{"id":261,"date":"2011-06-07T21:16:58","date_gmt":"2011-06-07T21:16:58","guid":{"rendered":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/?p=261"},"modified":"2011-06-07T21:16:58","modified_gmt":"2011-06-07T21:16:58","slug":"vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme","status":"publish","type":"post","link":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/","title":{"rendered":"Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme"},"content":{"rendered":"<p><a href=\"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg\"><img loading=\"lazy\" decoding=\"async\" class=\"alignleft size-full wp-image-262\" style=\"margin: 5px;\" title=\"vingtquatre_affiche\" src=\"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg\" alt=\"\" width=\"200\" height=\"300\" \/><\/a>de Stefan Zweig.<\/p>\n<p>\u00abCeux qui tombent entra\u00eenent souvent dans leur chute ceux qui se portent \u00e0 leur secours.\u00bb<\/p>\n<p>Sous le ton de la confession, une vieille dame respectable\u00a0livre ses souvenirs \u00e0 un jeune homme.<\/p>\n<p>En vill\u00e9giature dans une maison de vacances sur la Riviera, ils sont tous deux, comme l&#8217;ensemble des pensionnaire sous le choc du d\u00e9part impromptu de Madame Henriette, qui d\u00e9cidat de suivre son coeur plut\u00f4t que son rang.\u00a0Faisant fi de son statut de femme mari\u00e9e, celle-ci c\u00e8de aux sir\u00e8nes de la nouveaut\u00e9 et suit son nouvel amant. Villipend\u00e9e et d\u00e9cri\u00e9e, cette femme sans moralit\u00e9\u00a0r\u00e9veille chez\u00a0 Mrs C. de douloureux souvenirs\u00a0&#8230; au grand \u00e9tonnement du narrateur.<\/p>\n<p>&nbsp;<\/p>\n<p>Cette \u00e9tonnante Mrs C., qui garde l&#8217;anonymat, \u00e9voque ses premi\u00e8res ann\u00e9es de veuvage, \u00e0 42 ans, lorsque face au d\u00e9c\u00e8s de son mari, elle se r\u00e9signe peu \u00e0 peu \u00e0 vivre une existence tranquille d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation et aux soins de ses enfants.\u00a0Ces derniers partis, face \u00e0 elle-m\u00eame, mais surtout face\u00a0\u00e0 ce\u00a0vide laiss\u00e9 par la disparition de son mari,\u00a0elle se laisse entra\u00eener dans les tourbillons de la vie ext\u00e9rieure, au th\u00e9\u00e2tre, en concert et au casino &#8230;\u00a0Plaisirs fugaces\u00a0de la vie en soci\u00e9t\u00e9 qui marqueront un tournant dans\u00a0sa vie de femme, qui se concentreront en\u00a0vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures\u00a0d&#8217;une douce folie\u00a0dont le venin se distillera des ann\u00e9es encore apr\u00e8s.<br \/>\nFascin\u00e9e par les joueurs, elle peut\u00a0passer des heures, hypnotis\u00e9e par leurs mains, \u00e0 suivre les al\u00e9as du hasard. Jusqu&#8217;\u00e0 la rencontre avec un\u00a0jeune homme, dont le magn\u00e9tisme et la ferveur,\u00a0la trouble profond\u00e9ment, au point que cette tocade,\u00a0l&#8217;emm\u00e8n bien plus loin qu&#8217;elle le soup\u00e7onnait dans la douleur.<\/p>\n<p>Ayant\u00a0une nouvelle raison de vivre, elle s&#8217;investit d&#8217;une mission : sauver ce jeune homme de son infortune, p\u00e9cuniaire et morale.\u00a0Mais dans\u00a0cette\u00a0d\u00e9marche salvifique, elle se leurre.<br \/>\n&#8221;\u00a0Jamais encore, je n\u2019avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudit\u00e9 effront\u00e9e&#8230;. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par ce visage qui, soudain, devint morne et \u00e9teint tandis que la boule se fixait sur un num\u00e9ro : cet homme venait de tout perdre !&#8230;.Il s\u2019\u00e9lan\u00e7a hors du Casino. Instinctivement, je le suivis\u2026 Commenc\u00e8rent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin !\u00a0&#8221;<\/p>\n<p>Sous un titre qui peut sembler peu all\u00e9chant pour les lecteurs\u00a0redoudant un simple\u00a0roman sentimental se cache un court roman centr\u00e9 sur l&#8217;addiction : addiction au jeu, addiction au service rendu\u00a0\u00e0 l&#8217;autre &#8230;\u00a0 L&#8217;\u00e9tude psychologique du jeune joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 r\u00e9serve de belles descriptions de la fr\u00e9n\u00e9sie, l&#8217;angoisse, la joie et le d\u00e9sespoir, de la gloire et \u00e0 la richesse, \u00e0 l&#8217;oubli et la pauvret\u00e9 &#8230; Intime de Freud, le travail de celui-ci lui a certainement inspir\u00e9 ou apport\u00e9 de nombreuses cl\u00e9s pour la r\u00e9daction de cette confession, aux allures d&#8217;analyse. Le tour de force de Zweig est de faire passer toutes ces \u00e9motions \u00e0 travers le corps m\u00eame de son protagoniste : ces mains auxquelles nous sommes suspendus, sont le meilleur vecteur de son \u00e9tat d&#8217;esprit.<\/p>\n<p>&#8220;Malgr\u00e9 moi je pensais \u00e0 chaque fois \u00e0 un champ de courses, o\u00f9 au moment du d\u00e9part, les chevaux excit\u00e9s sont contenus avec peine, pour qu&#8217;ils ne s&#8217;\u00e9lancent pas avant l&#8217;heure fix\u00e9e : c&#8217;est exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que les mains de joueurs fr\u00e9missent, se soul\u00e8vent, et se cabrent. Elles r\u00e9v\u00e8let, par leur fa\u00e7on d&#8217;attendre, de saisir et de s&#8217;arr\u00eater, l&#8217;individualit\u00e9 du joueur : griffues, elles d\u00e9noncent l&#8217;homme cupide ; l\u00e2ches, le prodigue ; calmes, le calculateu et, tremblantes, l&#8217;homme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Cent caract\u00e8res se trahisent ainis, avec la rapidit\u00e9 de l&#8217;\u00e9clair, dans le geste que l&#8217;on fait pour prendre l&#8217;argent, soit que l&#8217;un le froisse, soit que l&#8217;autre nerveusement l&#8217;\u00e9parpille, soit qu&#8217;\u00e9puis\u00e9 un joueur, fermant sa main lasse, le laisser rouler librement sur le tapis. [&#8230;] Je ne puis pas vous indiquer en d\u00e9tail, combien, pendant le jeu, il y a des milliers d&#8217;attitudes dans les mains, les unes b\u00eates sauvages aux doigts poilus et crochus qui agrippent l&#8217;argent \u00e0 la fa\u00e7on d&#8217;une araign\u00e9e, les autres nerveuses, tremblantes, aux ongles p\u00e2les, osant \u00e0 peine le toucher, nobles et viles, brutales et timides, astucieuses et, pour ainsi dire, balbutiantes ; mais chacune a sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8re, car chacune de ces paires de mains exprime une vie diff\u00e9rente, \u00e0 l&#8217;exception de celles des croupiers, au nobre de quatre ou cinq.&#8221;<\/p>\n<p><strong><em>Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme<\/em><\/strong><br \/>\nStefan Zweig<br \/>\nLe livre de poche.<br \/>\n158 pages. 5 \u20ac. ISBN :\u00a0\u00a0978-2-253-16281-0<\/p>\n","protected":false},"excerpt":{"rendered":"<p>de Stefan Zweig. \u00abCeux qui tombent entra\u00eenent souvent dans leur chute ceux qui se portent \u00e0 leur secours.\u00bb Sous le ton de la confession, une vieille dame respectable\u00a0livre ses souvenirs \u00e0 un jeune homme. En vill\u00e9giature dans une maison de vacances sur la Riviera, ils sont tous deux, comme l&#8217;ensemble des pensionnaire sous le choc du d\u00e9part impromptu de Madame Henriette, qui d\u00e9cidat de suivre son coeur plut\u00f4t que son rang.\u00a0Faisant fi de son statut de femme mari\u00e9e, celle-ci c\u00e8de aux sir\u00e8nes de la nouveaut\u00e9 et suit son nouvel amant. Villipend\u00e9e et d\u00e9cri\u00e9e, cette femme sans moralit\u00e9\u00a0r\u00e9veille chez\u00a0 Mrs C. de douloureux souvenirs\u00a0&#8230; au grand \u00e9tonnement du narrateur. &nbsp; Cette \u00e9tonnante Mrs C., qui garde l&#8217;anonymat, \u00e9voque ses premi\u00e8res ann\u00e9es de veuvage, \u00e0 42 ans, lorsque face au d\u00e9c\u00e8s de son mari, elle se r\u00e9signe peu \u00e0 peu \u00e0 vivre une existence tranquille d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation et aux soins de ses enfants.\u00a0Ces derniers partis, face \u00e0 elle-m\u00eame, mais surtout face\u00a0\u00e0 ce\u00a0vide laiss\u00e9 par la disparition de son mari,\u00a0elle se laisse entra\u00eener dans les tourbillons de la vie ext\u00e9rieure, au th\u00e9\u00e2tre, en concert et au casino &#8230;\u00a0Plaisirs fugaces\u00a0de la vie en soci\u00e9t\u00e9 qui marqueront un tournant dans\u00a0sa vie de femme, qui se concentreront en\u00a0vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures\u00a0d&#8217;une douce folie\u00a0dont le venin se distillera des ann\u00e9es encore apr\u00e8s. Fascin\u00e9e par les joueurs, elle peut\u00a0passer des heures, hypnotis\u00e9e par leurs mains, \u00e0 suivre les al\u00e9as du hasard. Jusqu&#8217;\u00e0 la rencontre avec un\u00a0jeune homme, dont le magn\u00e9tisme et la ferveur,\u00a0la trouble profond\u00e9ment, au point que cette tocade,\u00a0l&#8217;emm\u00e8n bien plus loin qu&#8217;elle le soup\u00e7onnait dans la douleur. Ayant\u00a0une nouvelle raison de vivre, elle s&#8217;investit d&#8217;une mission : sauver ce jeune homme de son infortune, p\u00e9cuniaire et morale.\u00a0Mais dans\u00a0cette\u00a0d\u00e9marche salvifique, elle se leurre. &#8221;\u00a0Jamais encore, je n\u2019avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudit\u00e9 effront\u00e9e&#8230;. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par ce visage qui, soudain, devint morne et \u00e9teint tandis que la boule se fixait sur un num\u00e9ro : cet homme venait de tout perdre !&#8230;.Il s\u2019\u00e9lan\u00e7a hors du Casino. Instinctivement, je le suivis\u2026 Commenc\u00e8rent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin !\u00a0&#8221; Sous un titre qui peut sembler peu all\u00e9chant pour les lecteurs\u00a0redoudant un simple\u00a0roman sentimental se cache un court roman centr\u00e9 sur l&#8217;addiction : addiction au jeu, addiction au service rendu\u00a0\u00e0 l&#8217;autre &#8230;\u00a0 L&#8217;\u00e9tude psychologique du jeune joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 r\u00e9serve de belles descriptions de la fr\u00e9n\u00e9sie, l&#8217;angoisse, la joie et le d\u00e9sespoir, de la gloire et \u00e0 la richesse, \u00e0 l&#8217;oubli et la pauvret\u00e9 &#8230; Intime de Freud, le travail de celui-ci lui a certainement inspir\u00e9 ou apport\u00e9 de nombreuses cl\u00e9s pour la r\u00e9daction de cette confession, aux allures d&#8217;analyse. Le tour de force de Zweig est de faire passer toutes ces \u00e9motions \u00e0 travers le corps m\u00eame de son protagoniste : ces mains auxquelles nous sommes suspendus, sont le meilleur vecteur de son \u00e9tat d&#8217;esprit. &#8220;Malgr\u00e9 moi je pensais \u00e0 chaque fois \u00e0 un champ de courses, o\u00f9 au moment du d\u00e9part, les chevaux excit\u00e9s sont contenus avec peine, pour qu&#8217;ils ne s&#8217;\u00e9lancent pas avant l&#8217;heure fix\u00e9e : c&#8217;est exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que les mains de joueurs fr\u00e9missent, se soul\u00e8vent, et se cabrent. Elles r\u00e9v\u00e8let, par leur fa\u00e7on d&#8217;attendre, de saisir et de s&#8217;arr\u00eater, l&#8217;individualit\u00e9 du joueur : griffues, elles d\u00e9noncent l&#8217;homme cupide ; l\u00e2ches, le prodigue ; calmes, le calculateu et, tremblantes, l&#8217;homme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Cent caract\u00e8res se trahisent ainis, avec la rapidit\u00e9 de l&#8217;\u00e9clair, dans le geste que l&#8217;on fait pour prendre l&#8217;argent, soit que l&#8217;un le froisse, soit que l&#8217;autre nerveusement l&#8217;\u00e9parpille, soit qu&#8217;\u00e9puis\u00e9 un joueur, fermant sa main lasse, le laisser rouler librement sur le tapis. [&#8230;] Je ne puis pas vous indiquer en d\u00e9tail, combien, pendant le jeu, il y a des milliers d&#8217;attitudes dans les mains, les unes b\u00eates sauvages aux doigts poilus et crochus qui agrippent l&#8217;argent \u00e0 la fa\u00e7on d&#8217;une araign\u00e9e, les autres nerveuses, tremblantes, aux ongles p\u00e2les, osant \u00e0 peine le toucher, nobles et viles, brutales et timides, astucieuses et, pour ainsi dire, balbutiantes ; mais chacune a sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8re, car chacune de ces paires de mains exprime une vie diff\u00e9rente, \u00e0 l&#8217;exception de celles des croupiers, au nobre de quatre ou cinq.&#8221; Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme Stefan Zweig Le livre de poche. 158 pages. 5 \u20ac. ISBN :\u00a0\u00a0978-2-253-16281-0<\/p>\n","protected":false},"author":1,"featured_media":0,"comment_status":"open","ping_status":"open","sticky":false,"template":"","format":"standard","meta":{"om_disable_all_campaigns":false,"_monsterinsights_skip_tracking":false,"_monsterinsights_sitenote_active":false,"_monsterinsights_sitenote_note":"","_monsterinsights_sitenote_category":0,"_uf_show_specific_survey":0,"_uf_disable_surveys":false,"_jetpack_memberships_contains_paid_content":false,"footnotes":"","jetpack_publicize_message":"","jetpack_publicize_feature_enabled":true,"jetpack_social_post_already_shared":false,"jetpack_social_options":{"image_generator_settings":{"template":"highway","default_image_id":0,"font":"","enabled":false},"version":2}},"categories":[39],"tags":[],"class_list":["post-261","post","type-post","status-publish","format-standard","hentry","category-litterature-autrichienne"],"aioseo_notices":[],"yoast_head":"<!-- This site is optimized with the Yoast SEO plugin v27.4 - https:\/\/yoast.com\/product\/yoast-seo-wordpress\/ -->\n<title>Vingt-quatre heures dans la vie d&#039;une femme - WordPress<\/title>\n<meta name=\"robots\" content=\"index, follow, max-snippet:-1, max-image-preview:large, max-video-preview:-1\" \/>\n<link rel=\"canonical\" href=\"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/\" \/>\n<meta property=\"og:locale\" content=\"en_US\" \/>\n<meta property=\"og:type\" content=\"article\" \/>\n<meta property=\"og:title\" content=\"Vingt-quatre heures dans la vie d&#039;une femme - WordPress\" \/>\n<meta property=\"og:description\" content=\"de Stefan Zweig. \u00abCeux qui tombent entra\u00eenent souvent dans leur chute ceux qui se portent \u00e0 leur secours.\u00bb Sous le ton de la confession, une vieille dame respectable\u00a0livre ses souvenirs \u00e0 un jeune homme. En vill\u00e9giature dans une maison de vacances sur la Riviera, ils sont tous deux, comme l&#8217;ensemble des pensionnaire sous le choc du d\u00e9part impromptu de Madame Henriette, qui d\u00e9cidat de suivre son coeur plut\u00f4t que son rang.\u00a0Faisant fi de son statut de femme mari\u00e9e, celle-ci c\u00e8de aux sir\u00e8nes de la nouveaut\u00e9 et suit son nouvel amant. Villipend\u00e9e et d\u00e9cri\u00e9e, cette femme sans moralit\u00e9\u00a0r\u00e9veille chez\u00a0 Mrs C. de douloureux souvenirs\u00a0&#8230; au grand \u00e9tonnement du narrateur. &nbsp; Cette \u00e9tonnante Mrs C., qui garde l&#8217;anonymat, \u00e9voque ses premi\u00e8res ann\u00e9es de veuvage, \u00e0 42 ans, lorsque face au d\u00e9c\u00e8s de son mari, elle se r\u00e9signe peu \u00e0 peu \u00e0 vivre une existence tranquille d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation et aux soins de ses enfants.\u00a0Ces derniers partis, face \u00e0 elle-m\u00eame, mais surtout face\u00a0\u00e0 ce\u00a0vide laiss\u00e9 par la disparition de son mari,\u00a0elle se laisse entra\u00eener dans les tourbillons de la vie ext\u00e9rieure, au th\u00e9\u00e2tre, en concert et au casino &#8230;\u00a0Plaisirs fugaces\u00a0de la vie en soci\u00e9t\u00e9 qui marqueront un tournant dans\u00a0sa vie de femme, qui se concentreront en\u00a0vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures\u00a0d&#8217;une douce folie\u00a0dont le venin se distillera des ann\u00e9es encore apr\u00e8s. Fascin\u00e9e par les joueurs, elle peut\u00a0passer des heures, hypnotis\u00e9e par leurs mains, \u00e0 suivre les al\u00e9as du hasard. Jusqu&#8217;\u00e0 la rencontre avec un\u00a0jeune homme, dont le magn\u00e9tisme et la ferveur,\u00a0la trouble profond\u00e9ment, au point que cette tocade,\u00a0l&#8217;emm\u00e8n bien plus loin qu&#8217;elle le soup\u00e7onnait dans la douleur. Ayant\u00a0une nouvelle raison de vivre, elle s&#8217;investit d&#8217;une mission : sauver ce jeune homme de son infortune, p\u00e9cuniaire et morale.\u00a0Mais dans\u00a0cette\u00a0d\u00e9marche salvifique, elle se leurre. &#8221;\u00a0Jamais encore, je n\u2019avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudit\u00e9 effront\u00e9e&#8230;. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par ce visage qui, soudain, devint morne et \u00e9teint tandis que la boule se fixait sur un num\u00e9ro : cet homme venait de tout perdre !&#8230;.Il s\u2019\u00e9lan\u00e7a hors du Casino. Instinctivement, je le suivis\u2026 Commenc\u00e8rent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin !\u00a0&#8221; Sous un titre qui peut sembler peu all\u00e9chant pour les lecteurs\u00a0redoudant un simple\u00a0roman sentimental se cache un court roman centr\u00e9 sur l&#8217;addiction : addiction au jeu, addiction au service rendu\u00a0\u00e0 l&#8217;autre &#8230;\u00a0 L&#8217;\u00e9tude psychologique du jeune joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 r\u00e9serve de belles descriptions de la fr\u00e9n\u00e9sie, l&#8217;angoisse, la joie et le d\u00e9sespoir, de la gloire et \u00e0 la richesse, \u00e0 l&#8217;oubli et la pauvret\u00e9 &#8230; Intime de Freud, le travail de celui-ci lui a certainement inspir\u00e9 ou apport\u00e9 de nombreuses cl\u00e9s pour la r\u00e9daction de cette confession, aux allures d&#8217;analyse. Le tour de force de Zweig est de faire passer toutes ces \u00e9motions \u00e0 travers le corps m\u00eame de son protagoniste : ces mains auxquelles nous sommes suspendus, sont le meilleur vecteur de son \u00e9tat d&#8217;esprit. &#8220;Malgr\u00e9 moi je pensais \u00e0 chaque fois \u00e0 un champ de courses, o\u00f9 au moment du d\u00e9part, les chevaux excit\u00e9s sont contenus avec peine, pour qu&#8217;ils ne s&#8217;\u00e9lancent pas avant l&#8217;heure fix\u00e9e : c&#8217;est exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que les mains de joueurs fr\u00e9missent, se soul\u00e8vent, et se cabrent. Elles r\u00e9v\u00e8let, par leur fa\u00e7on d&#8217;attendre, de saisir et de s&#8217;arr\u00eater, l&#8217;individualit\u00e9 du joueur : griffues, elles d\u00e9noncent l&#8217;homme cupide ; l\u00e2ches, le prodigue ; calmes, le calculateu et, tremblantes, l&#8217;homme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Cent caract\u00e8res se trahisent ainis, avec la rapidit\u00e9 de l&#8217;\u00e9clair, dans le geste que l&#8217;on fait pour prendre l&#8217;argent, soit que l&#8217;un le froisse, soit que l&#8217;autre nerveusement l&#8217;\u00e9parpille, soit qu&#8217;\u00e9puis\u00e9 un joueur, fermant sa main lasse, le laisser rouler librement sur le tapis. [&#8230;] Je ne puis pas vous indiquer en d\u00e9tail, combien, pendant le jeu, il y a des milliers d&#8217;attitudes dans les mains, les unes b\u00eates sauvages aux doigts poilus et crochus qui agrippent l&#8217;argent \u00e0 la fa\u00e7on d&#8217;une araign\u00e9e, les autres nerveuses, tremblantes, aux ongles p\u00e2les, osant \u00e0 peine le toucher, nobles et viles, brutales et timides, astucieuses et, pour ainsi dire, balbutiantes ; mais chacune a sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8re, car chacune de ces paires de mains exprime une vie diff\u00e9rente, \u00e0 l&#8217;exception de celles des croupiers, au nobre de quatre ou cinq.&#8221; Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme Stefan Zweig Le livre de poche. 158 pages. 5 \u20ac. ISBN :\u00a0\u00a0978-2-253-16281-0\" \/>\n<meta property=\"og:url\" content=\"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/\" \/>\n<meta property=\"og:site_name\" content=\"WordPress\" \/>\n<meta property=\"article:published_time\" content=\"2011-06-07T21:16:58+00:00\" \/>\n<meta property=\"og:image\" content=\"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg\" \/>\n<meta name=\"author\" content=\"Elodie\" \/>\n<meta name=\"twitter:card\" content=\"summary_large_image\" \/>\n<meta name=\"twitter:label1\" content=\"Written by\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data1\" content=\"Elodie\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:label2\" content=\"Est. reading time\" \/>\n\t<meta name=\"twitter:data2\" content=\"4 minutes\" \/>\n<script type=\"application\/ld+json\" class=\"yoast-schema-graph\">{\"@context\":\"https:\\\/\\\/schema.org\",\"@graph\":[{\"@type\":\"Article\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#article\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/\"},\"author\":{\"name\":\"Elodie\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9\"},\"headline\":\"Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme\",\"datePublished\":\"2011-06-07T21:16:58+00:00\",\"mainEntityOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/\"},\"wordCount\":798,\"commentCount\":0,\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"http:\\\/\\\/localhost:8888\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2011\\\/12\\\/vingtquatre_affiche.jpg\",\"articleSection\":[\"Litt\u00e9rature autrichienne\"],\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"CommentAction\",\"name\":\"Comment\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#respond\"]}]},{\"@type\":\"WebPage\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/\",\"url\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/\",\"name\":\"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme - WordPress\",\"isPartOf\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/#website\"},\"primaryImageOfPage\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#primaryimage\"},\"image\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#primaryimage\"},\"thumbnailUrl\":\"http:\\\/\\\/localhost:8888\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2011\\\/12\\\/vingtquatre_affiche.jpg\",\"datePublished\":\"2011-06-07T21:16:58+00:00\",\"author\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9\"},\"breadcrumb\":{\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#breadcrumb\"},\"inLanguage\":\"en-US\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"ReadAction\",\"target\":[\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/\"]}]},{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#primaryimage\",\"url\":\"http:\\\/\\\/localhost:8888\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2011\\\/12\\\/vingtquatre_affiche.jpg\",\"contentUrl\":\"http:\\\/\\\/localhost:8888\\\/wordpress\\\/wp-content\\\/uploads\\\/2011\\\/12\\\/vingtquatre_affiche.jpg\"},{\"@type\":\"BreadcrumbList\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/2011\\\/06\\\/07\\\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\\\/#breadcrumb\",\"itemListElement\":[{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":1,\"name\":\"Accueil\",\"item\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/\"},{\"@type\":\"ListItem\",\"position\":2,\"name\":\"Vingt-quatre heures dans la vie d&rsquo;une femme\"}]},{\"@type\":\"WebSite\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/#website\",\"url\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/\",\"name\":\"WordPress\",\"description\":\"\",\"potentialAction\":[{\"@type\":\"SearchAction\",\"target\":{\"@type\":\"EntryPoint\",\"urlTemplate\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/?s={search_term_string}\"},\"query-input\":{\"@type\":\"PropertyValueSpecification\",\"valueRequired\":true,\"valueName\":\"search_term_string\"}}],\"inLanguage\":\"en-US\"},{\"@type\":\"Person\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/#\\\/schema\\\/person\\\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9\",\"name\":\"Elodie\",\"image\":{\"@type\":\"ImageObject\",\"inLanguage\":\"en-US\",\"@id\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g\",\"url\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g\",\"contentUrl\":\"https:\\\/\\\/secure.gravatar.com\\\/avatar\\\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g\",\"caption\":\"Elodie\"},\"sameAs\":[\"http:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\"],\"url\":\"https:\\\/\\\/lire-ecouter-voir.com\\\/index.php\\\/author\\\/admin8220\\\/\"}]}<\/script>\n<!-- \/ Yoast SEO plugin. -->","yoast_head_json":{"title":"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme - WordPress","robots":{"index":"index","follow":"follow","max-snippet":"max-snippet:-1","max-image-preview":"max-image-preview:large","max-video-preview":"max-video-preview:-1"},"canonical":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/","og_locale":"en_US","og_type":"article","og_title":"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme - WordPress","og_description":"de Stefan Zweig. \u00abCeux qui tombent entra\u00eenent souvent dans leur chute ceux qui se portent \u00e0 leur secours.\u00bb Sous le ton de la confession, une vieille dame respectable\u00a0livre ses souvenirs \u00e0 un jeune homme. En vill\u00e9giature dans une maison de vacances sur la Riviera, ils sont tous deux, comme l&#8217;ensemble des pensionnaire sous le choc du d\u00e9part impromptu de Madame Henriette, qui d\u00e9cidat de suivre son coeur plut\u00f4t que son rang.\u00a0Faisant fi de son statut de femme mari\u00e9e, celle-ci c\u00e8de aux sir\u00e8nes de la nouveaut\u00e9 et suit son nouvel amant. Villipend\u00e9e et d\u00e9cri\u00e9e, cette femme sans moralit\u00e9\u00a0r\u00e9veille chez\u00a0 Mrs C. de douloureux souvenirs\u00a0&#8230; au grand \u00e9tonnement du narrateur. &nbsp; Cette \u00e9tonnante Mrs C., qui garde l&#8217;anonymat, \u00e9voque ses premi\u00e8res ann\u00e9es de veuvage, \u00e0 42 ans, lorsque face au d\u00e9c\u00e8s de son mari, elle se r\u00e9signe peu \u00e0 peu \u00e0 vivre une existence tranquille d\u00e9di\u00e9e \u00e0 l&#8217;\u00e9ducation et aux soins de ses enfants.\u00a0Ces derniers partis, face \u00e0 elle-m\u00eame, mais surtout face\u00a0\u00e0 ce\u00a0vide laiss\u00e9 par la disparition de son mari,\u00a0elle se laisse entra\u00eener dans les tourbillons de la vie ext\u00e9rieure, au th\u00e9\u00e2tre, en concert et au casino &#8230;\u00a0Plaisirs fugaces\u00a0de la vie en soci\u00e9t\u00e9 qui marqueront un tournant dans\u00a0sa vie de femme, qui se concentreront en\u00a0vingt-quatre heures. Vingt-quatre heures\u00a0d&#8217;une douce folie\u00a0dont le venin se distillera des ann\u00e9es encore apr\u00e8s. Fascin\u00e9e par les joueurs, elle peut\u00a0passer des heures, hypnotis\u00e9e par leurs mains, \u00e0 suivre les al\u00e9as du hasard. Jusqu&#8217;\u00e0 la rencontre avec un\u00a0jeune homme, dont le magn\u00e9tisme et la ferveur,\u00a0la trouble profond\u00e9ment, au point que cette tocade,\u00a0l&#8217;emm\u00e8n bien plus loin qu&#8217;elle le soup\u00e7onnait dans la douleur. Ayant\u00a0une nouvelle raison de vivre, elle s&#8217;investit d&#8217;une mission : sauver ce jeune homme de son infortune, p\u00e9cuniaire et morale.\u00a0Mais dans\u00a0cette\u00a0d\u00e9marche salvifique, elle se leurre. &#8221;\u00a0Jamais encore, je n\u2019avais vu un visage dans lequel la passion du jeu jaillissait si bestiale dans sa nudit\u00e9 effront\u00e9e&#8230;. J\u2019\u00e9tais fascin\u00e9e par ce visage qui, soudain, devint morne et \u00e9teint tandis que la boule se fixait sur un num\u00e9ro : cet homme venait de tout perdre !&#8230;.Il s\u2019\u00e9lan\u00e7a hors du Casino. Instinctivement, je le suivis\u2026 Commenc\u00e8rent alors 24 heures qui allaient bouleverser mon destin !\u00a0&#8221; Sous un titre qui peut sembler peu all\u00e9chant pour les lecteurs\u00a0redoudant un simple\u00a0roman sentimental se cache un court roman centr\u00e9 sur l&#8217;addiction : addiction au jeu, addiction au service rendu\u00a0\u00e0 l&#8217;autre &#8230;\u00a0 L&#8217;\u00e9tude psychologique du jeune joueur inv\u00e9t\u00e9r\u00e9 r\u00e9serve de belles descriptions de la fr\u00e9n\u00e9sie, l&#8217;angoisse, la joie et le d\u00e9sespoir, de la gloire et \u00e0 la richesse, \u00e0 l&#8217;oubli et la pauvret\u00e9 &#8230; Intime de Freud, le travail de celui-ci lui a certainement inspir\u00e9 ou apport\u00e9 de nombreuses cl\u00e9s pour la r\u00e9daction de cette confession, aux allures d&#8217;analyse. Le tour de force de Zweig est de faire passer toutes ces \u00e9motions \u00e0 travers le corps m\u00eame de son protagoniste : ces mains auxquelles nous sommes suspendus, sont le meilleur vecteur de son \u00e9tat d&#8217;esprit. &#8220;Malgr\u00e9 moi je pensais \u00e0 chaque fois \u00e0 un champ de courses, o\u00f9 au moment du d\u00e9part, les chevaux excit\u00e9s sont contenus avec peine, pour qu&#8217;ils ne s&#8217;\u00e9lancent pas avant l&#8217;heure fix\u00e9e : c&#8217;est exactement de la m\u00eame mani\u00e8re que les mains de joueurs fr\u00e9missent, se soul\u00e8vent, et se cabrent. Elles r\u00e9v\u00e8let, par leur fa\u00e7on d&#8217;attendre, de saisir et de s&#8217;arr\u00eater, l&#8217;individualit\u00e9 du joueur : griffues, elles d\u00e9noncent l&#8217;homme cupide ; l\u00e2ches, le prodigue ; calmes, le calculateu et, tremblantes, l&#8217;homme d\u00e9sesp\u00e9r\u00e9. Cent caract\u00e8res se trahisent ainis, avec la rapidit\u00e9 de l&#8217;\u00e9clair, dans le geste que l&#8217;on fait pour prendre l&#8217;argent, soit que l&#8217;un le froisse, soit que l&#8217;autre nerveusement l&#8217;\u00e9parpille, soit qu&#8217;\u00e9puis\u00e9 un joueur, fermant sa main lasse, le laisser rouler librement sur le tapis. [&#8230;] Je ne puis pas vous indiquer en d\u00e9tail, combien, pendant le jeu, il y a des milliers d&#8217;attitudes dans les mains, les unes b\u00eates sauvages aux doigts poilus et crochus qui agrippent l&#8217;argent \u00e0 la fa\u00e7on d&#8217;une araign\u00e9e, les autres nerveuses, tremblantes, aux ongles p\u00e2les, osant \u00e0 peine le toucher, nobles et viles, brutales et timides, astucieuses et, pour ainsi dire, balbutiantes ; mais chacune a sa mani\u00e8re d&#8217;\u00eatre particuli\u00e8re, car chacune de ces paires de mains exprime une vie diff\u00e9rente, \u00e0 l&#8217;exception de celles des croupiers, au nobre de quatre ou cinq.&#8221; Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme Stefan Zweig Le livre de poche. 158 pages. 5 \u20ac. ISBN :\u00a0\u00a0978-2-253-16281-0","og_url":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/","og_site_name":"WordPress","article_published_time":"2011-06-07T21:16:58+00:00","og_image":[{"url":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg","type":"","width":"","height":""}],"author":"Elodie","twitter_card":"summary_large_image","twitter_misc":{"Written by":"Elodie","Est. reading time":"4 minutes"},"schema":{"@context":"https:\/\/schema.org","@graph":[{"@type":"Article","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#article","isPartOf":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/"},"author":{"name":"Elodie","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/#\/schema\/person\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9"},"headline":"Vingt-quatre heures dans la vie d&#8217;une femme","datePublished":"2011-06-07T21:16:58+00:00","mainEntityOfPage":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/"},"wordCount":798,"commentCount":0,"image":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg","articleSection":["Litt\u00e9rature autrichienne"],"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"CommentAction","name":"Comment","target":["https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#respond"]}]},{"@type":"WebPage","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/","url":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/","name":"Vingt-quatre heures dans la vie d'une femme - WordPress","isPartOf":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/#website"},"primaryImageOfPage":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#primaryimage"},"image":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#primaryimage"},"thumbnailUrl":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg","datePublished":"2011-06-07T21:16:58+00:00","author":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/#\/schema\/person\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9"},"breadcrumb":{"@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#breadcrumb"},"inLanguage":"en-US","potentialAction":[{"@type":"ReadAction","target":["https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/"]}]},{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#primaryimage","url":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg","contentUrl":"http:\/\/localhost:8888\/wordpress\/wp-content\/uploads\/2011\/12\/vingtquatre_affiche.jpg"},{"@type":"BreadcrumbList","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/2011\/06\/07\/vingt-quatre-heures-dans-la-vie-dune-femme\/#breadcrumb","itemListElement":[{"@type":"ListItem","position":1,"name":"Accueil","item":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/"},{"@type":"ListItem","position":2,"name":"Vingt-quatre heures dans la vie d&rsquo;une femme"}]},{"@type":"WebSite","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/#website","url":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/","name":"WordPress","description":"","potentialAction":[{"@type":"SearchAction","target":{"@type":"EntryPoint","urlTemplate":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/?s={search_term_string}"},"query-input":{"@type":"PropertyValueSpecification","valueRequired":true,"valueName":"search_term_string"}}],"inLanguage":"en-US"},{"@type":"Person","@id":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/#\/schema\/person\/07aab8ddbfa88a4b3916aa0724d9d1e9","name":"Elodie","image":{"@type":"ImageObject","inLanguage":"en-US","@id":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g","url":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g","contentUrl":"https:\/\/secure.gravatar.com\/avatar\/75420ba80faed29b25c4e1f536f0fc7a8a4b19732a189db2db81a738643b1b5f?s=96&d=mm&r=g","caption":"Elodie"},"sameAs":["http:\/\/lire-ecouter-voir.com"],"url":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/author\/admin8220\/"}]}},"jetpack_publicize_connections":[],"jetpack_featured_media_url":"","jetpack_sharing_enabled":true,"_links":{"self":[{"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/261","targetHints":{"allow":["GET"]}}],"collection":[{"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts"}],"about":[{"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/types\/post"}],"author":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/users\/1"}],"replies":[{"embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/comments?post=261"}],"version-history":[{"count":0,"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/posts\/261\/revisions"}],"wp:attachment":[{"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/media?parent=261"}],"wp:term":[{"taxonomy":"category","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/categories?post=261"},{"taxonomy":"post_tag","embeddable":true,"href":"https:\/\/lire-ecouter-voir.com\/index.php\/wp-json\/wp\/v2\/tags?post=261"}],"curies":[{"name":"wp","href":"https:\/\/api.w.org\/{rel}","templated":true}]}}