Étiquette : témoignage

Veuf, de Jean-Louis Fournier.

Cette année, très peu m’ont souhaité bonne année ou bon Noël.
C’est étrange, les gens n’osent pas parler de bonheur à celui qui vient d’avoir un grand malheur.
Je ne comprends pas. C’est justement quand on a eu un grand malheur qu’on a besoin de vœux de bonheur, ceux qui sont déjà heureux n’en ont pas besoin. Quand vous êtes malheureux, on dirait que la société souhaite que vous le restiez. Définitivement.

veuf fournierLe sites Après le bouleversant Où on va papa, Jean-Louis Fournier, ancien compère de Pierre Desproges, nous livre un nouveau livre très personnel, dans lequel il évoque avec émotion, son récent veuvage, mais surtout l’amour bâti avec sa compagne, Sylvie, durant près de quarante années.

Que faire lorsque l’autre part ainsi, si subitement ? Jean-Louis Fournier se balade avec son épouse, lorsque celle-ci s’effondre. Malgré les soins qui lui sont prodigués, la médecine est incapable de la ramener à la vie. Ainsi devient Jean-Louis Fournier veuf. Comment appréhender ainsi ce nouvel état de vie ? Que faire de ce livre entamé qui aurait été fini si elle avait été  encore là ? Et ce chapeau ? Et son numéro dans le portable ? Autant d’objets du quotidien ou de symboles personnels qui hantent le logis.

Dans ce court ouvrage, Jean-Louis Fournier mêle émotions, réflexions et humour dans un vibrant hommage rendu à celle qui est partie trop vite. Sans pathos, avec une dose d’ironie nécessaire à la survie et à la prise de distance, il croque des situations que nous connaissons tous (la gêne amicale, la compassion surjouée …) tout en pudeur. Tout comme André Gorz dans Lettre à D., l’on touche du doigt le mystère de l’amour vrai et profond écrits dans des mots magnifiques.

Veuf
Jean-Louis Fournier.
Editions Stock.
156 pages. 15,75€. ISBN : 978-2-234-07089-9

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Les éditions Stock

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Kinderzimmer, de Valentine Goby

ce que dit, surtout, la joie encore possible devant l’éclat du soleil dans les congères, sur les pourtours de la Lagerplatz, à l’Appell du matin, un éclair de cristal qui ne t’indiffére pas tout à fait, ce que ça dit, que tu le voies, que ça mouille tes paupières, qu’une seconde ça conjure le reste, une demi-seconde, que tu aies accès à la beauté, ce que ça dit, tout cela, c’est que même à Ravensbrück, l’Allemagne n’a pas gagné, n’aura jamais gagné complètement

kinderzimmer_valentine_goby_9782330022600Ce roman est lumineux. Obsédant aussi. Sans sombrer dans le pathos ou le glauque, Valentine Goby nous emporte à Ravensbrück avec Mila, une jeune déportée politique, dans les entrailles de la vie et de la mort.
La particularité de Mila ? Elle est enceinte. Oui, enceinte. Mais poursuivez votre lecture, car si dans ce roman « à sujet », la guerre est bien présente, la vie est toujours là, même dans ces camps de la mort. Ces camps qui ont tant aboli l’image de l’humanité au point même que cette idée de la vie à venir en ce lieu est étrangère et exclue de notre univers mental, alors qu’elle est bien plus qu’une idée mais une réalité si inconfortable et douloureuse pour nous, presque dérangeante, au-delà de ce que l’on peut entendre. Il nous faut alors comprendre l’indicible, le quotidien de ces femmes enceintes, car il y en a eu, pour qui l’issue fut  fatale le plus souvent, survivre étant un exploit quotidien et le rééditer chaque jour pour deux tenant du miracle.
Tout d’abord, il s’agit pour Mila d’oublier cette grossesse et cet enfant qui semble condamné d’avance, pourquoi dès lors y penser et risquer de s’y attacher ? Comment comprendre ce qui se passe dans ce corps lorsque l’on est orpheline de mère et que personne ne vous a appris, ce qui se passe au cœur de ce ventre ? Que peut bien avoir à offrir à un fœtus ce corps maltraité et dénutri ? Le risque même de cette grossesse pourrait condamner Mila, personne ne doit savoir. Ainsi se concentrer sur chaque jour, chaque geste. Ne pas penser, ne pas se projeter. Se tenir à l’écart, rester avec sa tendre cousine Lysette, s’abandonner à la confiance avec cette jeune polonaise qui prend la place de la défunte dans la couche.
Et lorsque le secret est révélé, découvrir que une solidarité entre femme bien réelle, une chaleur humaine indicible de la part de ces femmes meurtries, certaines mères, qui trouvent en cet enfant à venir une raison de vivre. C’est donc des chants partagés à Noël, des poèmes d’enfance récités aux camarades, le souffle d’une autre pour se réchauffer, l’exhorte à se sa laver et garder sa dignité, la charbon volé pour soigner l’autre. C’est prendre le risque d’un fol espoir aussi, lorsque l’on découvre que les femmes enceintes ne sont plus systématiquement supprimées tout comme les nourrissons, et qu’il existe au sein de ce camp une Kinderzimmer, une chambre pour les nourrissons. La vie peut naître, mais elle devra compter sur ses propres ressources et sur ce que ces camps n’auront pas réussi à abolir le choix libre de se battre et de s’entraider, élargissant les liens de la filiation, la maternité étendue à la protection solidaire et communautaire du petit humain.

Suite à le rencontre d’un de ces rares enfants survivants nés dans un camp, Valentine Goby découvre et se  s’inspire de l’histoire de la résistante Marie-José Chombart de Lauwe, qui fut puéricultrice dans ce camp, pour nous plonger au cœur de cette chambre pour enfants. Cette déportée politique fut une des 7 000 victimes du décret « Nuit et Brouillard », dans lequel Hitler autorisait la arrestation et déportation pour acte de résistance sans que les parents des déportés puissent savoir où les victimes seraient envoyées. Ces mêmes victime ne savaient pas ce qui pouvait les attendre dans ces camps : élimination, travail à la chaine, cobayes. Étudiante en médecine, Marie-José est affectée au bloc 11, la « nurserie », où l’expérience de vie de ces nourrissons ne dépassait guère les trois mois, malgré la solidarité, y compris du personnel allemand.

Valentine Goby réussit à faire incarner à Mila  cette dualité extrême entre la vie et la mort, son combat quotidien pour survivre. Son écriture magistrale, nous entraîne avec rythme dans cette histoire que nous pensons ne connaître que trop bien et pourtant derrière la voix de Mila, c’est la voix de ces femmes que nous pouvons entendre, leur solidarité, leur bravoure mais aussi leur découragement et leur fol espoir aussi de voir cet enfer cesser. Nous sommes plongés dans ce quotidien, au milieu de ces femmes héroïques, l’une qui cherche à garder sa fierté, l’autre qui ne veut céder à cette gueule béante prête à l’engloutir, ce camp qui dévore les identités et l’humanité. Il s’agit au cœur de ces pages poignantes de découvrir un incommensurable instinct de survie, plus fort que l’ennemi et l’enfermement, où il faut tenir, encore et toujours, car « tu perds seulement quand tu abandonnes ».

[…] il faut des historiens, pour rendre compte des événements ; des témoins imparfaits, qui déclinent l’expérience singulière ; des romanciers, pour inventer ce qui a disparu à jamais : l’instant présent.

Kinderzimmer
Valentine Goby.
Actes Sud.
224 pages. 20€. ISBN : 978-2-330-02260-0

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Compagnie K de William March

 – Quand j’ai levé les yeux ce matin-là et que je t’ai vu sur le sentier, ma première idée, ça a été de venir vers toi pour te donner un bout de pain. Je voulais te poser des questions sur l’Amérique. Il y avait des tas de choses dont on aurait pu parler. Tu aurais pu me parler de chez toi, et moi de chez moi. On aurait pu aller chercher des nids d’oiseaux dans les bois, on aurait ri et discuté ensemble. Et puis une fois qu’on se serait mieux connus, je t’aurais montré une photo de ma fiancée et je t’aurais lu des passages de ses lettres.
Il s’est tu et il m’a regardé.
– Pourquoi est-ce que je n’ai pas fait ce que je voulais faire ? Il a demandé lentement … »

compagnie_k_march_gallmeisterLe soldat Manuel Burt croise au détour d’un chemin dans les bois, un soldat allemand, accroupi, en train de manger son pain noir. Leurs regards se croisent, ils s’observent ne sachant que faire, l’un tripotant son fusil avant que le second lâche son pain pour saisir son pistolet et que le combat au corps à corps ait lieu. Derrière ce jeune soldat se cache la voix de William March, ou plus exactement celle du soldat William Campbell, son nom civil. Car si William March  est originaire de l’Alabama, il s’engage dans le corps des Marine en juin 1917 alors que la Première Guerre mondiale fait rage. Une fois débarqué en France, il est blessé et il participe avec sa compagnie à de nombreuses batailles, dont celles du Bois de Belleau et de Saint-Mihiel, qui lui valurent trois médailles militaires dont la Croix de Guerre. Trois médailles qui conserveront pour lui un goût amer, celui de la brutalité de cette guerre et des luttes au corps à corps, dont il ressortira profondément marqué, notamment après avoir tué un jeune soldat allemand face auquel il se retrouva soudain.

Véritable roman polyphonique, Compagnie K, nous fait entendre la voix des 113 soldats d’une compagnie, par des instantanés de vie, de leur préparation à leur arrivée en France, de l’enfer des tranchées au retour au pays ou encore d’outre-tombe. Des tranches de vies qu’il mit bout à bout, issues de son expérience de la guerre et des lettres qu’il envoya à sa soeur durant le conflit, sans tomber dans l’autobiographie. Car il y a un peu de lui dans chacun de ces hommes. Que ce soit le soldat Joseph Delaney qui ouvre le bal de ce livre et qui se dit « J’ai enfin fini mon livre, mais est-ce que j’ai accompli ce que j’avais entrepris de faire ? » ou le soldat Manuel Burt. Ces textes fragmentaires sont comme autant de miroirs de l’homme face à l’horreur et l’absurdité de la guerre. Il parle pour eux tous, tous ceux qu’il croisa : qu’ils soient un soldat inconnu mourant et réconforté par l’ennemi, un soldat brimé ou privé de sommeil et constamment sollicité, un soldat priant pour devenir aveugle et quitter cette maudite guerre, planqué, ou encore devant obéir à un ordre cruel et gratuit se rebellant ou s’exécutant … Tous nous livre leur part d’humanité à travers ces portraits, entamée par la réalité de ce que March appelait « le triomphe de la stupidité sur toute autre chose ».

Si William March est méconnu du public français, n’ayant eu jusqu’à présent qu’une nouvelle traduite, Graine de potence, la toute première édition française de Compagnie K met en lumière cet auteur qui reçut force récompenses miliaires et succès littéraire. Premier roman de March paru en 1933, Compagnie K acquit rapidement un retentissement équivalent au renommé « A l’ouest rien de nouveau » de l’Allemand Erich maria Remarque, tous deux partageant non seulement cette volonté de dénoncer les atrocités de la guerre, comme bon nombre d’œuvres issues de cette littérature d’après-guerre, mais également un style vif, concis, cru et immensément réaliste, ne faisant pas de la guerre une matière épique mais un instantané de cauchemars, de peurs, de vilenie et d’atrocités.

Pas de héros en perspective, juste des hommes face à l’inconcevable pensant faire le meilleur choix possible au moment où ils sont amenés à le faire, si encore ils ont le choix, la guerre les aliénant de toute liberté d’agir à leur guise, mais en un seul corps, une seule voix, un pays. Tuer ou se faire tuer. Tuer à la baïonnette, au gaz, au pistolet. Se suicider ou se défiler aussi. Pour se sauver. March restaure leur individualité et leur rend hommage en leur laissant la voix, tout en veillant à la force du récit, enchevêtrant les histoires, exacerbant ainsi l’ironie. Ironie de la guerre, mais aussi ironie du mensonge patriotique à travers l’histoire de quatre soldats confronté à une question éthique : obéir et tuer gratuitement ou désobéir et se voir condamner au conseil de guerre ?

Pourquoi je refuse pas de faire ça ? je pensais. Pourquoi, on refuse pas tous ? Si on est assez nombreux à refuser, qu’est-ce qu’ils pourront faire ? …  » Et là, j’ai vu clairement la vérité : « On est aussi des prisonniers : nous sommes tous prisonniers … Non ! j’ai dit. Je ne le ferai pas ! »
Tout ce en quoi on m’a appris à croire sur la miséricorde, la justice et la vertu est un mensonge, je me disais … Mais le plus gros mensonge de tous, c’est la phrase « Dieu est amour

C’est aussi un précieux ouvrage car il est à la fois un des rares témoignages américains sur la Première Guerre mondiale et une œuvre dénonçant toutes les guerres.

A découvrir dès le 12 septembre.

Compagnie K
William March.
Édition Gallmeister.
288 pages. 23,10€. ISBN : 9782351780688

A voir !

Le site des Editions Gallmeister

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Avenue des géants de Marc Dugain.

La nature ne connaît ni le silence ni le bruit. Ce n’est pas comme en ville, ce qu’on entend va toujours dans votre sens, celui de votre apaisement, pour peu que vous ayez confiance dans la vie sauvage.

marc dugain avenue des geantsGéant est un qualificatif incontournable. 2,20m, 120 kg, Al Kenner  a un physique gargantuesque.  Et ses capacités intellectuelles sont tout aussi gigantesques. Il possède une hypermnèsie et son QI dépasserait celui d’Einstein. Pas évident de bien vivre avec cela surtout quand on a quinze ans. Mais le mal-être profond d’Al ne s’expliquerait-il pas plutôt par la hargne de sa mère à son égard, contre ce fils qui est une « fausse couche » réussie ? Cette étrange « chambre » installée dans la chaudière, celle-là même dans laquelle Al brûlera un des chats de concours de sa mère. Mais Al fera pire, beaucoup pire.
Il va sans doute que le divorce de ses parents à l’âge de 13 ans n’arrangea pas une relation mère-fils plus que malsaine.
Envoyé chez son père à l’âge tendre, il met mal à l’aise sa belle-mère. Ne pouvant le garder pour cette raison auprès de lui, son père le renvoie chez ses grands-parents. Un profond sentiment de perte et d’abandon s’empare du jeune garçon, qui ayant tout le loisir d’observer et de décortiquer le comportement de sa grand-mère, comprend mieux le choix de son père en épousant une femme tout aussi castatrice.  Ainsi donc sa grand-mère se situe à l’origine du mal. Ainsi donc une lente mécanique qui couvait depuis des années se met en place. Cela commencera par le meurtre de sang froid de ses grands-parents à 15 ans, d’abord la grand-mère puis le grand-père qu’il pense incapable de s’en sortir seul. Un sentiment de pitié ? Une vague émotion ? Non, un raisonnement froid et implacable, purement intellectuel. Ce double meurtre marque le début d’une « carrière » de tueur en série qui ne finira qu’avec l’ultime meurtre de sa mère …

Marc Dugain s’attaque à un mythe en décortiquant le chemin suivi par Ed Kemper dont Al Kenner est l’incarnation littéraire.  Sous sa plume à la description méthodique, sans sympathie ou antipathie aucune, la personnalité complexe et trouble d’Ed Kemper refait surface, faisant naviguer le lecteur entre horreur et attendrissement pour ce gamin cassé par sa famille. Sans sombrer dans le voyeurisme et le glauque, avec la juste distance tel un chroniqueur, il donne la voix à celui qui permit paradoxalement à mieux comprendre le fonctionnement des serial killers. La justesse mais aussi l’économie des mots dans les moments forts sont le tour de force de ce roman percutant.

Avenue des géants.
Marc Dugain.
Editions Gallimard.
360 p. 21,50€. ISBN :978-2-07-013235-5

 A voir !

Un entretien avec Marc Dugain sur le site des éditions Gallimard

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Lettre à D. Histoire d’un amour, d’ André Gorz.

Tu vas avoir quatre-vingt deux ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait 58 ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien

9782718607276_lettre à dBouleversante déclaration d’amour à sa femme Dorine, cette lettre-hommage d’André Gortz est une pure merveille de délicatesse et de sincérité, une émotion brute.

Dans ce dernier texte rédigé par le co-fondateur du Nouvel Obs, intitulé également, « Histoire d’un amour », André Gorz, revient sur sa rencontre avec sa femme, Dorine, mais surtout leur cinquante-huit années de vie commune, fondatrices de leurs personnalités, années au terme desquelles il n’imagine pas vivre sans elle un seul instant. Or Dorine est atteinte d’une maladie évolutive grave depuis de nombreuses années, et c’est donc face à cette perte qui peut intervenir à tout moment, face à la douleur de sa femme, qu’André Gorz, troquera ses essais philosophiques sur le capitalisme et l’écologie politique, pour cette ultime prise de plume.

Tous deux se suicideront le 24 septembre 2007.

« Tu vas avoir 82 ans. Tu as rapetissé de six centimètres, tu ne pèses que quarante-cinq kilos et tu es toujours belle, gracieuse et désirable. Cela fait cinquante-huit ans que nous vivons ensemble et je t’aime plus que jamais. Je porte de nouveau au creux de ma poitrine un vide dévorant que seule comble la chaleur de ton corps contre le mien … »

Lettre à D. Histoire d’un amour.
André Gorz.
Editions Galilée. Collection « Incises »
74 pages. 14,50€. ISBN : 2-7186-0727-0

A voir !

une sélection d’articles de et sur André Gorz par le Nouvel Observateur

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Recherche Volontaire pour changer le monde

RechercheVolontairede Laurent de Cherisey, auteur de Passeurs d’Espoir.

« Avec chacun de nous le monde a de l’avenir »
Dans un monde noyé d’informations, submergé même par les mauvaises nouvelles, Laurent de Cherisey fait ce constat : comment ne pas se sentir démuni face aux difficultés et aux souffrances d’autrui ? Qui ne s’est pas senti impuissant face aux catastrophes et évènements tragiques qui nous sont présentés ? Que ce soit d’ailleurs un bouleversement à l’échelle mondiale  tel que le tsunami du 26 décembre 2004 ou le décès d’une voisine, seule et recluse ?
Chacun rêve d’un monde meilleur, voudrait agir mais n’ose pas. Comment s’y prendre ? Comment puis-je espérer à mon niveau contribuer à un tel changement ? N’est-ce pas une goutte d’eau dans la mer ? Je n’ai pas le charisme d’un Gandhi ou d’une Mère Thérèsa …Et pourtant elle-même affirmait : « Notre travail est une goutte d’eau. Cette goutte est nécessaire. On ne fait pas de grandes choses : seulement des petites, avec un amour immense. L’océan est fait de gouttes d’eau. »
A travers cette enquête, Laurent de Cherisey montre comment des hommes, des femmes mais aussi des enfants, comme vous et moi, ont franchi le pas entre l’envie d’agir et l’action. Simplement. Mais certainement pas précipitamment, humblement bien souvent avant que leur entreprise prenne une ampleur inespérée. Fruit de nombreuses rencontres et entretiens, Recherche Volontaire Pour Changer Le Monde recense leurs clés de réussite. et nous fait dire : « Nous sommes tous des solutions » et cela n’est pas une utopie. La meilleure ressource de l’homme, c’est l’homme.Un document passionnant à lire et certainement relire, précieux pour toute personne ayant l’envie d’agir. Cette enquête complète et très fouillée a été menée sur le terrain par Laurent de Cherisey, qui se révèle toujours être un étonnant passeur d’espoir.Une première partie dense et riche de témoignages étudie de près la genèse de nombreuses initiatives. Chacun se caractérise par un événement clé qui a basculé leur réflexion et leur action. Leur entreprise est le fruit de rêves mais aussi de douleurs, de rencontres personnelles ou professionnelles : les Jardins de Cocagne, entreprise sociale créée par Jean-Guy Henckel, qui s’est fixé pour objectif de n’embaucher que des gens en difficulté tout en faisant du bio et travaillant avec les agriculteurs locaux ; Ashoka International, lancé en 1980 par Bill Drayton qui soutient et finance des entrepreneurs sociaux partout dans le monde ; SIEL Bleu créé par Jean-Michal Richard et Jean-Daniel Müller qui délivre des activités physiques et mentales aux personnes âgées, qui nous seulement vivent plus longtemps mais doivent pouvoir être actifs ; INUA en Espagne de Raul Contreras se spécialise en économie sociale, Naïf al-Mutawa, veut communiquer une culture de paix, à travers ses albums Les 99, super-héros bâtis sur les 99 attributs divins d’Allah ; Franck Chaigneau a lancé pour sa part La Table de Cana, un groupe de traiteur-restaurateur qui forme et embauche des SDF …  Ils ont su apporter une solution à une situation douloureuse après étude, réflexion et analyse de leur environnement et de leur réalité. C’est l’objet de la 2ème et 3ème partie, qui présentent à la fois les facteurs clés de ces succès (dont l’audace bien entendu) et une réflexion sur l »agir local ». Toutes témoignent d’une richesse extraordinaire, d’une créativité et un sens de l’innovation au service des autres. Elles sont diverses et naissent dans des conditions absolument différentes. Et « ça marche ». Cette présentation accompagnée de nombreux entretiens donne un portrait varié du volontaire. En France, ou ailleurs, ces initiatives ont changé de nombreuse vies. En premier celle de leur initiateur, puis des bénéficiaires de ces actions. Elle ont également contribuer à renouveler l’image de l’économie, en la rendant sociale ou solidaire, à nouveau au service de l’homme.

Un extrait est disponible sur le site des Presses de la Renaissance – « Faire le premier pas  » tiré de la partie d’Envie d’agir:  http://www.presses-renaissance.fr/extraits/9782750903800.pdf

L’auteur : Laurent de Chérisey.
Après Passeurs d’Espoir, Laurent de Chérisey livre ici un nouvel ouvrage enthousiasmant et positif dans la droite ligne de son réseau « Reporters d’Espoirs », car c’est bien une enquête pleine d’espoir qu’il nous offre.

Sommaire :

  • Le bonheur de changer le monde
  • 1re PARTIE : L’ENVIE D’AGIR
  • Faire le premier pas
  • Les déclencheurs
  • Du « je » au « nous »
  • 2nde PARTIE : LES FACTEURS-CLÉS DU SUCCÈS
  • L’avenir dure longtemps
  • L’arbre commence par ses racines
  • Savoir choisir sa cordée
  • Soyez réalistes : pariez sur l’amitié
  • Libérer ma capacité de créer
  • Ne pas avoir peur de l’échec
  • 3ème PARTIE / RECHERCHE VOLONTAIRE POUR CHANGER (AUSSI) L’ECONOMIE

A voir – présentations de Laurent de Cherisey :
Le constat sur le monde de Laurent de Cherisey
Quelle réponse pour un monde anxiogène ?
Recherche volontaire pour changer le monde ?

livres, critiques citations et bibliothèques en ligne sur Babelio.comle site Babelio , premier réseau social autour du livre : vous pouvez y critiquer des livres, partager vos opinions avec d’autres lecteurs et trouver de nouvelles idées de lecture. Vous bloguez et souhaitez critiquer également des livres ? Guettez la prochaine session de Masse Critique et participez à ce projet. Un remerciement et un bravo spécial à l’équipe de Babelio.

Recherche volontaire pour changer le monde – Les clés du succès de ceux qui l’ont fait
Laurent De Cherisey
Presses de la Renaissance
288 pages. 21,00 €. ISBN : 978-2-7509-0380-0

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Brûlée vive de Souad

brûlée-vive-souad

Ce témoignage bouleversant, je l’ai lu d’une traite. Il s’agit du seul et unique témoignage à ce jour d’une survivante d’un « crime d’honneur ».  Il y en a environ 5000 chaque année. Dans son pays d’origine, la Cisjordanie, comme ailleurs, le poids de la « coutume » est prégnant dans ces crimes, bien plus que celui de la religion. Comme Souad l’explique elle-même : « Les gens du village sont d’accord avec la loi des hommes. Si on ne tue pas une fille qui a déshonoré sa famille, les gens du village rejettent cette famille, plus personne ne veut lui parler, ou faire du commerce avec elle, la famille doit partir ! Alors… ”1Quel crime Souad a-t-elle commis ?
Ayant appris qu’un homme l’a demandé en mariage à son père, son voisin d’en face, elle l’observe … puis en tombe amoureuse. Elle rêve de mariage, d’échapper à son quotidien fait de coups, d’humiliations et d’esclavage, car c’est ainsi que vivent les femmes de son village. Naître fille est une « malédiction », la femme valant moins qu’une chèvre ou qu’un mouton, comme l’affirme son propre père. Ainsi ils finissent par se parler et se donner des rendez-vous cachés. Oui, il l’a demandé en mariage, oui, il veut l’épouser, oui, il va parler à son père pour permettre le mariage, « en suspens » tant que sa sœur aînée reste encore « vieille fille », à 18 ans, car c’est ainsi : on se marie une fois son aîné(es) marié(es). Mais les intentions de Faiez ne sont peut-être pas aussi pures qu’il n’y paraît et il causera la perte de Souad. Un crime d’honneur est donc décidé en famille. Car c’est ainsi que la coutume le veut.  Il faut laver l’honneur de la famille de Souad. La sentence est décidée en conseil, la femme étant exclue, n’ayant aucune possibilité de se défendre. Le crime est alors commis par un homme de la famille : le père, le frère, le beau-frère ou le cousin. Dans le cas de Souad, c’est son beau-frère qui « s’occupe d’elle ».
Brûlée vive, elle réussit à s’échapper et, une formidable chance pour elle, est conduite par deux femmes qui sont dans la rue à l’hôpital. Une chance formidable, quand nous savons qu’il ne faut pas s’occuper de ces « histoires-là ». Non par indifférence mais par respect de la coutume. La rencontre providentielle d’une bénévole de l’association « Terre des Hommes » permet à Souad de sortir de son mouroir. Un hôpital certes, mais dans ces cas-là, les femmes sont laissées sans soins. Ce sont des « affaires de famille ».
Cette rencontre marque le début d’une renaissance, qui sera douloureuse, mais constitue un témoignage véritablement édifiant de courage.Le témoignage de Souad est passionnant car pour nous Occidentaux, bercés par une société dans laquelle la femme est l’égale de l’homme et libre, il est une piqûre de rappel sur le fait que cette liberté ne concerne qu’une partie de la population féminine. Il nous alarme sur ces gynécides ayant lieu dans le monde, touchant diverses communautés, cultures ou ethnies et pour lesquels les meurtriers ou tortionnaires n’encourent aucune peine ou de durée dérisoire (6 mois de prison est déjà une exception !).Pour plus d’informations sur les crimes d’honneur, je vous invite à vous rendre sur ces deux articles d’Amnesty International : « Les crimes d’honneur »

Découvrez également le travail réalisé par « Terre des Hommes« , d’Edmond Kaiser, et « Surgir« , nouvelle fondation créée par « Jacqueline », sauveuse de Souad.

Brûlée Vive
Oh!Editions.
18.90€. 246 pages. ISBN : 2-915056-09-9.

1  Définition du crime d’honneur selon l’ONG Human Rights Watch : «  Les crimes d’honneur sont des actes de violence, le plus souvent des meurtres, commis par les membres masculins d’une famille à l’encontre de ses membres féminins, lorsqu’ils sont perçus comme cause de déshonneur pour la famille toute entière. Une femme peut être la cible d’individus au sein de sa propre famille pour des motifs divers, comprenant : le refus de participer à un mariage arrangé, le refus des faveurs sexuelles, la tentative de divorce  — que ce soit dans le cadre de la violence conjugale exercée par son mari ou dans un contexte avéré d’ adultère. La simple interprétation selon laquelle son comportement a « déshonoré » sa famille est suffisante pour enclencher des représailles.  »

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