A voir absolument sur le site de l’Histoire par l’image, de nouvelles études sur la représentation des conditions de travail des femmes et des enfants au XIXe siècle dans la peinture et la gravure. C’est un thème iconographique très riche dont le contexte historique est complexe. Petit (euh ?) rappel :

Femmes et enfants ont toujours travaillé : travaux des champs, travaux domestiques, ils ont toujours grandement contribué à l’équilibre économique des familles. Avec une Révolution industrielle galopante, leur activité économique se déplace du noyau familial aux usines et mines.

Exclues des métiers prestigieux dès le XVIIIe siècle, le travail à l’extérieur étant associé à de la « prostitution »1, les conditions de travail des femmes ne cessent de se dégrader au XIXe siècle. La main d’oeuvre bon marché est alors constituée de femmes et d’enfants dès l’âge de 6 ans. Les femmes sont consciencieuses et précises, les enfants habiles et de petite taille ce qui est utile dans les galeries.

Seules trois corporations féminines ont « survécu » à la mainmise des hommes sur le travail féminin, même si celles-ci étaient dirigées par des hommes : les lingères, les boutiquières, les limières-chanvrières. La vie est dure pour ces femmes et ces enfants : journées de travail qui débutent à 6h00 du matin pour finir à 18h00 le soir (en moyenne) avec une pause repas le midi d’une heure (pain beurre sans eau !), travail de nuit, travaux physiques équivalents à ceux des hommes, travail à la mine ou dans des lieux surchauffés, salaires misérables ou absents (2 francs pour un « adulte », 1 franc pour une femme,et de 45 à 75 centimes pour un enfant en fonction de son âge), maltraitance et chantages sexuels – pour les femmes -sont monnaie courante.

Avec la mécanisation croissante, le  nombre d’enfants-travailleurs décroit au profit du nombre de femmes. Malgré les progrès technologiques réalisées, leurs conditions stagnent puis évoluent dans la seconde moitié du XIXe siècle.

Cependant il faut garder en tête que les conditions sont variées : paysannes ou ouvrières, domestiques ou nourrices, ne font pas face aux même difficultés. Femmes bourgeoises ou femmes des barricades de 1830 2, femmes de 1848 3, elles souhaitent toutes non pas un meilleur statut social, mais UN statut social quasi inexistant jusqu’à présent. « La femme est une propriété que l’on acquiert par contrat ; elle est mobilière car la possession vaut titre; enfin la femme n’est à proprement parler qu’une annexe de l’homme... » Balzac,Physiologie du Mariage.

Fin XIXe, leur travail est sur la voie de la reconnaissance et plusieurs lois améliorent sensiblement leur condition de travail : raccourcissement de la journée de travail à 11h00, interdiction du travail de nuit et dans les mines et carrières, repos hebdomadaire, accès à l’instruction et ouverture des lycées aux filles (sans les matières classiques et donc sans l’accès à l’Université)  … dans un climat partagé et souvent austère à ces changements. Autonomie et concurrence sont les fils rouges de l’histoire économique des femmes. C’est sur cette fin de siècle que se lèvent les passionarias du féminisme, à l’instar de Maria Desraimes, qui fonde son Association pour les Droits des Femmes.

Femmes au travail
Femmes à l’usine
Les métiers de rue des enfants pauvres
Le travail en atelier et en manufacture
L’enfance maltraitée

Vous pouvez découvrir sur le site Gallica de la BNF, le livre numérisé de Paul Leroy-Beaulieu (1843-1916)  sur le Travail des femmes au XIXe siècle

A lire également :
Les Femmes ont toujours travailléLes Femmes ont toujours travaillé
de Sylvie Schweitzer.
Editions Odile Jacob
330 pages. 24.40€. ISBN : 2-7381-1067-3

Les Désastreuses Aventures Des Orphelins Baudelaire, Tome 4, Cauchemar à la scierieLes désastreuses aventures des Orphelins Baudelaire. Tome 4. Cauchemar à la scierie.
de Lemony Snicket.
Editions Nathan. Collection « Nathan Poche ». 8-12 et +.
208 pages. 6.50€. ISBN : 2-09-250697-8


1 Philosophes, médecins et hommes de lettres s’accordent à dire que la place naturelle de la femme est à la maison. Toutefois cela ne veut dire en aucun cas que la condition des mères au foyer est meilleure : surexploitée, leur travail est guère reconnu. Elles peuvent être également victimes de maltraitance.

2 Elles participent activement au renversement de Charles X en 1830 … mais n’obtiennent aucun droit !

3 En 1848, le suffrage universel est rétabli … pour les hommes.

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