Après la fin classieuse et excellente de la troisième saison (et de la série ?) d’Hannibal, et avant la grande reprise d’automne (Peaky Blinders, The Knick saison3), le monde des séries offre deux nouveautés, qui si elles sonnent le glas de l’humanité telle que l’on la connaît, s’attelle au sujet tout différemment ! Et pour cause. A ma gauche, une toute nouvelle production britannique humoristique, à ma droite un spin-off américain d’une série qui est au monde des zombies, ce que Dallas est aux sagas familiales, une recette increvable (ou presque). Deux formats et deux ambitions différentes.

walking dead

Tout d’abord, on pourrait craindre de Fear the Walking Dead, un doublon pâlichon de la série initiale, qui tend à tourner en boucle sur elle-même. De nombreux spin-offs proposent une simple déclinaison, aussi inventive que pittoresque en déportant le concept dans d’autres villes (rayer toute mention inutile : Los Angeles, Nouvelle-Orléans, Miami Chicago, …), et cela au détriment de la prestance et de la qualité de la série. A trop capitaliser sur une image celle-ci se perd. Ici la grande originalité et, le coup de maître si je puis dire, joué par AMC tient au double rôle de FearTWD : à la fois spin-off et aussi prequel (antépisode). En remontant aux origines du mal, et ce dans une autre ville d’origine que celle du personnage principal Rick Grimes, la chaîne AMC ne se ferme pas la porte à une potentielle rencontre entre les deux groupes de survivants dans ce que l’on appelle un cross-over (lorsque deux séries se croisent, pour ou plusieurs épisodes).

Fear the walking dead : un prequel plutôt bien mené et efficace …

Si les zombies restent bien l’arrière-plan de la série, il est avant tout question de l’épidémie à l’origine du désastre sanitaire et du changement radical du monde (occidental) que l’on connaît. Cette nouvelle série exploite donc les bouleversements sociaux, gouvernementaux, qui se mettent en place, on le sait de façon transitoire.  La série première joue sur l’étude de groupes humains créant des micro-sociétés basées sur la survie et des valeurs communes (bonne ou mauvaises), FearTWD montre tout le fugitif des parades humaines en cas d’apocalypse : perte de l’électricité, perte des repères sociaux mais avec le poids de l’acquis. Il s’agit de survivre mais ces communautés sont au début d’une ère nouvelle : chaque choix emporte quelque chose de plus fort avec lui, tend à incliner le monde vers une issue plutôt qu’une autre. C’est le tipping point, ce moment de bascule selon les sociologues où un nombre suffisant d’individus opérant un changement radical dans leur comportement peut influer sur un groupe plus large et peut ainsi transformer la société. Tout choix devient fatalement éthique et remet en question tout système de valeurs que nous pouvions avoir.

Une deuxième saison pour compléter l’essai

Bien entendu, la série n’est pas parfaite et présente quelques défauts, que l’on peut retrouver dans TWD (étrangement deux messieurs noirs ne peuvent visiblement survivre en même temps a priori, le taux de décès explose littéralement et invariablement …, ce qui n’a pas été sans créer une réelle controverse pour TWD, dommage de retrouver ceci ici).
Le premier opus est maladroit avec deux/trois clichés dignes d’un mauvais film d’horreur (faisons deux groupes de un en plein nuit pour se rendre sur une scène de crime où a priori une personne a été attaqué sauvagement …) mais il est sauvé par le personnage de Nick (je le concède Rick/Nick, ils auraient pu être plus imaginatifs), jeune adolescent paumé, accro à l’héroïne, qui sera le premier à prendre conscience de ce qui se passe. C’est ce personnage, et son interprétation (la meilleure de toute sans aucun doute) qui m’a incité à donner la deuxième chance du deuxième épisode.  Et tant mieux.  La production peut donc remercier Franck Dillane (Harry Potter – Tom Jédusor – et Au coeur de l’océan – Owen Coffin) qui semble avoir un potentiel digne de son papa Stephen (aka Stannis Baratheon dans Game of Thrones). Les scénaristes semblent avoir dès lors revu leur espérance à la hausse, car le développement de l’intrigue est loin d’être prévisible. Un grand soin est pris pour poser l’atmosphère post-apocalytique de cette nouvelle aventure, qui se conclut avec un finale laissant libre cours à l’imagination des spectateurs, avec la dose de tragique nécessaire.

Une série humoristique caustique qui pourrait surprendre !

You-Me-and-The-Apocalypse-Saison-1-Affiche-FULL-SERIEAutre temps, non, autres moeurs oui, avec l’irréverrencieux et réjouissant, You, me and the Apocalypse, série dans laquelle j’ai pu retrouver avec plaisir, Rob Lowe, qui quitte les ailes de la Maison Blanche pour la soutane d’avocat du diable au Vatican ! Mais qu’à cela ne tienne, le gouvernement des Etats-Unis n’est jamais très loin …
Nous sommes à Slough, en Angleterre, et découvrons un groupe … très hétéroclite de personnes devant la télévision. Eux, ce sont les futurs survivants de cette apocalypse, on ne sait pas encore de quelle façon, ils ont bien pu croiser leur chemin.
Parmi eux, Jamie Winston, notre clé dans ce nouvel univers. Une météorite va entrer en collision avec la Terre, c’est imminent. Mais ça, cela fait 34 jours déjà que le monde entier le sait. Et cela fait 34 jours aussi que le monde lui est un peu tombé sur la tête : comment réagiriez-vous si vous devriez deux choses qui bouleversent radicalement votre compréhension et votre appréhension de votre vie ? C’est ce cataclysme premier qui cueille Jamie, un banquier qui vit une routine désincarnée depuis la disparition de sa femme … C’est ce chaos qui pourrait paradoxalement le rendre de nouveau vivant …
L’humour cruel et grinçant anglais est bel et bien au rendez-vous dans un univers a priori loufoque et bariolé, où vous croiserez effectivement l’avocat du Diable, dont le rôle est de questionner tous les dossiers de saintété – un petit modèle de cynisme lucide -, une jeune soeur qui va apprendre à s’affirmer et à quitter une certaine candeur, une mère (bibliothécaire  :p) en prison pour avoir hacké la NSA … aux prises avec les groupes latinos et suprématies … Et l’incorrigible et bien trop présente mère de Jamie.
A noter au-delà de la présence de Rob Lowe, l’interprétation de Jamie par Matthew Baynton, remarqué dans The Wrong Mans, Joel Fry (Plebs, une série humoristique quinzième degré sur la Rome Antique,  mais aussi Game of Thrones avec le rôle de Hizdahr zo Loraq), Jenna Fischer (The Office).

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