Culottées !

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Ouh là que le temps passe vite ! De nombreuses lectures et découvertes mais peu de temps pour me consacrer au blog en raison du lancement du deuxième bébé blog et d’un joli projet en cours. Alors entre deux courses, j’ai le temps de me plonger (et ma fille aussi) dans les deux bd de Pénélope Bagieu « Culottées« . Tantôt délicieusement, souvent avec mes tripes mais toujours avec la bienveillance ou l’humour qui sied de la part de l’auteur. J’ai toujours aimé l’univers de Pénélope Bagieu, drôle, plein de tendresse et de sérieux à la fois.

 Des femmes qui ne font que ce qu’elles veulent

Avec ces deux albums, nous redécouvrons son travail de conteuse, car si la bd est un art exigeant pour exiger une idée, un concept à travers un trait, une expression, une case, arriver à restituer fidèlement une vie en trois à cinq planches, sans la trahir, la romancer ou tomber dans l’image d’Epinal ce n’est pas évident. A cela, vous rajoutez le temps de travail que représente la documentation, vous aurez une (petite) idée du joli travail réalisé par la jeune femme, qui propose pas moins de trente femmes. Un véritable décodage de la contribution des femmes à la petite et à la grande histoire combiné à un habile exercice de style !

culottées pénélope bagieuIllustres, oubliées de l’histoire ou anonymes, ces femmes culottées vous apporteront le sourire aux lèvres par leur pugnacité, leur impertinence ou vous marqueront par leur dureté, à l’image de Phulan Devi, que j’ai choisi comme illustration de cet article, que vous pouvez découvrir sur le blog « culottées », où Pénélope Bagieu a partagé au fil de l’eau quelques-uns de ces beaux portraits. Dur et cruel, mais tellement essentiel encore. C’est certainement le portrait le plus dur et le plus émouvant, celui qui laisse une trace et pour lequel Pénélope Bagieu a beaucoup hésité avant de le réaliser et de le publier. Il n’est pas le plus gai, certainement, mais il demeure d’une douloureuse actualité et la leçon de courage de cette femme est véritablement exemplaire.

Culottées (tome 1 et 2)
Pénélope Bagieu
Gallimard BD. 19,50€

A voir !

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Les Culottées

La page blanche
Gallimard bande dessinée

 

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Dans la forêt de Jean Hegland

On tient le coup, jour après jour, et tout ce qui nous menace, ce sont les souvenirs, tout ce qui me fait souffrir ce sont les regrets.

Dans la forêt Nell, 17 ans, rêve d’entrer à Harvard. Sa sœur, Eva, travaille depuis son plus jeune âge pour devenir danseuse étoile. Elles vivent depuis toujours dans cette forêt, dans cette maison familiale, qui aura vu s’éteindre leurs parents puis la civilisation. Tout d’abord quelques coupures d’électricité, des troubles et échos d’émeutes au loin dans les grandes villes, puis plus rien du monde tel qu’elles le connaissaient. Pas d’essence, pas de ravitaillement plus de communication. Enfin presque plus rien, car elles nourrissent toujours le désir d’accomplir leur rêve, Nell lisant  l’encyclopédie familiale, Eva dansant sans musique au son d’un métronome. Tout à leur passion, elles vont prendre conscience petit à petit de ce effondrement irréversible.

J’ai attendu Dans la forêt, comme un enfant attend le Père Noël. Et pourtant la magie n’a pas totalement opérée alors même que le roman possède de grandes qualités indéniables. Jean Hegland vous entraîne au coeur d’un roman d’anticipation et de nature writing. La forêt omniprésente nous impose de repenser à notre rapport à la nature et à notre propre essence. Profonde et protectrice, elle révèle le coeur des hommes et peut être tout autant inquiétante et indifférente à la douleur.  Jean Hegland nous montre sans violence, par petites touches, combien l’homme en tant qu’individu et espèce se fragilise lui-même en se reposant sur un système consumériste qui ne peut continuer à subvenir à ses besoins primaires en cas de rupture de société. Espèce a priori non menacée, il redevient fragile et vulnérable sans connaissance de son environnement, sans ressources.

Un roman d’initiation dans un monde perdu

La forme, nous lisons le journal d’Eve, confère une approche très fine de ses personnages mêlant passe et présent. Ce permet une montée en tension progressive de la face « anticipation » du roman. Le huis clos est tantôt oppressant, tantôt coccoon reposant. C’est également un roman d’initiation montrant le cruel passage à l’âge adulte de deux jeunes femmes pleines d’avenir appelées à faire le deuil irrémédiable de leur enfance mais aussi du monde tel qu’elles l’ont connu et ont pu l’appréhender. Vient alors l’événement dramatique phare qui hante le dernier tiers du roman. Celui-ci se délite autour d’un ecoféminisme païen auquel vous adhérez ou non ! C’est à l’évidence à cet endroit où  Dans la forêt m’a perdu.

Sorti en 1996, c’est aux éditions Gallmeister que l’on doit cette première édition française. A l’instar de son prédécesseur et plus sombre Sur la Route de Cormac MacCarthy, Dans la forêt a été adapté au cinéma en 2015. Sortie en Europe à venir.

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Watertown & Les Invisibles

Watertown les invisibles

En retard, en retard, je suis en retard ! Comme le petit lapin, votre serviteuse a couru par monts et par vaux, pour accueillir, enfin, une pause bien méritée ! Mais que seraient des vacances, sans bloguer ? Ni une, ni deux, dès ce soir, voici un zoom sur deux bandes dessinées qui m’ont tapé à l’œil – aïe – Watertown et Les Invisibles (oui, ce soir j’ai mangé un clown !  mais vaut mieux car c’est pas super gaigai ce qui suit, des lectures comme j’aime quoi ! 😊)

Watertown, méfiez vous des eaux qui dorment

WatertownTout d’abord Watertown de Jean-Claude Götting que je découvre, tout de suite séduite par son crayonné et ses grandes cases. Et pourtant je connaissais déjà le Monsieur qui a réalisé entre autres les couvertures françaises des Harry Potter !

En feuilletant le roman, vous découvrez donc des planches essentiellement découpées en quatre cases, qui de détail en gris plan, vous offrent une immersion quasi cinématographique dans l’histoire. Une véritable narration policière s’enclenche dès les premiers mots :

La dernière fois que je vis Maggie Laeger, c’était un lundi matin. Je passais comme à mon habitude dans la pâtisserie de Monsieur Clarke pour y acheter un muffin que je mangerais sur le chemin du bureau. Lorsqu’en payant, je lançai « À demain Maggie », elle répondit : « Non… Demain je ne serai plus là. »

Et le lendemain Monsieur Clarke est retrouvé mort, un accident semble-t-il. Mais l’énigmatique phrase de Maggie résonne toujours dans la tête de Phil Whiting, agent de bureau pour une compagnie d’assurance. En mal de sens, de reconnaissance, le modeste assureur se met en veille et démarre une enquête solo lorsque deux années plus tard, il achète un album souvenirs dans une petite brocante où fiche une femme ressemblant étrangement à Maggie Hotkins.

C’est une plongée dans un roman graphique noir qui nous entraîne là où on ne l’attendait pas ! Ce qui peut être assez perturbant et laissé perplexe. Les mécanismes du polar sont finement huilés et dosés, l’intrigue gagne en intensité avec une force constante. La fin vous livre ses secrets et vous pensez alors être mystifiés ! Un véritable coup de maître qui révèle les méandres de la psyché.

Au coeur de l’Histoire avec les Invisibles

Les invisibles

Autre temps et autres mœurs, avec ce premier one-shot de Jean Harambat paru en 2008. C’est le temps de la révolte qui gronde en Gascogne, car désormais la gabelle  y doit être levé. À la tête de cette fronde des « Invisibles » le jeune colonel Bernard d’Audijos ancien soldat du Roi du Soleil et qui y laissera sa vie. Mais quelle fut-elle ? C’est cette vie de sacrifices et d’exemple que nous sommes amenés à contempler dans cette BD bichromique dont les tonalités sépia n’ont de cesse de refléter les bonheurs et misères d’un combat perdu d’avance. À travers trois chapitres, consacrés aux trois femmes de sa vie – sa mère, sa sœur et son épouse – on découvre un soldat dévent irrégulier aux alluresi de Don Quichotte face à l’intendant Pellot et le ministre Colbert. Une histoire vraie et saisissante de huit années de batailles servie par un crayonné superbe, âpre mais qui dépeint une France paysanne aux abois mais bien décidée à ne pas se laisser faire.

A voir !

imagewww.gotting.fr
Jean Harambat sur Futuropolis
www.casterman.com

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Aquarium, une plongée dans l’enfance blessée

Pourquoi êtes-vous ici ? demandai-je.
J’ai juste envie de regarder. Je n’ai pas beaucoup de temps.
Eh bien, vous pouvez observer les poissons avec moi.
Merci.
Le poisson-grenouille ne flottait pas au-dessus des rochers. Il s’y accrochait. Il semblait prêt à s’enfuir d’un instant à l’autre mais il n’avait pas bougé, sauf pour réajuster ses orteils.
Je parie qu’il fait chaud, là-dedans, dit l’homme. Une eau tropicale. L’Indonesie. Une vie entière à nager dans l’eau chaude.
Comme si on ne sortait jamais du bain.
Exactement.

Aquarium David VannCaitlin Thompson est une jeune fille âgée de douze ans, dont la passion pour les poissons n’a d’égal que sa douceur face au rythme trépidant qu’elle mène avec sa mère Sheri. Celle-ci mère célibataire travaille aux docks et enchaîne les heures sup’ dans l’espoir de devenir grutière et de leur offrir une vie meilleure.

Pour Caitlin, sa vie tourne autour du duo qu’elle forme avec sa mère. Chaque matin, toutes deux se lèvent aux aurores pour quitter leur petit appartement de la zone aéroportuaire de Seattle et se diriger vers l’école où Caitlin arrive la première immuablement. Et chaque après midi après l’école, elle retrouve son aquarium. Là dans la fascination des poissons, le temps et la fureur du monde s’arrêtent. Un jour, elle croise le chemin d’un vieil homme tout aussi connaisseur qu’elle. Un dialogue s’établit entre ces deux solitudes.

L´ écriture renouvelée d’une œuvre en forme de palimpseste.

Pour ce cinquième roman de David Vann offre à nouveau un portrait saisissant des fractures familiales, mais surtout il se livre à un exercice d’écriture particulier avec brio : celui d’écrire du point de vue de l’autre sexe, en deux temporalités distinctes à travers la voix de Caitlin âgée de 32 ans et de 12 ans.

Ce personnage, véritable ancre  de notre récit, nous accompagne, véritable souffle de vie, emprunt de légèreté, une véritable première dans l’univers de l´auteur. Le livre se transforme au fil des pages, finement assemblé, mais aussi marqué de ruptures,  nous livrant ses parties manquantes au cœur des tensions ou en creux au fil des métaphores poétiques pour s’achever en un récit proétiforme, brutal et poétique.

David Vann et la famille, ce n’est pas une histoire drôle. Sa quadrilogie entamée avec Sukkwann Island et clôturée avec Goat mountain a dévoilé un auteur hanté par sa propre histoire familiale et l’idée de pardon. Ce nouvel opus marque un tournant dans son œuvre, avec un roman plus positif que d’habitude tout en restant marqué par ces thèmes, ainsi que nous le dit à demi-mot l’émouvante dédicace à sa mère.

Du pardon imparfait à l’apaisement

Signe d’un certain apaisement, le style de David Vann revêt une nouvelle forme et gagne en puissance, tout en s’apprêtant d’une douceur nouvelle qui contraste toujours de façon saisissante avec la brutalité des événements et la souffrance des êtres. Si l’on quitte les territoires sauvages d’Alaska, c’est la noirceur et l´indifférence de la ville qui accueille ce roman, dans lequel la nature se glisse aux interstices, comme l’eau de l’aquarium, apportant oxygène et pause au récit.

À l’instar de Sukkwan Island, ce grand écart est la marque de fabrique de cet auteur troublant et bousculant l’image lisse et conventionnelle de la famille unie. Mais cette fois-ci l’espoir semble permis pour une réhabilitation de celle-ci.  À découvrir sans hésitation aucune !

Aquarium
David Vann
Editions Gallmeister
270 p. 23€. ISBN : 9782351781173

A voir !

imageles editions Gallmeister
David Vann 
ma chronique de Sukkwan Island 

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Les étoiles s’éteignent à l’aube, de Richard Wagamese

– Y faut que tu m’enterres face à l’est, dit-il. Assis, comme un guerrier.
– T’es pas un guerrier.
Son père était assis à tirer sur la cigarette qu’il tenait du bout de ses doigts maigres, puis il la lança par-dessus la rambarde. Il se leva, tendit le bras pour prendre la bouteille qu’il porta à sa bouche, avala deux gorgées, d’un coup sec, puis il jeta aussi la bouteille par-dessus la rambarde. Il se retourna vers le garçon, tituba un peu, mais il posa une main sur la table pour se stabiliser et regarda son fils les yeux mi-clos.
– Je l’ai été autrefois. Faut que j’te raconte ça. Faut que j’te raconte plein de choses.
– Comme ça tu veux marcher et parler du bon vieux temps ?
– C’était pas le bon vieux temps. N’empêche qu’il faut que tu écoutes ça quand même. C’est tout c’que j’ai à te donner.
– Ca ne sera jamais assez.

Premier roman édité en français de Richard Wagamese, auteur de la première nation Ojibwe, Les Etoiles s’éteignent à l’aube, est pourtant le septième roman de ce journaliste canadien. Une maîtrise d’écriture qui explique la puissance de ce récit intimiste et profondément émouvant sur la rédemption et la paternité.

Il s’agit de deux rencontres entre un père, Eldon, et son fils Frank. Une première rencontre ratée à sa naissance, un homme face au désarroi qui préfère confier son fils à un gardien, « un protecteur », le Vieux. Celle quelques années plus tard de ce même homme et de son fils alors âgé de seize ans. Tous deux savent très bien que le temps ne peut se rattraper, encore moins à la va-vite alors que Eldon, qui s’est détruit dans l’alcool, est mourant. L’homme qui a tellement déçu ce fils, lui impose une requête ultime : celle de l’emmener en montagne, au coeur de la forêt où il ne fut jamais autant heureux pour le déposer assis au pied d’un arme, comme un soldat, ainsi que le veut la tradition Ojibwe. Il s’agit pour le jeune Frank, adolescent sage et taciturne, d’aller au coeur de son histoire familiale, de se confronter à son identité, à ses racines. Eldon arrive Les etoiles s'éteignent à l'aube à baisser la garde  et faire tomber les masques. Sa longue confession livre son histoire, unique héritage de Frank.
Dans les terres sauvages du Canada, les deux hommes prennent la route et entament un chemin qui prend des allures de confession et de rédemption.

 Au coeur d´une Colombie britannique sauvage et parfois glaçante, père et fils livrent l’aridité de leur chemin, l’un ayant rencontré des souffrances insoupçonnées, le second ayant toujours grandi dans l’attente de ce père absent ou négligeant. La rédemption et le pardon en ligne de mire, ils entament un véritable « medicine  walk » au bout duquel un Golgotha les attend. Pas de crucifixion ou de résurrection en perspective, mais un échange de coeur à coeur.

Ce roman intense est une pépite de finesse disséquant les âmes et mettant en lumière leur fragilité malgré une rudesse apparente. Magnifiquement écrit, ce n’est pas un roman inutilement bavard ou versant dans une prose larmoyante. L’économie des mots est au service de la beauté des images et de la force des dialogues.  Les Étoiles s’éteignent à l’aube vous surprendra la dureté, la mélancolie mais aussi l’apaisement qui s’en dégagent.

Les Étoiles s’éteignent à l’aube
Richard Wagamese
Editions ZOE
288 pages. 20€. ISBN : 972-2-88927-330-0

À voir !

imageRichard Wagamese
Les Editions ZOE

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5 albums anti-morosité contre le Blue monday !

Le 3e lundi du mois de Janvier est qualifié de « blue monday« , le jour de l’année le plus déprimant !
Ce sont des études très sérieuses d’un psychologue, Cliff Arnal de l’Université de Cardiff, qui ont démontré que ce lundi ne serait pas un lundi comme les autres.
Sempiternel retour de week-end, oui mais que cela ! Le soleil et les températures sont au plus bas, les « vacances » de fin d’année commencent à être loin, et pour certains qui auront faits des folies à Noël, les dettes à éponger alors que le salaire semble être lui aussi tout aussi loin … Quant aux « résolutions » nouvelle année, elles ont en général pris un peu de plomb dans l’aile si elles ne sont pas désormais lettre morte … Fatalitas ? Ces études auraient financé par une agence de voyage prônant justement des produits spécifiques pour s’évader au morne mois de janvier et Cliff Arnal a également pris du recul face à ce travail et avoue désormais que la formule du lundi déprimant n’aurait pas de sens ! Ouf, nous voilà soulagés  😉

blue monday
W Weather (météo), (D-d) debt (dettes contractées à Noël – capacité effective de remboursement avant la prochaine paie), T Time (temps écoulé depuis Noël), Q (temps écoulé depuis nos résolutions du Nouvel An), M (Manque de motivation), Na (besoin d’agir) … Ne cherchez pas d’unités, il n’y en a pas oO !

Dans le doute, préparez chocolats et autres douceurs pour écouter une sélection subjective anti-morosité !

devendra banhart cripple crow
Devendra Banhart * Cripple crow

Un univers folk, joyeux, irrévérencieux et hautement joyeux, Devendra Banhart crée le renouveau de la folk psychédélique !

Donavon Frankenreiter * Move by yourself
Donavon Frankenreiter * Move by yourself

Entre funk, soul et jam, un album énergique !

Frida * BO du film
Frida * BO du film

Oscar de la meilleure musique de film en 2003, la BO d’Elliott Goldenthal vous emporte au Mexique,
entre une pointe de mélancolie et joie de vivre

Nathaniel Rateliff and the Night Sweats
Nathaniel Rateliff and the Night Sweats

Gros coup de coeur pour ce groupe récemment découvert entre vintage R&B, gospel et soul !
Une musique pleine de vie qui donne la pêche !

Iggy Pop * Lust for life
Iggy Pop * Lust for life

Pour son Passager et Lust for life, quels meilleurs médicaments anti-morosité ?

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Joséphine Baker, une biopic extraordinaire

Joséphine Baker

Boston, Milwaukee, Desmoines, Indianapolis, Chicago … Nous sommes allés partout ! J’ai même vu ma famille a Saint-Louis. Je suis de Saint-Louis. Ma mère n’en revenait pas : 30 dollars par semaine. Peut-être la première fois qu’elle était fière de moi. Depuis j’envoie chaque mois de l’argent pour payer les cours de musique de la petite sœur. Et puis à Saint-Louis, la pièce, on l’a jouée dans un Grand Théâtre du quartier blanc ! Ça aussi, ça l’a impressionnée la mère ! Partout, les théâtres étaient remplis de jeunes Blancs. Extraordinaire, non ? Des Blancs qui applaudissent des NOIRS !

Premier coup de coeur de l’année avec la biographie dessinée de l’éblouissante et pétulante Joséphine Baker !

D’aucuns connaissent sa fameuse ceinture de bananes, dont elle était vêtue pour ses spectacles au sein de la Revue nègre lors de ses débuts parisiens. Cette image iconique est la première convoquée à l’esprit lorsque nous évoquons  « la Baker ». Si nous connaissons également l’amour indéfectible qu’elle eut la France dans une adoption mutuelle, bien moins nombreux son ceux qui connaissent également son action de résistante  ainsi que son projet de tribu arc-en-ciel en adoptant des enfants de chaque couleur et chaque religion. Car au-delà de la meneuse de revue, Freda Josephine McDonald de son vrai nom, est une femme à multiples facettes, mue par un véritable humanisme. Stigmatisée dans son pays d’origine toujours dominé par la ségrégation raciale, respectée et adulée en France, elle sut offrir ses talents et humanisme à la résistance de Charles de Gaulle et au combat de Martin Luther King. Fillette sans père, temporairement placée chez une tante, elle se décide à composer une tribu arc-en-ciel, véritable message de fraternité possible, au sein de son « village du monde » en Dordogne.

C’est avec une grâce et un travail constant d’enquêteurs que Catel et Bocquet joignent leurs talents respectifs pour rendre  hommage à de belles figures de femmes. Depuis 2007, ils ont croqué avec intelligence et bonheur Kiki de Montparnasse, Olympe de Gouges ou encore Benoîte Groult qui nous quitta récemment. Cela peut nous sembler donc assez naturel que d’aborder une personnalité avec forte que Joséphine Baker, première star noire internationale, qui a su mettre son multiculturalisme au service de la lutte pour les droits civiques. Et pourtant, ce joli projet est le fruit d’une collaboration étroite avec l’un des fils adoptifs – et biographe par ailleurs de Joséphine-, Jean-Claude Bouillon-Baker. Trois belles années de travail documentaire, de rencontres et de repérages dans les pas de Joséphine avec en point d’orgue la découverte  passionnante d’une femme hors du commun. À lire absolument !

Leur prochain projet portera sur la chanteuse Nico, qui démarra sa carrière au sein du Velvet Underground avant de mener une carrière solo avant-gardiste.


La vie de Joséphine Baker en BD

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