ce livre et qui se dit « J’ai enfin fini mon livre, mais est-ce que j’ai accompli ce que j’avais entrepris de faire ? » ou le soldat Manuel Burt. Ces textes fragmentaires sont comme autant de miroirs de l’homme face à l’horreur et l’absurdité de la guerre. Il parle pour eux tous, tous ceux qu’il croisa : qu’ils soient un soldat inconnu mourant et réconforté par l’ennemi, un soldat brimé ou privé de sommeil et constamment sollicité, un soldat priant pour devenir aveugle et quitter cette maudite guerre, planqué, ou encore devant obéir à un ordre cruel et gratuit se rebellant ou s’exécutant … Tous nous livre leur part d’humanité à travers ces portraits, entamée par la réalité de ce que March appelait « le triomphe de la stupidité sur toute autre chose ».

Si William March est méconnu du public français, n’ayant eu jusqu’à présent qu’une nouvelle traduite, Graine de potence, la toute première édition française de Compagnie K met en lumière cet auteur qui reçut force récompenses miliaires et succès littéraire. Premier roman de March paru en 1933, Compagnie K acquit rapidement un retentissement équivalent au renommé « A l’ouest rien de nouveau » de l’Allemand Erich maria Remarque, tous deux partageant non seulement cette volonté de dénoncer les atrocités de la guerre, comme bon nombre d’œuvres issues de cette littérature d’après-guerre, mais également un style vif, concis, cru et immensément réaliste, ne faisant pas de la guerre une matière épique mais un instantané de cauchemars, de peurs, de vilenie et d’atrocités.

Pas de héros en perspective, juste des hommes face à l’inconcevable pensant faire le meilleur choix possible au moment où ils sont amenés à le faire, si encore ils ont le choix, la guerre les aliénant de toute liberté d’agir à leur guise, mais en un seul corps, une seule voix, un pays. Tuer ou se faire tuer. Tuer à la baïonnette, au gaz, au pistolet. Se suicider ou se défiler aussi. Pour se sauver. March restaure leur individualité et leur rend hommage en leur laissant la voix, tout en veillant à la force du récit, enchevêtrant les histoires, exacerbant ainsi l’ironie. Ironie de la guerre, mais aussi ironie du mensonge patriotique à travers l’histoire de quatre soldats confronté à une question éthique : obéir et tuer gratuitement ou désobéir et se voir condamner au conseil de guerre ?

Pourquoi je refuse pas de faire ça ? je pensais. Pourquoi, on refuse pas tous ? Si on est assez nombreux à refuser, qu’est-ce qu’ils pourront faire ? …  » Et là, j’ai vu clairement la vérité : « On est aussi des prisonniers : nous sommes tous prisonniers … Non ! j’ai dit. Je ne le ferai pas ! »
Tout ce en quoi on m’a appris à croire sur la miséricorde, la justice et la vertu est un mensonge, je me disais … Mais le plus gros mensonge de tous, c’est la phrase « Dieu est amour

C’est aussi un précieux ouvrage car il est à la fois un des rares témoignages américains sur la Première Guerre mondiale et une œuvre dénonçant toutes les guerres.

A découvrir dès le 12 septembre.

Compagnie K
William March.
Édition Gallmeister.
288 pages. 23,10€. ISBN : 9782351780688

A voir !

Le site des Editions Gallmeister

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Les piliers de la Terre

La vie de moine était la plus étrange et la moins naturelle qu’on pût imaginer. Les moines passaient la moitié de leur vie à s’imposer des souffrances et un inconfort qu’ils auraient pu facilement éviter, et l’autre moitié à marmonner à toutes les heures du jour et de la nuit des prières dans des églises vides. Ils renonçaient délibérément à tout ce qui était agréable : les filles, le sport, les fêtes et la vie de famille. Jack avait bien remarqué que les plus heureux d’entre eux avaient trouvé une activité qui leur apportait de grandes satisfactions : enluminer des manuscrits, écrire l’histoire, faire la cuisine, étudier la philosophie ou – par exemple Philip – transformer un village endormi comme Kingsbridge en une ville prospère.

les piliers de la terreUn homme roux est pendu, une mystérieuse femme enceinte, Ellen, aux yeux d’une clarté ensorcelante maudit les commanditaires de cette pendaison en engorgeant un coquelet dont le sang les entachent tous … Quelques années plus tard, nous découvrons Tom, maître-bâtisseur, Agnès sa femme, leur fils, Alfred et leur fille, Martha. Leur bonheur semble parfait avec la naissance prochaine d’un troisième enfant. Or le chantier sur lequel travaille Tom prend brutalement fin, avec le refus d’une jeune héritière, Aliéna, d’épouser William Hamleigh, un jeune homme brutal et impulsif. Condamnés à errer sur les routes à la recherche de travail, la famille croisent Ellen et son fils Jack …

Il est des livres dont la seule épaisseur peut vous impressionner, il faut dès lors sauter le pas …  Cette fresque monumentale, issu de l’esprit fécond du maître du thriller, Ken Follett, en fait partie. Après une mise en bouche mystérieuse avec un décor planté sous couvert de malédiction et de pendaison, le rythme s’accélère pour très rarement ralentir : les intrigues et les coups de sort vont bon train et se succèdent, jusqu’à la fin ultime, où Follett arrive là où on ne l’attendait pas. Survolant près d’un demi-siècle de l’histoire de l’Angleterre, lors d’une période de troubles et d’instabilité politique. Un vrai travail de recherche historique a été réalisé par Ken Follett pour que l’environnement de ce roman historique soit le plus réel possible, et s’ancre dans une période charnière de l’Angleterre.

L’esprit « thriller » de Ken Follett rend ce roman historique vraiment palpitant. La succession de rebondissements peut lasser par moments, mais l’ensemble de l’oeuvre est rondement mené, avec une préférence pour les trois premières parties, dont le style tout en étant agréable reste soutenu.

Un « incontournable » de la littérature contemporaine, dont la lecture est à poursuivre avec le second opus publié en 2008, « Un Monde sans fin ».

A lire !
Le site de Ken Follett

 

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