Week-end pour les bédévores …

Ça y est, ce week-end le festival de BD d’Angoulême va sévir ! Les bédévores de tout poil vont pouvoir découvrir et rencontrer de nouveaux auteurs, participer à des ateliers et des conférences. Comme chaque année, le festival va faire le plein, et pour y partir en vadrouille, un regard sur le foisonnant programme vous aidera à choisir votre propre parcours : classique, indépendant, manga, jeunesse ou incontournable, de 7 à 77 ans, soyez certains de trouer votre bonheur.

Que nous réserve le cru 2010 ? Les BD en compétition reflètent l’étonnante production éditoriale actuelle. A vos pronostics !

je mourrai pas gibierConcernant la sélection officielle, mon coup de cœur se porte sur « Je mourrai pas gibier » d’Alfred. Cette BD vous coupera le souffle et les mots. Je l’ai lu il y a quelques mois déjà et tant elle est bouleversante, cruelle, dure – elle est tirée d’un fait divers réel, déjà restitué par les mots de Guillaume Guéraud dans le roman éponyme. Je  n’ai pu la chroniquer plus tôt, car un certain sentiment de malaise demeure une fois la BD fermée : il est impossible de cautionner un meurtre … même celui d’un assassin ? Ou pire de plusieurs assassins …
L’histoire ? Mortagne est une petite commune comme tant d’autres, morne avec sa vie de village, ses notables, ses petites histoires et cancans, sa bande jeunes … et son « pleupleu » son idiot, son simplet, celui-là même qui est rejeté par tous parce que … parce que quoi d’ailleurs ? Bizarre, hors normes … ou tout simplement hors de leur système de valeurs, de leur mode de vie. Terence est le pleupleu de cette bourgade. Le narrateur, Martial, est un jeune homme comme certainement beaucoup d’autres dans ces villes closes, qui rêve de s’en échapper et de quitter cet étau ronflant du quotidien, ce poids de l’inéluctable : tu nais à Mortagne, tu travailles à la scierie de Mortagne, tu te maries et vis à Mortagne, tu meures à Mortagne. Lui, par contradiction et révolte, se lance dans la mécanique « ailleurs ». Malgré ses allers-et-retours, il étouffe toujours autant, face à la violence tacite ou implicite qui y fait fureur. Ces voyages entre Mortagne et son lycée sont l’occasion pour lui de lier sur le chemin qui le sépare de son arrêt de bus à son village avec Terence. Ce bout de chemin parcouru ensemble n’est pas l’occasion de grands débats, non la communication ne se fait pas à ce niveau là. Il s’agit véritablement de deux êtres humains qui se rencontrent, et partagent simplement ce qui se présente sur leur route, là un paysage, ici un chant d’oiseau. Un jour, Terence n’est pas au rendez-vous. Le frère du narrateur et un ami, ex-taulard plutôt violent, se sont amusés avec lui … « Des raisons, on peut toujours en trouver. Des bonnes ou des mauvaises. En pagaille ».

picobo.jpgConcernant la sélection jeunesse, mon choix porterait sur « Pico Bogue » qui demeure mon coup de foudre de l’année en la matière … avec une petite mention spéciale « à découvrir ou à relire » pour la série « Raghnarok » que je suis depuis sa parution et qui arrive à se renouveler et à surprendre encore à chaque tome.

A voir !
un interview d’Alfred
feuilleter sur le site des éditions Delcourt Je ne Mourrai pas gibier
ma chronique de Pico Bogue
le programme complet du festival d’Angoulême, les prix et les BD en lice

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